Principaux messages
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L’abaissement de la température corporelle des donneurs en unité de soins intensifs avant le prélèvement des organes pourrait ne pas nécessairement améliorer la rapidité avec laquelle l’organe commence à fonctionner chez le receveur.
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L’abaissement de la température corporelle des donneurs ne semble pas réduire le nombre d’organes pouvant être utilisés pour une transplantation ni entraîner de problèmes de tolérance (tels que des troubles cardiaques).
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Seules trois études ont rapporté un taux de survie à un an de l’organe transplanté. Aucune des études n’a rapporté ni une amélioration de la qualité de vie ni la survenue de maladies cardiaques chez les receveurs à 12 mois. Aucune étude n’a rapportée l’adoption de mesures pour les organes vitaux à 12 mois (par exemple : pour le cœur, la fonction cardiaque ; pour le pancréas, le besoin d’insuline).
Qu’est-ce que la transplantation d’organe solide ?
La transplantation d’un organe plein est une intervention chirurgicale consistant à transférer un organe solide (rein, cœur, foie, poumon ou pancréas) d’une personne appelée donneur à une autre appelée receveur. Il s’agit du traitement optimal pour les personnes souffrant d’une défaillance d’un organe en phase terminale. Toutefois, il subsiste une pénurie d’organes adaptés au don. En effet, de nombreux organes proviennent de personnes en état de mort cérébrale (c’est-à-dire qu’elles présentent une perte permanente et irréversible des fonctions cérébrales) admises en unité de soins intensifs. Or il a été démontré que le processus de mort encéphalique entraîne des lésions significatives au niveau des organes. C’est pourquoi il convient de tout mettre en œuvre pour optimiser la prise en charge de ces donneurs afin d’obtenir d’améliorer le devenir des receveurs et d’assurer le bon fonctionnement du greffon après la transplantation.
Pourquoi réduire la température corporelle des donneurs et comment procède-t-on ?
La baisse de la température corporelle des donneurs en dessous de la température centrale normale (< 35,5 °C) pourrait ralentir les processus physiologiques, permettant ainsi de préserver la santé des organes jusqu’à leur prélèvement et leur transplantation. Elle peut être réalisée en unité de soins intensifs entre le moment du diagnostic de mort encéphalique et celui du don d’organes. L’abaissement de la température corporelle peut être obtenu en laissant les donneurs se refroidir spontanément jusqu’à la température cible, grâce à des ventilateurs, des poches de glace ou des systèmes de refroidissement externes spécifiques pour favoriser la baisse de la température corporelle du donneur, ou encore par irrigation vésicale, grâce à des cathéters de refroidissement intravasculaires ou à des gaz humidifiés à température contrôlée utilisés pendant la ventilation afin d’atteindre la température centrale souhaitée. Le degré d’hypothermie thérapeutique peut également être classé en hypothermie légère (34,0 °C à 35,5 °C), modérée (32,0 °C à 33,9 °C), modérément sévère (30,0 °C à 31,9 °C) et sévère (< 30 °C).
Que voulions-nous savoir ?
Nous souhaitions déterminer si la baisse de la température corporelle des donneurs rendait les organes plus sains et améliorait les critères de jugement pour les receveurs après une greffe d’organe. Nous étions intéressés par :
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la rapidité avec laquelle les organes greffés commencent à fonctionner ;
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la réussite de la greffe ;
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la survie du receveur (et sur combien d’années).
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons recherché des études évaluant l’efficacité de la baisse de la température corporelle des donneurs et ses éventuels effets indésirables. Les donneurs inclus dans les études devaient présenter une perte irréversible de toutes les fonctions cérébrales, ou une perte irréversible de la capacité de conscience et une perte irréversible de toute capacité respiratoire. Les receveurs devaient être des patients ayant reçu des organes solides tels que le rein, le cœur, le foie, le poumon ou le pancréas. Toutes les origines géographiques ont été prises en compte.
Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié quatre études portant sur 2 096 donneurs, examinant l’effet de la baisse de la température corporelle des donneurs avant la transplantation. Deux études portaient sur la transplantation rénale et deux autres sur la transplantation de plusieurs organes solides (rein, foie, poumon, cœur, pancréas). Les études ont été menées aux États-Unis et en France.
Transplantation rénale
L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à une degré normale :
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pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les reins transplantés commencent à fonctionner (4 études, 3 015 receveurs) ;
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pourrait n’avoir aucune incidence sur la survie du rein transplanté un an après la greffe (3 études, 2 075 receveurs) ;
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pourrait n’avoir aucune incidence sur le nombre de receveurs de rein ayant survécu un an après la greffe (1 étude, 526 receveurs).
Autres organes
L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à une degré normale :
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pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les poumons transplantés commencent à fonctionner (1 étude, 99 receveurs) ;
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pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les foies transplantés commencent à fonctionner (1 étude, 262 receveurs) ;
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ne réduit vraisemblablement pas le nombre d’organes disponibles pour la transplantation (4 études, 4 265 receveurs).
L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à un degré normale, pourrait ne causer aucun problème (tels que les troubles cardiaques) chez les donneurs (3 études, 2 015 donneurs).
Quelles sont les limites des données probantes ?
Le nombre limité d’études examinées et les type d’organes des donneurs transplantés constituaient les principales limites de cette revue. Seules trois études ont rapporté la survie à un an de l’organe transplanté. Aucune des études n’a rapporté ni une amélioration de la qualité de vie ni la survenue de maladies cardiaques chez les receveurs à 12 mois. Aucune étude n’a rapportée l’adoption de mesures pour les organes vitaux à 12 mois (par exemple : pour le cœur, la fonction cardiaque ; pour le pancréas, le besoin d’insuline). La plupart des études se sont concentrées sur les donneurs et les receveurs de reins, avec très peu d’informations concernant les autres organes solides.
Ces données probantes sont-elles à jour ?
La revue est à jour jusqu’en septembre 2025.
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Objectifs
Évaluer les bénéfices et risques de l’hypothermie thérapeutique du donneur chez les receveurs d’organes provenant de donneurs en état de mort encéphalique.
Stratégie de recherche documentaire
Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane Kidney and Transplant (Rein et Greffe), dans les bases de données CENTRAL, MEDLINE, Embase ainsi que dans deux registres d’essais jusqu’au 3 septembre 2025.
Conclusions des auteurs
Cette revue fournit des données probantes d’un niveau de confiance faible indiquant que l’hypothermie du donneur pourrait n’avoir aucun impact sur les critères de jugement post-transplantation. L’hypothermie du donneur pourrait ne pas être associée à une diminution de l’utilisation de l’organe. Aucun problème de tolérance n’a été identifié et l’hypothermie du donneur pourrait ne pas augmenter le nombre d’événements indésirables chez le donneur.
Financement
Cette étude n’a pas bénéficié d’un financement spécifique.
Enregistrement
Protocole (2023) : doi:10.1002/14651858.CD015190
Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de Sokoudjou Linda et Matthieu Gras-Gaïotti (bénévoles chez Cochrane France) et grâce au financement du Ministère de la santé. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr
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