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Quels sont les effets des médicaments utilisés pour prévenir les fractures chez les hommes ?

Principaux messages

  • On ne sait pas clairement si les médicaments utilisés pour prévenir la perte osseuse (bisphosphonates) réduisent le risque de fracture de la hanche, de la colonne vertébrale ou d’autres os chez les hommes.

  • Ces médicaments ne semblent pas entraîner davantage d’effets indésirables ou de problèmes de santé graves que le traitement fictif (placebo) chez les hommes.

  • D'autres médicaments (les analogues de l'hormone parathyroïdienne [PTH] et de la protéine apparentée à l'hormone parathyroïdienne [PTHrP], le dénosumab et le romosozumab) semblent donner des résultats similaires, mais nous sommes très incertains quant aux effets des analogues de la PTH/PTHrP sur les effets indésirables.

Qu’est-ce que l’ostéoporose et quel est son lien avec les fractures chez les hommes ?

La perte osseuse (ostéoporose) se caractérise par des os qui s'amincissent, deviennent fragiles et se cassent (fractures) facilement. Les fractures surviennent généralement au niveau de la hanche, de la colonne vertébrale et d’autres os. Ces fractures surviennent souvent chez les personnes âgées à la suite d’une chute d’une hauteur équivalente à celle de la personne ou inférieure. De telles fractures peuvent entraîner des douleurs persistantes, une perte d’autonomie, un handicap et même, dans certains cas, le décès. Chez les hommes, l’ostéoporose apparaît généralement plus tardivement et évolue plus lentement que chez les femmes. D'autres facteurs de risque de fractures peuvent également varier entre les hommes et les femmes. C’est notamment le cas pour l’équilibre et la force musculaire, les pathologies associées, les traitements médicamenteux et la direction de la chute.

Les médecins prescrivent souvent des médicaments renforçant la solidité osseuse pour aider à prévenir les fractures causées par des chutes ou des blessures mineures. Parmi les médicaments courants, on trouve les bisphosphonates (acide zolédronique, alendronate, risédronate, ibandronate), les analogues de l’hormone parathyroïdienne (PTH) ou de la protéine apparentée à l’hormone parathyroïdienne (PTHrP), le dénosumab ou le romosozumab. La plupart des recherches sur ces médicaments ont été menées chez les femmes, en particulier après la ménopause. On en sait beaucoup moins sur les effets de ces traitements chez les hommes présentant un risque de fracture.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si ces médicaments réduisaient les fractures de la hanche, de la colonne vertébrale ou d’autres os, et s’ils provoquaient des effets indésirables chez les hommes présentant un risque de fracture.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant, chez les hommes présentant un risque de fracture, les bisphosphonates, les analogues de la PTH/PTHrP, le dénosumab ou le romosozumab, par rapport à un traitement fictif (placebo) ou à d’autres traitements. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 17 études (4 132 participants). L’âge moyen des participants variait de 52 à 73 ans. Deux études ont été menées en Allemagne, quatre aux États-Unis, une en Turquie, une à Taïwan et neuf études étaient multinationales.

Principaux résultats

Par rapport au placebo, sur une période pouvant aller jusqu'à deux ans :

  • 0,1 % de personnes en moins ont subi une fracture de la hanche sous bisphosphonates, mais les données probantes sont très incertaines (4 études, 1 635 personnes) :

    • 0,2 % des personnes ont subi une fracture de la hanche sous bisphosphonates ;

    • 0,3 % des personnes ont subi une fracture de la hanche sous placebo.

  • 0,4 % de personnes en moins ont présenté des fractures vertébrales symptomatiques sous bisphosphonates, mais les données probantes sont très incertaines (5 études, 1 876 personnes) :

    • 0,4 % des personnes ont présenté une fracture vertébrale symptomatique sous bisphosphonates ;

    • 0,8 % des personnes ont présenté une fracture vertébrale symptomatique sous placebo.

  • 0,5 % de personnes en moins ont présenté d’autres fractures (autres que la hanche ou la colonne vertébrale) sous bisphosphonates, mais les données probantes sont très incertaines (6 études, 2 043 personnes) :

    • 1,6 % des personnes ont subi d’autres fractures sous bisphosphonates ;

    • 2,1 % des personnes ont présenté d’autres fractures sous placebo.

Les bisphosphonates n’augmentent probablement pas le risque d’effets indésirables. 4,2 % de personnes supplémentaires ont présenté des effets indésirables sous bisphosphonates par rapport à celles sous placebo (7 études, 2 548 personnes) :

  • 74,6 % des personnes ont présenté des effets indésirables sous bisphosphonates ;

  • 70,4 % des personnes ont présenté des effets indésirables sous placebo.

