Principaux messages
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Chez les personnes atteintes d'un cancer de l'estomac, il pourrait y avoir peu ou pas de différence en termes de survie et de risque de récidive, que la rate soit retirée ou conservée lors de l'opération visant à retirer l'estomac. Nous ne sommes pas certains des effets de l'ablation ou de la conservation de la rate sur le risque de décès peu de temps après la chirurgie.
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L'ablation de l'estomac et de la rate entraîne probablement une augmentation des complications postopératoires. Nous ne savons pas si l'ablation de la rate a une incidence sur le risque de réintervention chirurgicale ou sur la durée de l'hospitalisation. Nous n'avons trouvé aucune donnée probante concernant la qualité de vie.
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De futures études devraient évaluer des populations atteintes de tumeurs de localisations différentes et à différents stades de gravité. Elles devraient aussi tenir compte de la qualité de vie et des effets indésirables.
Qu'est-ce que le cancer de l'estomac ?
Le cancer de l'estomac est une maladie dans laquelle les cellules qui tapissent l'intérieur de l'estomac deviennent anormales et commencent à se diviser de manière incontrôlée, formant ainsi une masse appelée tumeur.
Comment traite-t-on le cancer de l'estomac ?
Le cancer de l'estomac situé dans le tiers supérieur de l'estomac est souvent traité par une intervention chirurgicale visant à retirer l'estomac (gastrectomie totale). L'ablation de la rate en même temps que celle de l'estomac entraîne également l'ablation des ganglions lymphatiques situés près de la rate. Plus le nombre de ganglions lymphatiques prélevés est élevé, plus les médecins sont en mesure de déterminer avec précision le stade du cancer, ce qui peut indirectement améliorer le taux de survie en identifiant les patients susceptibles de bénéficier de traitements complémentaires. La résection systématique de la rate lors d'une gastrectomie totale fait l'objet de controverses : elle pourrait potentiellement améliorer la survie des patients ; à l'inverse, elle pourrait aussi n'apporter aucun bénéfice et être associée à des effets indésirables.
Que voulions-nous découvrir ?
Nous voulions savoir si l'ablation de la rate lors d'une intervention chirurgicale pour un cancer de l'estomac était plus ou moins avantageuse que de la laisser en place. Nous avons examiné les effets sur la survie, le risque de récidive du cancer, les décès précoces postopératoires, les complications postopératoires, la nécessité de réintervention, la durée d'hospitalisation et la qualité de vie.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons recherché des études comparant l’ablation de la rate à sa conservation lors d’une gastrectomie totale. Les études pouvaient être menées n’importe où et être publiées à n’importe quel moment et dans n’importe quelle langue. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en nous appuyant sur des critères tels que les méthodes utilisées et la taille des échantillons.
Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié cinq études portant sur 1 002 adultes ayant subi une intervention chirurgicale pour un cancer de l'estomac. Ces études ont été menées en Asie et en Amérique du Sud et ont été publiées entre 1985 et 2017. En moyenne, la proportion de femmes dans ces études se situait entre 20 % et 30 %. Quatre études portant sur 908 participants rapportaient le stade de la tumeur. Trois études portant sur 736 participants rapportaient la profondeur et le type de tumeur. Ces études rapportaient des critères de jugement suivants : la survie, le risque de récidive du cancer, les décès précoces postopératoires, les complications postopératoires, la nécessité de réintervention chirurgicale et la durée de l'hospitalisation.
Principaux résultats
Par rapport à la conservation de la rate, son ablation lors d'une intervention chirurgicale pour un cancer de l'estomac entraîne probablement davantage de complications postopératoires. On ne sait pas si l'ablation de la rate a une incidence sur le risque de décès précoce postopératoire, sur la probabilité de réintervention ou sur la durée de l'hospitalisation. L'ablation de la rate n'aurait que peu ou pas d'incidence sur la survie et le risque de récidive du cancer. Aucune des études n’a rapporté des indicateurs sur la qualité de vie.
Quelles sont les limites des données probantes ?
Nous ne sommes pas convaincus par les données probantes, car il est possible que les participants aux études aient su quel traitement ils recevaient et toutes les études n'ont pas fourni de données sur tous les aspects qui nous intéressaient. De plus, certaines études n'ont pas clairement rapporté comment elles avaient été menées, et le nombre d'études est insuffisant pour tirer des conclusions définitives quant à nos critères de jugement.
Ces données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes ont été actualisées en février 2025.
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Objectifs
Évaluer les bénéfices et risques de la splénectomie chez les patients subissant une gastrectomie totale pour un cancer de l'estomac.
Stratégie de recherche documentaire
Nous avons effectué des recherches dans les bases de données CENTRAL, MEDLINE, Embase et deux registres d’essais cliniques, complétée par la vérification des sources, et nous avons contacté les auteurs afin d’identifier les études à inclure dans la revue. La recherche la plus récente date du 17 février 2025.
Conclusions des auteurs
Pour la comparaison entre la splénectomie et la conservation splénique chez les adultes subissant une gastrectomie totale pour cancer gastrique, des données probantes d’un niveau de confiance modéré suggèrent que la splénectomie augmente probablement l’incidence des complications postopératoires. Les données probantes sont très incertaines quant à l’augmentation de la mortalité postopératoire, du taux de réintervention ou de la durée d'hospitalisation. Des données probantes d’un niveau de confiance faible suggèrent que la splénectomie pourrait entraîner peu ou pas de différence en termes de survie globale et de survie sans récidive. Il est nécessaire de mener d'autres études pour évaluer les bénéfices et risques de la splénectomie dans lesquelles les participants seraient répartis en fonction de la localisation des tumeurs et des stades cliniques.
Financement
Cette revue Cochrane a été financée par la National Natural Science Foundation of China (subventions n° 81701950 et 82172135), la Natural Science Foundation of Chongqing (subvention n° CSTB2022NSCQ-MSX0058), le Suitable Technology Promotion Project of Chongqing (subvention n° 2024jstg028), le Joint Project of Pinnacle Disciplinary Group, ainsi que le Kuanren Talents Program du Second Affiliated Hospital of Chongqing Medical University.
Enregistrement
Protocole (2021) DOI : 10.1002/14651858.CD014601
Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de Samuel Fodop et d’André Morvan (bénévoles chez Cochrane France) et grâce au financement du Ministère de la Santé. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr
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