L'athérectomie pour le traitement de la maladie artérielle périphérique

Une personne atteinte d'une maladie des artères des jambes peut ressentir de la douleur en marchant (également connue sous le nom de claudication intermittente), de la douleur au repos (en particulier la nuit), ou souffrir d'ulcères dus à une mauvaise circulation sanguine. Les traitements établis comprennent la chirurgie, où un pontage est inséré pour transporter le sang d'une artère situé au-dessus de la section malade (bloqué ou rétréci) au sang situé au-dessous de la section malade, ainsi que l'angioplastie par ballonnet, où un ballonnet dégonflé est inséré dans le vaisseau et ensuite gonflé pour étirer l'artère et ainsi ouvrir la section étroite ou bloquée. Des endoprothèses peuvent être insérées au cours de l'angioplastie. En plus de ces deux traitements établis, une technique moins souvent utilisée est de prélever l'artère, d'exciser ou de retirer la maladie qui provoque le blocage ou le rétrécissement du vaisseau. Ceci est connu sous le nom d'athérectomie.

Dans cette revue, nous avons comparé l'athérectomie aux traitements plus établis, tels que l'angioplastie par ballonnet et l'intervention chirurgicale de pontage. Nous avons identifié quatre études portant sur un total de 220 participants. Toutes les études comparaient l'athérectomie par rapport à l'angioplastie par ballonnet. Les études étaient de faible qualité car les procédures n'étaient pas mises en aveugle, les études n'étaient pas suffisamment puissantes pour démontrer un effet, certains résultats des études n'étaient pas rapportés et de nombreuses personnes de l'étude initiale n'ont pas terminé les études.

Bien que les résultats des méta-analyses soient imprécis, la moyenne des effets des deux traitements était similaire en termes de réussite initiale et d'artères non bouchées (perméabilité), à 6 mois ou à 12 mois après la procédure. Il y avait un risque plus faible de décès avec l'athérectomie, probablement en raison d'un nombre élevé inattendu de décès dans le groupe de l'angioplastie par ballonnet dans l'un des deux essais rapportant des décès. Les événements cardio-vasculaires n'étaient rapportés dans aucune des études incluses. Après une athérectomie, il y avait une réduction du taux de procédures d'urgence pour la pose d'endoprothèse et les pressions de gonflement des ballonnets étaient inférieures. Les complications, telles que les formations de caillots sanguins (embolisations) et les déchirures des vaisseaux sanguins (dissections de vaisseaux), étaient rapportées dans deux essais indiquant un taux d'embolisation supérieur dans le groupe de l'athérectomie et un taux de dissections de vaisseaux supérieur dans le groupe de l'angioplastie, mais les données n'ont pas pu être combinées. Les données limitées disponibles indiquaient qu'il n'y avait aucune preuve probante d'une différence entre le groupe de l'athérectomie et celui de l'angioplastie par ballonnet pour les effets indésirables, tels que la nécessité d'une nouvelle intervention chirurgicale en raison de l'obstruction du vaisseau traité et une amputation au-dessus du genou. La qualité de vie et les critères de jugement symptomatiques et cliniques, tels que la distance de marche ou le soulagement des symptômes, n'étaient pas rapportés dans les études.

Nous avons montré que les preuves limitées disponibles ne permettent pas de significativement avantager l'athérectomie par rapport à l'angioplastie conventionnelle par ballonnet.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue a identifié des preuves de mauvaise qualité pour étayer l'athérectomie comme alternative à l'angioplastie par ballonnet dans le maintien de la perméabilité primaire à tout intervalle de temps. Il n'y avait aucune preuve de la supériorité de l'athérectomie par rapport à l'angioplastie sur aucun des critères de jugement, et l'embolisation distale n'était pas rapportée dans tous les essais de l'athérectomie. Des essais de puissance suffisante sont recommandés.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

