La douleur temporaire dans les extrémités inférieures à la suite d'une rachianesthésie avec de la lidocaïne comparée aux autres anesthésiques locaux.

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La lidocaïne est le médicament de choix pour induire une rachianesthésie en chirurgie ambulatoire en raison de son délai d'action rapide, de son blocage nerveux intense, et de sa courte durée d'action. Les effets secondaires possibles de la rachianesthésie chez les adultes, qui se développent après la récupération, sont la lombalgie, les céphalées après ponction durale, et les symptômes neurologiques transitoires qui sont caractérisés par une douleur légère à aiguë dans les fesses et les jambes. Les symptômes SNT se développent en quelques heures et jusqu'à 24 heures après l'anesthésie. Ils persistent, dans la plupart des cas, jusqu'à deux jours. La présente revue montre que la lidocaïne est plus susceptible de causer des symptômes neurologiques transitoires que la bupivacaïne, la prilocaïne et la procaïne. Cependant, ces médicaments produisent des effets anesthésiques locaux prolongés et ne sont donc pas souhaitables pour les patients ambulatoires. Il est possible que la réintroduction de la 2-chloroprocaïne résolve cette absence d'anesthésique local par voie intrathécale adapté ; des études de confirmation sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Le risque de développer des SNT après la rachianesthésie avec de la lidocaïne était significativement plus élevé que lorsque de la bupivacaïne, de la prilocaïne, ou de la procaïne étaient utilisées. L'expression « symptômes neurologiques transitoires » implique une pathologie neurologique. À défaut d'identification de la pathogénèse du SNT, il conviendrait d'envisager de choisir un terme descriptif neutre qui n'implique pas de causalité particulière. Une étude sur l'impact des SNT sur la satisfaction des patients et les déficiences fonctionnelles a démontré que les patients sans SNT étaient davantage satisfaits et présentaient moins de déficiences fonctionnelles après l'intervention chirurgicale que les patients avec un SNT, mais cela n'a pas eu d'influence sur leur volonté de recommander la rachianesthésie.

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Contexte: 

La rachianesthésie est en usage depuis 1898. Au cours de la dernière décennie, il y a eu une augmentation du nombre de rapports impliquant la lidocaïne comme cause possible des complications neurologiques temporaires et permanentes après une rachianesthésie. Le suivi des patients qui ont reçu une rachianesthésie non compliquée a révélé que certains d'entre eux ont développé une douleur dans les extrémités inférieures après une récupération initiale complète. Cet état douloureux qui se produit au cours de la période postopératoire immédiate a été nommé « symptômes neurologiques transitoires » (SNT).

Objectifs: 

Étudier la fréquence des SNT et des complications neurologiques après une rachianesthésie avec de la lidocaïne comparée aux autres anesthésiques locaux.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library, numéro 4, 2008) ; MEDLINE (de 1966 à août 2008) ; EMBASE (de 1980 à la semaine 35 de 2008) ; LILACS (août 2008) ; et nous avons effectué une recherche manuelle dans les bibliographies des essais et des articles de revue.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus toutes les études randomisées et quasi-randomisées comparant la fréquence des SNT et des complications neurologiques après une rachianesthésie avec de la lidocaïne par rapport aux autres anesthésiques locaux.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité des études pertinentes et extrait les données à partir des études incluses de façon indépendante.

Résultats principaux: 

Seize essais portant sur 1 467 patients, parmi lesquels 125 ont développé des SNT, ont été inclus dans l'analyse. L'utilisation de la lidocaïne pour la rachianesthésie a augmenté le risque de développer des SNT. Il n'existe aucune preuve que cet état douloureux était associé à une quelconque pathologie neurologique ; les symptômes disparaissaient spontanément au cinquième jour après l'intervention chirurgicale. Le risque relatif (RR) de développer un SNT après la rachianesthésie avec de la lidocaïne comparée aux autres anesthésiques locaux (bupivacaïne, prilocaïne, procaïne, lévobupivacaïne, ropivacaïne et 2-chloroprocaïne) était de 7,31 (intervalle de confiance (IC) à 95 % 4,16 à 12,86). La mépivacaïne s'est révélée donner des résultats semblables à ceux de la lidocaïne et a donc été omise de la comparaison globale afin de diminuer l'hétérogénéité.

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