Progestagènes et antiprogestagènes pour le traitement de la douleur associée à l'endométriose

L'endométriose est une affection douloureuse dans laquelle les tissus utérins sont également présents en dehors de l'utérus. Elle peut causer des douleurs au niveau de l'abdomen, généralement pendant les règles (menstruations) ou des rapports sexuels. Elle peut aussi entraîner l'infertilité. Les traitements incluent une intervention chirurgicale ou la prise de médicaments afin d'essayer de rétrécir ces tissus. Les progestagènes et les antiprogestagènes font partie des médicaments hormonaux utilisés dans le cadre d'un traitement. Cette revue systématique d'essais a trouvé des preuves limitées sur l'efficacité de ces médicaments à réduire les douleurs associée à l'endométriose. Ceci en raison du nombre limité d'essais contrôlés randomisés comparant chaque médicament.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe que des preuves limitées pour recommander l'utilisation de progestagènes et d'antiprogestagènes pour le traitement des douleurs associées à l'endométriose.

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Contexte: 

L'endométriose est un état inflammatoire chronique qui se caractérise par la présence de glandes et de stroma à l'extérieur de la cavité utérine. Elle concerne 7 % à 10 % des femmes en âge de procréer et se manifeste par des douleurs ou peut conduire à l'infertilité. Ces douleurs peuvent prendre la forme d'une dysménorrhée, d'une dyspareunie ou de douleurs pelviennes. Une combinaison initiale d'œstrogènes et de progestagènes était utilisée pour créer une grossesse nerveuse et atténuer les symptômes associés à l'endométriose. Les progestagènes seuls ou les antiprogestagènes ont été envisagés comme traitement alternatif car ils sont peu coûteux et peuvent avoir un profil d'effets secondaires meilleur que les autres choix de traitement.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des progestagènes et des antiprogestagènes pour le traitement de symptômes douloureux imputables au diagnostic de l'endométriose.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé la stratégie de recherche du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité pour identifier toutes les publications qui décrivaient ou pouvaient avoir décrit des essais contrôlés randomisés (ECR) concernant un progestagène ou un antiprogestagène pour le traitement de l'endométriose symptomatique. Nous avons mis à jour cette revue en 2011.

Critères de sélection: 

Nous avons uniquement pris en compte les ECR comparant l'utilisation de progestagènes et d'antiprogestagènes à d'autres interventions, un placebo ou l'absence de traitement pour atténuer l'endométriose symptomatique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons ajouté six nouvelles études, ce qui porte le total à 13 études dans la mise à jour de cette revue. Les six nouvelles études incluses évaluaient les progestagènes (comparés à un placebo, le danazol, un contraceptif oral ou sous-cutané, une pilule contraceptive orale et le danazol, un analogue de l'hormone libérant de la gonadotrophine (GnRH pour « gonadotrophin-releasing hormone ») et d'autres médicaments). Les études restantes comparaient la gestrinone antiprogestagène au danazol, à des analogues de la GnRH ou à lui-même.

Résultats principaux: 

Le progestagène (acétate de médroxyprogestérone) (100 mg par jour) semblait être plus efficace pour réduire tous les symptômes après 12 mois de suivi (DM - 0.70, IC à 95 % - 8,61 à - 5,39 ; P < 0,00001) par rapport à un placebo. Il y avait des preuves concernant une hausse significative des cas d'acné (six contre un) et d'œdèmes (11 contre un) dans le groupe traité à l'acétate de médroxyprogestérone par rapport à un placebo. Il n'y avait aucune preuve concernant une différence au niveau de l'efficacité objective entre la dydrogestérone et un placebo.

Il n'y avait aucune preuve concernant des effets bénéfiques liés à l'administration de progestagènes sous forme de dépôt par rapport à d'autres traitements (contraceptif oral à faible dose ou acétate de leuprolide) pour la diminution des symptômes. Le groupe suivant un traitement par progestagènes sous forme de dépôt était exposé à un plus grand nombre d'effets indésirables.

Il n'y avait aucune preuve globale d'un quelconque effet bénéfique des progestagènes oraux par rapport à un traitement médical au bout de six mois de suivi d'efficacité signalée. Les cas d'aménorrhées et d'hémorragies étaient plus fréquemment signalés dans le groupe traité par progestagènes par rapport aux autres groupes de traitement.

Il n'y avait aucune preuve d'un quelconque effet bénéfique des antiprogestagènes (gestrinone) par rapport au danazol. Il a été constaté que l'analogue de la GnRH (leuproréline) améliorait de façon significative la dysménorrhée par rapport à la gestrinone (DM 0,82, IC à 95 % 0,15 à 1,49 ; P = 0,02), bien qu'elle ait aussi été associée à une augmentation des bouffées de chaleur (RC 0,20, IC à 95 % 0,06 à - 0,63 ; P = 0,006).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.