Réduction de la quantité de graisses saturées consommées : effet sur le risque de maladie cardiaque

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Problématique de la revue

Nous voulions déterminer les effets de la réduction des graisses saturées dans notre alimentation (remplacement des graisses animales et des graisses végétales dures par des huiles végétales, des pâtes à tartiner contenant des graisses insaturées ou des féculents) sur notre santé.

Contexte

Les conseils de santé suggèrent que la réduction de la quantité de graisses saturées que nous mangeons, en diminuant les graisses animales, est bonne pour notre santé. Nous avons cherché à combiner toutes les données probantes disponibles pour voir si le fait de suivre ces conseils conduit à une réduction du risque de décès ou de contracter une maladie cardiovasculaire (maladie cardiaque ou accidents vasculaires cérébraux [AVC]).

Caractéristiques des études

Nous avons évalué l'effet de la réduction de la quantité de graisses saturées consommée pendant au moins deux ans sur la santé, comprenant les décès, les maladies cardiaques et les AVC. Nous avons examiné uniquement les études portant sur des adultes (de 18 ans ou plus). Ils comprenaient des hommes et des femmes atteints ou non de maladies cardiovasculaires. Nous n'avons pas inclus les études portant sur les personnes gravement malades ou les femmes enceintes ou allaitantes.

Principaux résultats

Nous avons identifié 15 études avec plus de 59 000 participants. Les données probantes ont été mises à jour jusqu'en octobre 2019. L'étude a trouvé que la réduction des graisses saturées entraînait une diminution du risque de maladies cardiovasculaires de 21% (y compris les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux), mais avait peu d'effet sur le risque de décès. La revue a trouvé que les bénéfices pour la santé provenaient du remplacement des graisses saturées par des graisses polyinsaturées ou des féculents. Plus la diminution des graisses saturées est importante, et plus le taux sérique de cholestérol total est réduit, plus la protection contre les événements cardiovasculaires est importante. Les personnes qui sont actuellement en bonne santé semblent en bénéficier autant que celles qui présentent un risque accru de maladie cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral (les personnes souffrant d'hypertension, d'un taux de cholestérol sérique élevé ou de diabète, par exemple), ainsi que les personnes qui ont déjà eu une maladie cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Il n'y avait pas de différence d'effet entre les hommes et les femmes.

Cela signifie que, si 56 personnes sans maladie cardiovasculaire, ou 32 personnes qui en sont déjà atteintes, réduisent leur taux de graisses saturées pendant environ 4 ans, une personne évitera un événement cardiovasculaire (crise cardiaque ou accident vasculaire cérébral) qu'elle aurait autrement subi.

Qualité des données probantes

Il existe un grand nombre de données probantes évaluant les effets de la réduction des graisses saturées pendant au moins deux ans. Ces études fournissent des données probantes de qualité modérée montrant que la diminution des graisses saturées réduit notre risque de maladies cardiovasculaires.

Conclusions des auteurs: 

Les conclusions de cette revue actualisée suggèrent que la réduction de la consommation de graisses saturées pendant au moins deux ans entraîne une réduction potentiellement importante des événements cardiovasculaires combinés. Le remplacement de l'énergie des graisses saturées par des graisses polyinsaturées ou des glucides semble être une stratégie utile, tandis que les effets du remplacement par des graisses mono-insaturées ne sont pas clairs. La réduction des événements cardiovasculaires combinés résultant de la réduction des graisses saturées n'a pas été modifiée par la durée de l'étude, le sexe ou le niveau à l’inclusion du risque cardiovasculaire, mais une plus grande réduction des graisses saturées a entraîné une plus grande diminution des événements cardiovasculaires.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

La réduction des graisses saturées diminue le taux de cholestérol sérique, mais les effets sur d'autres critères de jugement intermédiaires peuvent être moins évidents. De plus, on ne sait pas si l'énergie des graisses saturées éliminées du régime alimentaire est remplacée plus utilement par des graisses polyinsaturées, des graisses mono-insaturées, des glucides ou des protéines.

