Principaux messages
L'entraînement physique pourrait contribuer à améliorer les fonctions cardiaques et pulmonaires (capacité cardiorespiratoire) chez les personnes ayant une lésion médullaire jusqu'à 6 semaines après l'arrêt de l'entraînement.
Les effets de l’entraînement physique sont incertains en ce qui concerne la capacité à accomplir les activités quotidiennes, le bien-être, l’humeur et les éventuels effets indésirables.
À l’avenir, les chercheurs devraient se concentrer sur des études de grande taille et bien conçues qui abordent les questions importantes pour les personnes ayant une lésion médullaire.
Qu’est-ce qu’une lésion médullaire ?
La moelle épinière est un faisceau de nerfs et de fibres qui part du cerveau et descend au centre de la colonne vertébrale. Elle transmet des signaux entre le cerveau et les différentes parties du corps. Une lésion médullaire (résultant d’un accident ou d’une affection médicale) perturbe ces signaux. Cela peut entraîner une perte de fonction musculaire ou de mobilité (paralysie), une faiblesse, une perte de sensibilité, ainsi que des troubles des fonctions corporelles de base telles que le contrôle de la vessie et des intestins, la fonction sexuelle et la régulation de la pression artérielle. La localisation exacte de la lésion détermine la partie du corps qui est touchée. Les lésions au niveau du cou peuvent affecter l’ensemble du corps ; celles au niveau du dos peuvent ne concerner que le tronc et les jambes. Les personnes ayant une lésion médullaire éprouvent des difficultés à accomplir les tâches quotidiennes et à se déplacer. Certaines ont besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer et dépendent de l’aide d’autrui pour accomplir leurs tâches quotidiennes.
Qu’est-ce que la capacité cardiorespiratoire ?
La capacité cardiorespiratoire désigne la capacité du cœur, des poumons et des vaisseaux sanguins à fonctionner ensemble pour fournir de l’oxygène à l’organisme lors d’activités physiques. Les bénéfices d’une bonne capacité cardiorespiratoire sur la santé générale, la vie quotidienne, l’humeur et le bien-être sont largement reconnus chez les personnes non handicapées, mais peuvent être difficiles à atteindre chez celles qui ont du mal, voire sont incapables, de bouger leurs membres. Cependant, les personnes ayant une lésion médullaire peuvent elles aussi bénéficier d’une bonne condition cardiovasculaire, ce qui leur permettrait de mener une vie plus active, avec davantage d’autonomie et un meilleur bien-être.
Que voulions-nous savoir ?
Nous avons cherché à savoir si l’entraînement physique (par rapport à l’absence d’entraînement) améliorait la capacité cardiorespiratoire chez les personnes ayant une lésion médullaire. Nous avons également examiné ses effets sur :
la capacité fonctionnelle (la capacité à effectuer des activités quotidiennes, comme pousser un fauteuil roulant ou marcher sur une certaine distance) ;
le bien-être :
l'humeur (dépression et anxiété) ; et
les effets indésirables liés à l’entraînement, tels que le décès, l’hospitalisation, les chutes, les accidents vasculaires cérébraux ou les crises cardiaques, la douleur ou les blessures.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons effectué une recherche d’études comparant l’entraînement physique à l’absence d’entraînement chez des adultes atteints d’une lésion médullaire. La durée de la lésion pouvait être quelconque, et sa cause, quelle qu’elle soit. L'entraînement pouvait être de n’importe quelle durée et de n’importe quelle intensité, mais il devait être planifié, structuré et répétitif, et viser à améliorer la capacité cardiorespiratoire. Il pouvait s’agir de vélo, d’aviron, de marche ou de natation. Il pouvait se dérouler à l’hôpital, en milieu communautaire ou à domicile.
Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes, en fonction de facteurs tels que la conception et la taille des études.
Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié 17 études portant sur un total de 505 personnes. Chaque étude comptait entre 10 et 68 participants, présentant un mélange de lésions au niveau du cou et du dos. L'âge moyen des participants était compris entre 27 et 57 ans, et 71 % d'entre eux étaient des hommes. Douze études ont été menées en Europe ou en Amérique du Nord. Les séances d’entraînement :
portaient uniquement sur les bras ou sur les bras et les jambes ;
consistaient généralement en l’utilisation d’un ergomètre de bras (vélo d’appartement pour les bras), de l’aviron, de la propulsion en fauteuil roulant ou de l’entraînement robotisé à la marche (marche assistée par une machine) ;
avaient lieu deux à cinq fois par semaine ;
duraient entre 6 semaines et 9 mois ; et
duraient entre 30 minutes et 2 heures.
