Les patients atteints d'hématurie idiopathique bénigne pourraient être plus susceptibles d'éviter une insuffisance rénale en utilisant des immunosuppresseurs (y compris des stéroïdes), mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.

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L'hématurie idiopathique bénigne est une néphropathie commune qui progresse très lentement. Elle entraîne souvent une réduction de la fonction rénale et peut déboucher sur une insuffisance rénale. On ignore l'origine de cette maladie, mais la plupart des patients atteints présentent des anomalies du système immunitaire. Cette revue a observé que les patients atteints d'hématurie idiopathique bénigne prenant des immunosuppresseurs, tels que des stéroïdes, pourraient être moins susceptibles de développer une insuffisance rénale. Néanmoins, des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de confirmer ce résultat, identifier les patients pouvant tirer le plus de bénéfices du traitement et étudier les effets indésirables.

Conclusions des auteurs: 

La prise en charge optimale de l'HIB demeure incertaine. Les ECR identifiés étaient de petite taille, de qualité méthodologique sous-optimale et tendaient à ne rapporter que les critères de jugement favorables et de substitution, sans notification exhaustive des effets délétères du traitement. Tous les critères de jugement sont favorables aux interventions immunosuppressives et les stéroïdes semblent constituer le traitement le plus prometteur. Des études supplémentaires dans le cadre d'ECR sont nécessaires afin d'identifier les patients qui pourraient bénéficier le plus de ces interventions, qu'il s'agisse d'individus présentant des signes précoces de dysfonctionnement rénal ou une insuffisance rénale plus avancée.

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Contexte: 

L'hématurie idiopathique bénigne (HIB) est une maladie prévalente partout dans le monde qui entraîne une insuffisance rénale terminale (IRT) chez 15 à 20 % des patients dans les 10 ans, et chez 30 à 40 % dans les 20 ans suivant le déclenchement apparent de la maladie. Aucun traitement spécifique n'a encore été établi mais de nombreuses approches ont été étudiées.

Objectifs: 

Évaluer les effets bénéfiques et délétères du traitement immunosuppresseur dans l'HIB.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies rénales (mai 2003), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane, numéro 3, 2002), MEDLINE (1966 - septembre 2002), EMBASE (1988 - septembre 2002) et avons effectué une recherche manuelle dans les références bibliographiques des articles et actes de conférence identifiés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi-randomisés comparant un traitement aux immunosuppresseurs par rapport à un placebo, une absence de traitement, un autre immunosuppresseur ou des agents non-immunosuppresseurs dans l'HIB.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. Des analyses statistiques ont été effectuées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires et les résultats ont été exprimés sous forme de risque relatif (RR) pour les résultats dichotomiques, et de différence moyenne pondérée (DMP) pour les résultats continus avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Treize ECR éligibles portant sur 623 patients ont été identifiés. Tous les ECR identifiés incluaient un groupe témoin sous placebo, absence de traitement ou warfarine/dipyridamole. Sept essais utilisaient des stéroïdes, trois utilisaient des agents alcoylants/cyclosporine et trois utilisaient des combinaisons de stéroïdes et d'agents alcoylants/cyclosporine. Aucun essai ne comparait directement des stéroïdes à des agents alcoylants/cyclosporine. La qualité était sous-optimale. Les stéroïdes étaient associés à un risque inférieur de progression vers une IRT (RR de 0,44, IC à 95 %, entre 0,25 et 0,80) et à une réduction de l'excrétion de protéines dans les urines (DMP de -0,49 g/24 h, IC à 95 %, entre -0,72 et -0,12). L'excrétion de protéines dans les urines était inférieure chez les patients traités aux agents alcoylants/cyclosporine par rapport au placebo/absence de traitement (DMP de -0,94 g/24 h, IC à 95 %, entre -1,43 et -0,46). Aucune réduction significative de l'excrétion de protéines dans les urines n'était observée avec un traitement combinant des stéroïdes et des agents alcoylants par rapport au placebo/absence de traitement.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.