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Quels sont les bénéfices et risques liés à l'administration du facteur de croissance analogue à l'insuline de type 1 (IGF-1) aux bébés prématurés pour prévenir les problèmes oculaires ?

Principaux messages

  • Les données probantes actuelles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives quant à la sécurité du traitement par l’IGF-1, une protéine qui favorise la croissance normale des vaisseaux sanguins de la rétine, chez les bébés prématurés nés avant terme et pesant moins de 1 500 grammes.

  • Les données probantes actuelles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives quant à l'efficacité du traitement par l’IGF-1 dans la prévention de la rétinopathie du prématuré, une affection touchant les bébés prématurés et caractérisée par un développement anormal des vaisseaux sanguins situés à l'arrière de l'œil.

  • À ce jour, les études portant sur l’IGF-1 chez les nourrissons prématurés ne permettent pas de mettre en évidence des bénéfices ou des effets secondaires significatifs.

Qu'est-ce que la rétinopathie du prématuré et l’IGF-1 ?

La rétinopathie du prématuré est une maladie courante chez les bébés nés prématurément et dont le poids à la naissance est inférieur à 1 500 grammes. Cette affection survient lorsque les vaisseaux sanguins situés à l'arrière de l'œil ne se développent pas normalement. La rétinopathie du prématuré peut entraîner des troubles de la vue, voire la cécité.

L’IGF-1 est une protéine qui favorise le développement normal des vaisseaux sanguins de la rétine pendant la grossesse. Lorsque les bébés naissent trop tôt, ils peuvent ne pas avoir suffisamment de l’IGF-1 dans leur organisme, ce qui peut entraîner une croissance anormale des vaisseaux sanguins de la rétine et conduire au développement d'une rétinopathie du prématuré.

Comment traite-t-on la rétinopathie du prématuré ?

Actuellement, la rétinopathie du prématuré est traitée à l'aide de lasers qui brûlent la rétine située à l'arrière de l'œil du bébé afin d'empêcher la stimulation des vaisseaux sanguins anormaux susceptibles d'endommager la vision, ou à l'aide de médicaments injectés dans l'œil pour empêcher temporairement ces vaisseaux de continuer à se développer et de nuire à la vision.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions déterminer si l'administration de l’IGF-1 aux bébés prématurés permettait de prévenir ou de traiter la rétinopathie du prématuré. Nous souhaitions également déterminer si l'administration de l’IGF-1 aux prématurés entraînait des effets secondaires graves ou des complications, ou si elle avait une incidence sur d'autres problèmes médicaux liés à la prématurité, tels que les hémorragies cérébrales ou les maladies pulmonaires du prématuré.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché des études comparant un traitement par l’IGF-1 soit à un placebo (un traitement factice), soit aux soins usuels, c'est-à-dire les soins habituellement prodigués en unité de soins intensifs néonatals (USIN), qui n'incluent généralement pas l'administration de ce facteur, chez des bébés prématurés présentant un risque de développer une rétinopathie du prématuré. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué notre degré de confiance dans les données probantes en fonction des méthodes utilisées et de la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus deux études portant au total sur 140 prématurés. Les études incluses ont évalué le traitement par l’IGF-1 chez les prématurés et ont suivi leurs critères de jugement jusqu'à l'âge de cinq ou six ans.

Nous avons constaté que les résultats des études actuelles ne permettent pas de tirer de conclusion définitive quant à son efficacité dans la prévention ou le traitement de la rétinopathie du prématuré. Les résultats des études actuelles ne permettent pas non plus de tirer de conclusion définitive quant à la tolérance du traitement par l’IGF-1 chez les bébés prématurés, notamment en ce qui concerne les risques ou les décès.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est très faible et les résultats de recherches ultérieures pourraient différer des résultats de cette revue. Deux facteurs principaux ont réduit notre confiance dans les données probantes. Tout d'abord, nous n'avons identifié que deux études portant sur le traitement par l’IGF-1 chez les prématurés, et le nombre de nourrissons y ayant participé était limité. Cela signifie qu'il n'y avait peut-être pas suffisamment de participants ayant reçu le traitement pour déterminer si celui-ci avait réellement un effet. Deuxièmement, les études que nous avons trouvées présentaient des problèmes au niveau de leur conception ou de leur méthodologie, ce qui pourrait nuire à la fiabilité de leurs résultats.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en mars 2025.

Objectifs

Comparer le traitement par IGF-1 aux soins standards ou à un placebo pour la prévention de la rétinopathie du prématuré ou du traitement des formes précoces de rétinopathie du prématuré.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons consulté CENTRAL, MEDLINE, Embase, la Base de Revues Systématiques Cochrane, numéro 3, 2025, de la Cochrane Library, CINAHL Plus with Full Text (EBSCOhost), Epistemonikos, les registres d'essais cliniques (Clinicaltrials.gov de la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis, la Plateforme internationale de registres d'essais cliniques ICTRP de l’Organisation mondiale de la Santé et le registre ISRCTN), ainsi que consulté les références bibliographiques et recherché les citations pour identifier les études incluses dans cette revue. La dernière recherche date du 10 mars 2025.

Conclusions des auteurs

Les données disponibles ont un niveau de confiance très faible ; nous ne sommes donc pas en mesure de tirer des conclusions quant aux effets d'un traitement par l'insuline de type 1 (IGF-1) chez les prématurés pour la prévention ou le traitement de la rétinopathie du prématuré, ni quant à ses effets sur le risque d'événements indésirables graves, de mortalité ou d'hypoglycémie dans cette population.

Financement

Cette revue Cochrane n’a bénéficié d’aucun financement spécifique.

Enregistrement

Protocole disponible via DOI : 10.1002/14651858.CD013216

Notes de traduction

Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de Clotilde Jumelle (bénévole chez Cochrane France) et grâce au financement du Ministère de la Santé. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Cette revue Cochrane a initialement été rédigée en anglais. L’exactitude de la traduction relève de la responsabilité de l’équipe de traduction qui la réalise. La traduction est réalisée avec soin et suit des processus standards pour garantir un contrôle qualité. Cependant, en cas d'incohérences, de traductions inexactes ou inappropriées, l'original en anglais prévaut.

Citation
Trzaski JM, Cracknell J, Herbst KW, Iverson MG, Quinn GE, Sink DW, Hagadorn JI. Insulin-like growth factor-1 for the prevention or treatment of retinopathy of prematurity. Cochrane Database of Systematic Reviews 2026, Issue 4. Art. No.: CD013216. DOI: 10.1002/14651858.CD013216.pub2.

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