La maladie artérielle périphérique symptomatique pourrait être traitée grâce à un certain nombre d'options incluant la kinésithérapie, l'angioplastie, l'implantation d'endoprothèse et l'intervention chirurgicale de pontage. L'athérectomie est une technique alternative où l'athérome est excisé par une lame coupante rotative.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue était d'analyser les essais contrôlés randomisés comparant l'athérectomie par rapport à tout traitement établi pour la maladie artérielle périphérique afin d'évaluer l'efficacité de l'athérectomie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre des essais du groupe Cochrane sur les maladies vasculaires périphériques a effectué des recherches dans le registre spécialisé (dernière recherche en novembre 2013) et CENTRAL (2013, numéro 10). Les bases de données des essais ont été consultées pour obtenir des détails des études en cours ou non publiées.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant l'athérectomie et d'autres traitements établis ont été sélectionnés pour l'inclusion. Tous les participants présentaient des maladies artérielles périphériques symptomatiques avec une claudication ou une ischémie critique des membres et des preuves de la maladie artérielle des membres inférieurs.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue (AG et CT) ont examiné des études à inclure, extrait les données et évalué la qualité des essais. Les désaccords ont été résolus par discussion.

Résultats principaux: 

Quatre essais ont été inclus, avec un total de 220 participants (118 traités avec l'athérectomie, 102 traités avec l'angioplastie par ballonnet) et 259 vaisseaux traités (129 traités avec l'athérectomie, 130 traités avec l'angioplastie par ballonnet). Toutes les études comparaient l'athérectomie à l'angioplastie. Aucune étude n'était suffisamment puissante ou avec un nombre suffisant de procédures mises en aveugle et il y avait un risque élevé de sélection, d'attrition, de détection et de rapport de biais.

Les risques estimés de réussite étaient similaires entre les traitements de modalité bien que l'intervalle de confiance (IC) soit compatible avec des petits bénéfices dans chaque traitement pour le taux initial de réussite procédurale (risque relatif (RR) de Mantel-Haenszel 0,92, IC à 95 % 0,44 à 1,91, P = 0,82), la perméabilité à 6 mois (Mantel-Haenszel RR 0,92, IC à 95 % 0,51 à 1,66, P = 0,79) et la perméabilité à 12 mois (Mantel-Haenszel RR 1,17, IC à 95 % 0,72 à 1,90, P = 0,53) après la procédure. La réduction de la mortalité toutes causes confondues avec l'athérectomie était probablement due à un nombre élevé inattendu de décès dans le groupe de l'angioplastie par ballonnet dans l'un des deux essais rapportant la mortalité (Mantel-Haenszel RR 0,24, IC à 95 % 0,06 à 0,91, P = 0,04). Les événements cardio-vasculaires n'étaient rapportés dans aucune étude. Après une athérectomie, il y avait une réduction du taux de procédures pour la pose d'endoprothèse (Mantel-Haenszel RR 0,45, IC à 95 % 0,24 à 0,84, P = 0,01) et les pressions de gonflement des ballonnets étaient inférieures après l'athérectomie (différence moyenne de -2,73 mmHg, IC à 95 % -3,48 à -1,98, P < 0,00001). Des complications, telles que l'embolisation et la dissection du vaisseau, étaient rapportées dans deux essais indiquant un taux supérieur d'embolisations dans le groupe de l'athérectomie et un taux supérieur de dissections de vaisseaux dans le groupe de l'angioplastie, mais les données n'ont pas pu être regroupées. Les données limitées disponibles indiquaient qu'il n'y avait aucune preuve probante d'une différence entre le groupe de l'athérectomie et celui de l'angioplastie par ballonnet pour les effets indésirables, tels que la nécessité d'une nouvelle intervention chirurgicale en raison de l'obstruction du vaisseau traité et une amputation au-dessus du genou. La qualité de vie et les critères de jugement symptomatiques et cliniques, tels que la distance de marche ou le soulagement des symptômes, n'étaient pas rapportés dans les études.

Notes de traduction: 
Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.