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Quelle est la fiabilité des examens d'imagerie pour diagnostiquer une obstruction ou une accumulation de liquide dans les trompes de Fallope ?

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Principaux messages

  • L'hystérosalpingosonographie (HSSG), l'hystérosalpingographie (HSG) et l'hydrolaparoscopie transvaginale (THL) permettent de déterminer de manière fiable si les trompes de Fallope sont obstruées.

  • Plus souvent que l'hystérosalpingosonographie et l'hydrolaparoscopie transvaginale, l'hystérosalpingographie semble indiquer une obstruction des trompes alors qu'il n'y en a pas.

  • Il est nécessaire de mener davantage d'études comparant les différents examens, ainsi que des études sur les trompes avec accumulation de liquide et sur l'hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM).

Pourquoi est-il important de diagnostiquer une obstruction des trompes de Fallope ?

Les trompes de Fallope relient les ovaires à l'utérus. Des trompes obstruées peuvent empêcher la grossesse, car l'ovule et le spermatozoïde ne peuvent pas se rencontrer. Il est essentiel de diagnostiquer l'obstruction des trompes (obstruction tubaire) et l’accumulation de liquide dans les trompes (hydrosalpinx) pour choisir le traitement approprié. Traditionnellement, la chirurgie cœlioscopique (laparoscopie avec colorant) est utilisée, mais cette méthode est invasive et coûteuse. Des examens alternatifs utilisant l’imagerie médicale ont donc été développés ; ils sont moins invasifs, moins coûteux et peuvent être réalisés en consultation ambulatoire.

Quels sont les examens d'imagerie ?

  • Hystérosalpingosonographie (HSSG) : du sérum physiologique ou de la mousse est injecté dans l’utérus, puis une échographie endovaginale est utilisée pour vérifier si le liquide traverse les trompes de Fallope.

  • Hystérosalpingographie (HSG) : un produit de contraste est injecté dans l'utérus puis des radiographies permettent de visualiser son passage dans les trompes.

  • Hydrolaparoscopie transvaginale (THL) : une minuscule caméra est introduite à travers la paroi vaginale. Parallèlement, on injecte une solution saline dans l'utérus pour vérifier si elle passe à travers les trompes.

  • Hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM) : technique similaire à l’HSG, mais utilisant une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour obtenir des images détaillées des trompes.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons voulu déterminer dans quelle mesure ces examens permettent de détecter une obstruction ou l’accumulation de liquide dans les trompes de Fallope, par rapport à l'examen traditionnel par chirurgie cœlioscopique.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant ces examens d'imagerie à la chirurgie cœlioscopique. Nous avons rassemblé les résultats de toutes les études et nous avons évalué la capacité de chaque examen à détecter correctement l’obstruction ou l’accumulation de liquide dans les trompes.

Qu’avons-nous trouvé ?

Cette revue a inclus 21 études portant sur un total de 1 939 femmes :

  • 8 études sur l'hystérosalpingosonographie ;

  • 8 études sur l'hystérosalpingographie ;

  • 3 études sur l'hydrolaparoscopie transvaginale ;

  • aucune étude sur l'hystérosalpingographie par résonance magnétique ;

  • 2 études sur l'hystérosalpingosonographie et l'hystérosalpingographie.

Seules deux études sur l'hystérosalpingosonographie et deux études sur l'hystérosalpingographie ont rapporté des résultats concernant l’accumulation de liquide dans les trompes.

Trois études n'étaient pas en anglais ; nous les avons traduites en ligne. Neuf études n'ont pas précisé clairement si les participantes présentaient un risque faible ou élevé d'obstruction des trompes. Sept études n'ont pas précisé si les examens avaient été effectués par une personne qualifiée.

Obstruction des trompes

L'hystérosalpingosonographie, l'hystérosalpingographie et l'hydrolaparoscopie transvaginale sont des examens fiables pour détecter une obstruction des trompes de Fallope. Comparativement à l'hystérosalpingosonographie et à l'hydrolaparoscopie transvaginale, l'hystérosalpingographie semble plus susceptible de suggérer une obstruction des trompes alors qu'il n'y en a pas.

