Principaux messages
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Par rapport à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale quotidienne, le lénacapavir réduit beaucoup plus le nombre de nouvelles infections par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) ; il entraîne légèrement moins d'effets indésirables graves ; et il n'a que peu ou pas de différence en ce qui concerne les effets indésirables globaux ou le risque de décès. Le lénacapavir entraîne probablement davantage de réactions au site d’injection, généralement légères à modérées, que la PrEP orale.
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Les études futures devraient inclure d'autres groupes de personnes à risque d'infection par le VIH et surveiller l'apparition éventuelle d'une résistance aux médicaments de la PrEP (lorsque le virus évolue de sorte que le traitement préventif devient inefficace).
Qu'est-ce que la prophylaxie pré-exposition contre le VIH ?
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un traitement médicamenteux pris par les personnes séronégatives afin de réduire le risque de contracter le VIH. Le VIH est un virus qui se transmet par contact avec des fluides corporels infectés, tels que les sécrétions sexuelles et le sang de personnes vivant avec le VIH. Chaque année, environ 1,3 million de personnes contractent le VIH ; la prévention du VIH constitue donc une priorité majeure en matière de santé publique mondiale. La PrEP grâce à certains médicaments antiviraux est l'un des principaux moyens d'éviter la propagation du VIH.
Les options actuelles de PrEP comprennent des médicaments à prendre par voie orale (par la bouche) tous les jours, tels que le fumarate de ténofovir disoproxil associé à l'emtricitabine (F/TDF) ou le ténofovir alafénamide associé à l'emtricitabine (F/TAF), ainsi que des injections administrées tous les deux mois (cabotégravir). Ces médicaments préventifs ne sont efficaces que s'ils sont pris régulièrement (c'est-à-dire quotidiennement pour les médicaments par voie orale et tous les deux mois pour le cabotégravir injectable à action prolongée). Le lénacapavir est un médicament récent à action prolongée qui ne nécessite qu'une injection tous les six mois.
Que voulions-nous savoir ?
Nous voulions déterminer si le lénacapavir était plus efficace que les médicaments antiviraux par voie orale (F/TDF et F/TAF), le cabotégravir, un placebo (traitement factice) ou l'absence de PrEP pour prévenir l'infection par le VIH. Nous voulions également savoir si le lénacapavir provoquait des effets indésirables.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons recherché des études comparant le lénacapavir à une PrEP orale, au cabotégravir, à un placebo ou à l'absence de PrEP chez des personnes séronégatives à risque de contracter le VIH.
Nous avons synthétisé les résultats et évalué le niveau de confiance des données probantes en fonction des méthodes utilisées et de la taille des études.
Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié deux études portant sur 8 660 personnes à risque de contracter le VIH. Ces deux études ont comparé le lénacapavir à une PrEP orale pendant 52 semaines. Ces études portaient sur des adolescentes, des jeunes femmes, des personnes de genre divers et des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Nous n'avons trouvé aucune étude comparant le lénacapavir au cabotégravir.
Le lénacapavir a permis d'éviter beaucoup plus de nouvelles infections par le VIH que la PrEP orale. Dans l'ensemble, les effets indésirables étaient similaires entre les groupes de traitement, mais le lénacapavir a provoqué davantage de réactions locales au site d'injection. Aucune différence n'a été observée entre le lénacapavir et la PrEP orale en ce qui concerne le nombre de décès signalés, et aucun décès n'a été jugé lié à l'un ou l'autre de ces traitements.
Quelles sont les limites des données probantes ?
Nous avons confiance dans la majorité des données probantes disponibles. Toutefois, nos conclusions reposent uniquement sur deux études, qui n’ont chacune duré qu’un an, ce qui n’est pas suffisant pour évaluer les bénéfices et risques à long terme du lénacapavir. Aucune étude n'a comparé le lénacapavir au cabotégravir, un autre médicament injectable utilisé en PrEP. Les recherches en cours pourraient modifier notre compréhension des effets du lénacapavir chez des populations plus diverses.
Les données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes ont été actualisées en mai 2025.
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Objectifs
Évaluer les bénéfices et risques du lénacapavir injectable à action prolongée utilisé en PrEP contre le VIH, par rapport à une PrEP orale en association à dose fixe (fumarate de ténofovir disoproxil plus emtricitabine (F/TDF) et/ou ténofovir alafénamide oral plus emtricitabine (F/TAF)), le cabotégravir injectable à action prolongée (CAB-LA), un placebo ou l'absence de prophylaxie.
Stratégie de recherche documentaire
Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, PubMed et deux registres d'essais, et procédé à une vérification des références afin d'identifier les études éligibles. La recherche est à jour jusqu'en mai 2025.
Conclusions des auteurs
Comparé à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) orale, le lénacapavir entraîne une forte réduction du nombre de nouvelles infections par le VIH à 52 semaines, une infection est évitée pour 70 personnes traitées,, soit 14 infections par le VIH en moins pour 1 000 personnes traitées par le lénacapavir. Le lénacapavir entraîne une légère diminution des évènements indésirables graves et ne présente que peu ou pas de différence en termes d'évènements indésirables par rapport à la PrEP orale. Le lénacapavir augmente probablement le risque de réactions au site d'injection par rapport à la PrEP orale, mais l'arrêt du traitement par lénacapavir dans les essais inclus en raison de réactions au site d'injection a été rare. Il y a peu ou pas de différence en termes de mortalité entre le lénacapavir et la PrEP orale. Aucune étude n'a comparé le lénacapavir au cabotégravir injectable à action prolongée, à un placebo ou à l'absence de prophylaxie. Parmi les essais inclus, une comparaison non randomisée a été effectuée entre le lénacapavir et l'incidence de fond du VIH dans la population d'étude (utilisée comme référence pour un groupe sans PrEP). On a observé une forte baisse de l'incidence du VIH dans les groupes recevant le lénacapavir par rapport à l'incidence de fond du VIH dans les populations évaluées.
Financement
Cette revue systématique Cochrane a été financée en partie par le ministère sud-africain de la Santé (NDoH, National Department of Health) dans le cadre du projet de collaboration « Evidence to Decision » (E2D). La collaboration E2D est un partenariat entre le NDoH, le Conseil Sud-africain de Recherche Médicale et l'Université Stellenbosch (2024-2028). Les opinions exprimées dans cette revue ne reflètent pas nécessairement celles du bailleur de fonds.
Enregistrement
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