Objectifs: 

évaluer l'effet de la réduction de la consommation de graisses saturées et de leur remplacement par des glucides (CHO), des acides gras polyinsaturés (AGPI), des acides gras monoinsaturés (AGMI) et/ou des protéines sur la mortalité et la morbidité cardiovasculaire, en utilisant tous les essais cliniques randomisés disponibles.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons mis à jour nos recherches dans le registre central des essais contrôlés de Cochrane (CENTRAL), MEDLINE (Ovid) et Embase (Ovid) le 15 octobre 2019, et nous avons effectué des recherches sur Clinicaltrials.gov et sur le Système d'enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l'OMS le 17 octobre 2019.

Critères de sélection: 

Les essais inclus ont remplis les critères suivants : 1) randomisés ; 2) intention de réduire la consommation de graisses saturées OU intention de modifier les graisses alimentaires et de parvenir à une réduction des graisses saturées ; 3) une comparaison à une consommation plus élevée de graisses saturées ou au régime alimentaire habituel ; 4) non multifactorielle ; 5) chez les humains adultes atteints ou non de maladies cardiovasculaires (mais pas de maladie aiguë, de grossesse ou d'allaitement) ; 6) durée de l'intervention d’au moins 24 mois ; 7) données disponibles sur la mortalité ou la morbidité cardiovasculaire.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué indépendamment l'inclusion, ont extrait les données de l'étude et ont évalué le risque de biais. Nous avons réalisé des méta-analyses à effets aléatoires, des méta-régressions, des analyses en sous-groupes, des analyses de sensibilité, des diagrammes en entonnoir et des évaluations selon la méthode GRADE.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 15 essais contrôlés randomisés (ECR) (16 comparaisons, ~59.000 participants), qui ont utilisé une variété d'interventions allant de la fourniture de tous les aliments à consommer aux conseils pour réduire la consommation des graisses saturées. Les essais inclus à long terme ont suggéré que la réduction des graisses saturées alimentaires réduisait le risque d'événements cardiovasculaires combinés de 21 % (risque relatif (RR) de 0,79 ; intervalle de confiance (IC) de 95 % de 0,66 à 0,93, 11 essais, 53 300 participants dont 8 % qui ont eu un événement cardiovasculaire, I² = 65 %, avec des données probantes de qualité modérée selon GRADE). La méta-régression a suggéré que plus la réduction des graisses saturées (reflété par une plus grande réduction du cholestérol sérique) est importante plus les réductions du risque d'événements de maladie cardiovasculaire sont importantes, expliquant la plupart de l’hétérogénéité présente entre les essais. Le nombre de sujets à traiter (NST) pour un résultat bénéfique supplémentaire était de 56 dans les essais de prévention primaire, ce qui signifie que 56 personnes doivent réduire leur consommation de graisses saturées pendant ~ quatre ans pour une personne afin d'éviter de subir un événement de maladie cardiovasculaire. Dans les essais de prévention secondaire, le nombre de personnes devant être traitées était de 32. Les analyses en sous-groupe n'ont pas suggéré de différences significatives entre le remplacement des calories des graisses saturées par des graisses polyinsaturées ou des glucides, et les données sur le remplacement par des graisses mono-insaturées et des protéines étaient très limitées.

Nous avons constaté que la réduction des graisses saturées a eu peu ou pas d'effet sur la mortalité toutes causes confondues (RR 0,96 ; IC 95% 0,90 à 1,03 ; 11 essais, 55 858 participants) ou sur la mortalité cardiovasculaire (RR 0,95 ; IC 95% 0,80 à 1,12, 10 essais, 53 421 participants), avec des données probantes de qualité modérée selon GRADE.

La réduction des graisses saturées a eu peu ou pas d'effet sur les infarctus du myocarde non mortels (RR 0,97, 95 % IC 0,87 à 1,07) ou sur la mortalité due à des maladies coronariennes (RR 0,97, 95 % IC 0,82 à 1,16, données probantes de faible qualité pour les deux), mais les effets sur l'ensemble des infarctus du myocarde (mortels ou non), des accidents vasculaires cérébraux et des maladies coronariennes (mortelles ou non) n'étaient pas clairs car les données probantes étaient de très faible qualité. Il y a eu peu ou pas d'effet sur la mortalité par cancer, les diagnostics de cancer, le diagnostic de diabète, le cholestérol HDL, les triglycérides sériques ou la pression artérielle, et de petites réductions du poids, du cholestérol total sérique, du cholestérol LDL et de l'indice de masse corporelle. Il n'y a pas eu de données probantes indiquant d'effets nocifs de la réduction des apports en graisses saturées.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Victoria Leclercq et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.