Si 1 000 femmes étaient examinées pour une obstruction des trompes de Fallope, et que 182 d'entre elles présentent effectivement une obstruction des deux trompes (fréquence observée dans les études incluses), alors :

  • Pour l'hystérosalpingosonographie : 186 femmes se verraient diagnostiquer une obstruction des trompes d'après les résultats de l’examen. Parmi celles-ci, 8 femmes auraient en réalité des trompes perméables ; 814 femmes recevraient un diagnostic de trompes perméables, et parmi celles-ci, 4 femmes auraient en réalité des trompes obstruées ;

  • Pour l'hystérosalpingographie : 189 femmes se verraient diagnostiquer une obstruction des trompes d'après les résultats de l’examen. Parmi celles-ci, 49 femmes auraient en réalité des trompes perméables ; 811 femmes recevraient un diagnostic de trompes perméables, et parmi celles-ci, 57 femmes auraient en réalité des trompes obstruées ;

  • Pour l'hydrolaparoscopie transvaginale : 181 femmes se verraient diagnostiquer une obstruction des trompes d'après les résultats de l’examen. Parmi celles-ci, 8 femmes auraient en réalité des trompes perméables ; 819 femmes recevraient un diagnostic de trompes perméables, et parmi celles-ci, 9 femmes auraient en réalité des trompes obstruées.

Accumulation de liquide dans les trompes

  • Une étude HSSG a présenté des résultats par trompe, tandis que l'autre a indiqué des résultats par femme ; nous n'avons donc pas pu combiner leurs résultats.

  • Deux études sur l'hystérosalpingographie ont présenté les résultats par trompe. Elles ont montré que toutes les femmes chez lesquelles on avait diagnostiqué des trompes remplies de liquide présentaient cette affection, et que quatre femmes sur 100 chez lesquelles on avait diagnostiqué des trompes remplies de liquide ne présentaient en réalité cette affection.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études incluses évaluaient différents types d’obstruction : obstruction d’une seule trompe, obstruction unilatérale ou bilatérale. Comme peu d’études rapportaient chacun de ces critères pour chaque examen, il était difficile de tirer des conclusions solides. De plus, seules quelques études ont comparé un examen d'imagerie à un autre ; nous n'avons donc pas pu déterminer avec certitude quel examen était le plus performant.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en novembre 2023.

Contexte

Environ 18 % à 33 % des couples infertiles présentent une occlusion tubaire (trompes de Fallope obstruées ou endommagées) ou un hydrosalpinx (accumulation de liquide dans les trompes). La laparoscopie diagnostique (chirurgie mini-invasive) associée à une chromopertubation (test de perméabilité des trompes au bleu de méthylène) est considérée comme le standard de référence pour exclure une obstruction tubaire et un hydrosalpinx. Cependant, en raison de son caractère invasif et de son coût élevé, des alternatives moins invasives utilisant des techniques d’imagerie ont été développées. Il s'agit notamment de l’hystérosalpingosonographie (HSSG), de l'hystérosalpingographie (HSG), de l'hydrolaparoscopie transvaginale (THL, de l’anglais « transvaginal hydrolaparoscopy ») ambulatoire et de l'hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM). Le choix de l'examen varie selon le contexte ; le choix du produit de contraste, l’expertise de l'examinateur et la technologie utilisée sont autant de facteurs susceptibles d'influencer la qualité du diagnostic. En outre, les performances diagnostiques des examens visuels de perméabilité des trompes peuvent varier en fonction des populations d'étude, selon que l'examen est réalisé dans une population non sélectionnée ou dans une population classée à haut ou faible risque de pathologie tubaire.

Objectifs

Déterminer et comparer la précision diagnostique des examens visuels de perméabilité des trompes (HSSG, HSG, THL et HSG-RM) pour le diagnostic de l'obstruction tubaire.

Les objectifs secondaires étaient de déterminer et de comparer la précision diagnostique des examens visuels de perméabilité des trompes (HSSG, HSG, THL et HSG-RM) pour le diagnostic de l'hydrosalpinx, ainsi que d’évaluer l'hétérogénéité liée aux caractéristiques des populations (stratification du risque) et aux caractéristiques des examens (produits de contraste, technologie, expertise de l'examinateur).

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE, Embase et CINAHL, ainsi que dans deux registres d'essais. Nous avons également contacté des experts afin d’identifier d’éventuelles études supplémentaires (date de la dernière recherche : le 6 novembre 2023).

Critères de sélection

Nous avons inclus des essais portant sur la précision diagnostique d'un seul examen, ainsi que des études comparatives évaluant deux examens ou plus. Les examens inclus étaient les suivants : hystérosalpingosonographie (HSSG), hystérosalpingographie (HSG), hydrolaparoscopie transvaginale (THL) et hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM). La laparoscopie avec test de perméabilité des trompes à l'aide de bleu de méthylène a servi d’examen de référence. Nous avons inclus les participantes ayant une tentative de conception depuis au moins un an. Toutes les participantes aux études incluses devaient avoir passé cet examen de référence. Les pathologies cibles étaient l'obstruction tubaire bilatérale, l'obstruction tubaire au moins unilatérale, l'obstruction tubaire par trompe et l'hydrosalpinx.