Toutes les études ont examiné les effets de l’entraînement physique jusqu’à six semaines après l’arrêt de l’entraînement (à court terme) et une seule étude a examiné les effets pendant plus de 6 semaines (à long terme).
À court terme, l’entraînement physique pourrait contribuer à améliorer la capacité cardiorespiratoire chez les personnes ayant une lésion médullaire (15 études, 337 participants).
Il n’est pas certain que l’entraînement physique :
améliore la capacité fonctionnelle (3 études, 67 personnes)
améliore le bien-être (2 études, 49 personnes)
réduise la dépression et l’anxiété (1 étude, 23 personnes)
augmente les événements indésirables (4 études, 141 personnes)
Quelles sont les limites des données probantes ?
Notre niveau de confiance dans les données probantes est faible ou très faible pour plusieurs raisons. La plupart des études étaient de petite taille et leur qualité méthodologique était limitée. Par exemple, de nombreuses études n’ont pas présenté l’ensemble des données recueillies, n’ont pas fourni, au début de l’étude, de plan indiquant comment elles comptaient analyser ces données, et n’ont pas conservé la plupart des participants jusqu’à la fin de l’étude. Peu d'études ont évalué les critères de jugement les plus importants pour cette revue.
Ces données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes sont à jour jusqu’au 9 décembre 2025.
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Objectifs
Évaluer les effets à court terme (< 6 semaines) et à long terme (> 6 semaines) (bénéfices et risques) d’un entraînement physique visant à améliorer la CCR, par rapport à l’absence d’intervention, chez les personnes ayant une LM.
Stratégie de recherche documentaire
Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE et trois autres bases de données jusqu’au 9 décembre 2025, ainsi que dans six registres d’essais cliniques. Notre recherche a combiné des termes relatifs à l’affection (lésion médullaire), à l’intervention (entraînement physique) et au plan d’étude (essais contrôlés randomisés et essais croisés randomisés).
Conclusions des auteurs
La principale conclusion de cette revue est que l’entraînement physique pourrait améliorer la capacité cardiorespiratoire chez les personnes ayant une lésion médullaire, mais le niveau de confiance dans les données probantes est faible en raison du risque potentiel de biais dans les études incluses. Les effets de l’entraînement physique sur d’autres critères de jugement d’intérêt dans cette revue sont très incertains. Cela concerne notamment la condition physique fonctionnelle, la qualité de vie, la dépression et l’anxiété, les événements indésirables, la perception de l’effort pendant l’exercice, l’autonomie, les niveaux d’activité physique, la fatigue et la qualité du sommeil. Cette incertitude s’explique principalement par le très faible nombre d'études portant sur ces critères de jugement. Parmi ces études, le risque de biais (évalué par RoB 2) est élevé, et les estimations des effets du traitement combinés sont souvent imprécises en raison du faible nombre de participants. Il est important de noter que les estimations des effets du traitement incluent zéro et ne permettent ni de confirmer ni d'exclure un effet thérapeutique de l'entraînement physique sur l'un quelconque de ces critères de jugement.
Financement
Aucun financement direct n’est à déclarer pour cette revue systématique, bien que le poste de LH soit financé par la SIRA et l’icare (organismes publics de régulation chargés de l’indemnisation et de l’assurance).
Enregistrement
Protocole (2024) DOI : 10.1002/14651858.CD014476
Traduction et Post-édition réalisées par Cochrane France avec le soutien de Guillaume Duboisdindien (bénévole chez Cochrane France) et grâce au financement du Ministère de la Santé et de la Prévention. Une erreur de traduction ou dans le texte original ? Merci d’adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr
Cette revue Cochrane a initialement été rédigée en anglais. L’exactitude de la traduction relève de la responsabilité de l’équipe de traduction qui la réalise. La traduction est réalisée avec soin et suit des processus standards pour garantir un contrôle qualité. Cependant, en cas d'incohérences, de traductions inexactes ou inappropriées, l'original en anglais prévaut.