Les abandons de l’étude en raison d’effets indésirables étaient inférieurs de 1,2 % avec les bisphosphonates par rapport au placebo, mais les données probantes sont très incertaines (7 études, 2 548 personnes) :

  • 2,5 % des participants ont abandonné l’étude en raison d’effets indésirables liés aux bisphosphonates ;

  • 3,7 % des participants ont abandonné l'étude en raison d'effets indésirables liés au placebo.

Les bisphosphonates n’augmentent probablement pas le risque d’effets indésirables graves (6 études, 2 457 personnes). Les événements indésirables graves ont concerné 1,4 % de personnes en moins avec les bisphosphonates qu’avec le placebo.

  • 27,2 % des participants ont présenté des effets indésirables graves sous bisphosphonates ;

  • 28,6 % des participants ont présenté des effets indésirables graves sous placebo.

L'invalidité n'a été évaluée dans aucun essai.

Nous avons obtenu des résultats similaires pour les analogues de la PTH ou de la PTHrP (4 études, 569 personnes), le dénosumab (1 étude, 240 personnes) et le romosozumab (1 étude, 244 personnes) par rapport au placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans l’effet des bisphosphonates sur la prévention des fractures est très faible, car le nombre d’essais était limité ; la durée de suivi était généralement courte (principalement deux ans ou moins) ; et le nombre de personnes ayant subi une fracture était faible dans les deux groupes d’étude.

Notre confiance dans l’effet des bisphosphonates sur les effets indésirables ou les effets indésirables graves est modérée, car il n’était pas clair si toutes les études avaient intégralement signalé chaque événement. Notre confiance dans l’effet des bisphosphonates sur les abandons liés aux effets indésirables est très faible, car dans certaines études, il n’était pas possible de déterminer clairement si les participants avaient abandonné en raison d’effets indésirables ou pour d’autres raisons.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’en octobre 2025.

Objectifs

Déterminer les bénéfices et risques des bisphosphonates, des analogues de l’hormone parathyroïdienne (PTH) ou de la protéine apparentée à la PTH (PTHrP), du dénosumab et du romosozumab dans la prévention des fractures chez les hommes.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE, Embase et deux registres d’essais cliniques (ClinicalTrials.gov et l’ICTRP de l’OMS) jusqu’au 14 octobre 2025, sans restriction quant à la date ou à la langue de publication.

Conclusions des auteurs

Nous sommes très incertains quant aux effets des bisphosphonates, par rapport au placebo, sur l’incidence des fractures de la hanche, des fractures vertébrales symptomatiques ou d’autres fractures (non vertébrales et non de la hanche) chez les hommes, après une durée d’utilisation pouvant aller jusqu’à deux ans. Les bisphosphonates n’augmenteraient probablement pas le risque d’événements indésirables ou d’événements indésirables graves, et nous sommes très incertains concernant le fait qu’ils entraîneraient davantage d’abandons dus à des événements indésirables. Nous avons abaissé le niveau de confiance des données probantes en raison de l’indirectivité, de l’imprécision (faible taux d’événements) et d’un risque sérieux de biais dans la sélection des résultats rapportés, car il n’était pas clair si toutes les études avaient intégralement signalé chaque fracture.

Nous avons obtenu des résultats similaires pour les analogues de l’hormone parathyroïdienne (PTH) ou de la protéine apparentée à la PTH (PTHrP), le dénosumab ou le romosozumab par rapport au placebo.

Des études plus vastes et plus longues, contrôlées par placebo, sont nécessaires pour déterminer si les traitements pharmacologiques sont bénéfiques pour réduire les fractures chez les hommes.

Financement

Cette revue Cochrane n’a bénéficié d’aucun financement spécifique.

Enregistrement

Protocole (2021) : https://doi.org/10.1002/14651858.CD014707

Notes de traduction

Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de Estelle Cournand (bénévole chez Cochrane France) et grâce au financement du Ministère de la Santé. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

Cette revue Cochrane a initialement été rédigée en anglais. L’exactitude de la traduction relève de la responsabilité de l’équipe de traduction qui la réalise. La traduction est réalisée avec soin et suit des processus standards pour garantir un contrôle qualité. Cependant, en cas d'incohérences, de traductions inexactes ou inappropriées, l'original en anglais prévaut.

Citation
Braten LC, Suter C, Johnston RV, Hartzell SA, Järvinen T, Buchbinder R. Pharmacological therapies for the prevention of fractures in men. Cochrane Database of Systematic Reviews 2026, Issue 9. Art. No.: CD014707. DOI: 10.1002/14651858.CD014707.pub2.

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