Principaux messages
La supplémentation en iode améliore légèrement les capacités de réflexion (fonctions cognitives) et pourrait avoir peu ou pas d’effet sur la croissance (le poids) chez les enfants et les adolescents. Aucune des études n’a fait état d’effets indésirables.
La supplémentation en iode réduit probablement le risque d’une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie), ainsi que le risque de décès chez les nourrissons (mortalité infantile) dans les régions où les taux de mortalité infantile sont élevés. Nous ne sommes pas certains de son effet sur la réduction de l'hypertrophie de la glande thyroïde (goitre).
Les études futures devraient se concentrer sur les régions ou les populations dans lesquelles la carence en iode pourrait poser un problème, et inclure des enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés. Elles devraient examiner l’administration de doses plus élevées d’iode sur des périodes de traitement plus longues et avec des durées de suivi plus étendues.
Qu’est-ce que l’iode et pourquoi est-il important ?
L’iode est un oligo-élément utilisé pour la synthèse des hormones thyroïdiennes, qui sont indispensables au développement normal du corps et du cerveau. Compte tenu de son rôle dans le développement humain, il est particulièrement important que les enfants reçoivent suffisamment d’iode. Une carence en iode chez l’enfant peut entraîner un retard de croissance et de développement du système nerveux central, une déficience intellectuelle, la mortalité infantile et une hypertrophie de la glande thyroïde (goitre).
Les principales sources d’iode dans l’alimentation sont le sel iodé, les fruits de mer, les céréales issues de sols riches en iode et les produits laitiers. La supplémentation en iode peut être administrée sous forme d’iode associé à une huile végétale (huile iodée), injectée dans un muscle en une seule fois ou une fois par an. Elle peut également être administrée sous forme de comprimés, de gélules ou de gouttes d’iodure de potassium, à faible dose, chaque jour ou chaque semaine.
Que voulions-nous savoir ?
Nous souhaitions savoir si la supplémentation en iode permettait de réduire le nombre d’enfants et d’adolescents atteints de troubles liés à une carence en iode par rapport à un placebo (traitement factice). Nous souhaitions également déterminer si la prise d’une supplémentation en iode était associée à des effets indésirables.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons recherché des études comparant la supplémentation en iode à un placebo chez des enfants et des adolescents exposés à un risque de carence en iode. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance des données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.
Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié huit études (2 528 participants) portant sur les effets de la supplémentation préventive en iode chez les enfants et les adolescents. Ces études ont été menées entre 1982 et 2009, principalement dans des zones à faibles revenus en Albanie, au Bangladesh, en Colombie, en Indonésie, au Malawi, en Nouvelle-Zélande et en Tanzanie. Ces études comparaient la supplémentation en iode par voie orale (seule ou associée à du fer dans une étude) par rapport à un placebo.
Supplémentation en iode par rapport à un placebo
La supplémentation en iode entraîne une légère amélioration des capacités intellectuelles (fonctions cognitives) par rapport au placebo (1 étude, 166 participants).
La supplémentation en iode pourrait entraîner peu ou pas de différence sur le poids des enfants par rapport au placebo (3 études, 658 personnes).
La supplémentation en iode entraîne probablement une forte réduction de l’insuffisance de production d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie) par rapport au placebo (1 étude, 264 personnes).
Aucune étude n’a fait état d’effets indésirables liés à l’iode ou à la qualité de vie.
La supplémentation en iode réduit probablement la mortalité toutes causes confondues par rapport au placebo (1 étude, 617 personnes).
Les données probantes sont très incertaines quant à l'effet de la supplémentation en iode sur la réduction du goitre (2 études, 432 personnes). Une étude n’a pas utilisé de méthodes rigoureuses. Nous l’avons exclue de nos analyses et avons constaté que l’iode entraîne probablement une forte réduction du goitre (1 étude, 230 personnes).
Supplémentation en iode et en fer par rapport à un placebo
Les données probantes sont très incertaines concernant l’effet de l’iode associé au fer sur le poids (1 étude, 146 personnes).
Aucune étude n’a rapporté de données sur les fonctions cognitives, l’hypothyroïdie, les effets indésirables, la qualité de vie, la mortalité toutes causes confondues ou le goitre.
Quelles sont les limites des données probantes ?
Notre niveau de confiance dans les données probantes allait d'un niveau élevé à un niveau très faible. Dans les cas où notre niveau de confiance était limité, cela s’expliquait par le fait que :
il est possible que les participants aux études aient su quel traitement ils recevaient ;
les études ont été menées auprès de populations différentes ;
le nombre d’études est insuffisant pour tirer des conclusions définitives.
Ces données probantes sont-elles à jour ?
Les données probantes ont été actualisées en mai 2025.
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Objectifs
Évaluer les bénéfices et risques de la supplémentation en iode pour prévenir la carence en iode chez les enfants et les adolescents.
Stratégie de recherche documentaire
Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE, huit autres bases de données et deux registres d’essais jusqu’au 8 mai 2025. Nous avons également examiné les références bibliographiques des études identifiées.
Conclusions des auteurs
La supplémentation en iode, aux doses et pendant les périodes de suivi évaluées dans les essais contrôlés randomisés publiés, entraîne une légère amélioration des fonctions cognitives et pourrait avoir peu ou pas d’effet sur la croissance. Elle réduit probablement l’hypothyroïdie et le risque de décès chez les nourrissons, mais les données probantes sont très incertaines quant à son effet sur la réduction du goitre.
Les études futures devraient se concentrer sur les régions ou les populations où la carence en iode pourrait constituer un problème, et inclure des enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés. Elles devraient évaluer des doses plus élevées d’iode administrées pendant des périodes de traitement et de suivi plus longues.
Financement
Cette revue Cochrane n’a bénéficié d’aucun financement spécifique.
Enregistrement
Protocole (2023). DOI: 10.1002/14651858.CD014475.
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