Recueil et analyse des données

Deux auteurs de la revue ont extrait les données de manière indépendante. Nous avons effectué une méta-analyse en utilisant un modèle à effets aléatoires à deux variables. Pour chaque examen et chaque étude, nous avons présenté des paires de sensibilité et de spécificité avec leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % correspondants, ainsi que les valeurs combinées de sensibilité et de spécificité sous forme de graphique en forêt. Nous avons utilisé l'outil QUADAS-2 (Quality Assessment of Diagnostic Accuracy Studies) pour évaluer le risque de biais.

Résultats principaux

Nous avons identifié 11 787 références et inclus 21 études (1 939 participantes). Deux études comparaient directement l’hystérosalpingosonographie et l'hystérosalpingographie à l’examen de référence, tandis que les 19 autres rapportaient la précision diagnostique d’un seul examen (10 études sur l’hystérosalpingosonographie,10 études sur l'hystérosalpingographie et 3 études sur l'hydrolaparoscopie transvaginale). Nous n'avons inclus aucune étude sur l'hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM).

HSSG : pour l'obstruction tubaire bilatérale, la sensibilité combinée était de 0,98 (IC à 95 % : 0,19 à 1,00 ; 3 études, 259 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance modéré) et la spécificité de 0,99 (IC à 95 % : 0,93 à 1,00 ; 4 études, 259 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance élevé). Les analyses par sous-groupes ont montré que l'échographie Doppler couleur présentait une spécificité supérieure à celle de l'échographie standard, mais une sensibilité similaire. Nous n'avons constaté aucune différence en matière de précision diagnostique entre l'échographie tridimensionnelle/bidimensionnelle et l'échographie bidimensionnelle, ni entre l'utilisation de mousse ou de solution saline comme produit de contraste. Nous n'avons pas pu réaliser de méta-analyse sur le diagnostic de l'hydrosalpinx.

HSG : pour l'obstruction tubaire bilatérale, la sensibilité combinée était de 0,77 (IC à 95 % : 0,58 à 0,89 ; 7 études, 670 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance très faible) et la spécificité combinée était de 0,94 (IC à 95 % : 0,87 à 0,97 ; 7 études, 670 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Pour l'hydrosalpinx par trompe, la sensibilité combinée était de 1,00 et la spécificité de 0,96 (IC à 95 % : 0,96 à 0,98 ; 2 études, 360 trompes).

THL : pour l'obstruction tubaire bilatérale, la sensibilité et la spécificité combinées étaient respectivement de 0,95 (IC à 95 % : 0,30 à 1,00 ; 3 études, 172 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance faible) et de 0,99 (IC à 95 % : 0,84 à 1,00 ; 3 études, 172 femmes ; données probantes d’un niveau de confiance modéré). Nous n'avons pas pu réaliser de méta-analyse sur le diagnostic de l'hydrosalpinx.

Pour l’ensemble des examens, l’insuffisance des informations disponibles concernant l’expertise des examinateurs et la stratification des risques chez les patientes a empêché de mener des analyses plus approfondies.

Conclusions des auteurs

Les données probantes ont montré que l'hystérosalpingosonographie (HSSG), l'hystérosalpingographie (HSG) et l'hydrolaparoscopie transvaginale (THL) constituent toutes des techniques fiables pour le diagnostic d'une obstruction tubaire bilatérale. Il n’existe que très peu de données probantes en matière d’études comparatives sur la précision diagnostique. Nous n'avons inclus aucune étude portant sur la précision diagnostique de l'hystérosalpingographie par résonance magnétique (HSG-RM). Le niveau de confiance des données probantes variait de très faible à élevé. Cette variation est principalement due à un risque de biais incertain ou élevé, ainsi qu’à l'hétérogénéité et à l'imprécision des données. Le manque de données sur les risques pour la population d'étude et l'expérience des examinateurs pourrait limiter la généralisabilité des résultats à la pratique clinique courante.

Financement

Cette revue Cochrane n’a bénéficié d’aucun financement spécifique.

Enregistrement

Protocole (2022) disponible à l'adresse suivante : https://doi.org/10.1002/14651858.CD014968

Notes de traduction

Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de bénévoles de Cochrane France et grâce au financement du Ministère de la Santé. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Cette revue Cochrane a initialement été rédigée en anglais. L’exactitude de la traduction relève de la responsabilité de l’équipe de traduction qui la réalise. La traduction est réalisée avec soin et suit des processus standards pour garantir un contrôle qualité. Cependant, en cas d'incohérences, de traductions inexactes ou inappropriées, l'original en anglais prévaut.

Citation
Tros R, Kamphuis D, Rosielle K, Koks C, Mijatovic V, Bongers MY, Mol BWJ, Wang R. Visual tubal patency tests for tubal occlusion and hydrosalpinx. Cochrane Database of Systematic Reviews 2026, Issue 5. Art. No.: CD014968. DOI: 10.1002/14651858.CD014968.pub2.

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