Les interventions de sevrage tabagique débutées pendant l'hospitalisation aident-elles les personnes à arrêter de fumer ?

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Le tabagisme entraîne de nombreux problèmes de santé, notamment des cancers et des maladies cardiovasculaires et pulmonaires. Le tabagisme augmente également les risques en cas d'hospitalisation chirurgicale. Les patients hospitalisés pour des maladies liées au tabagisme sont susceptibles d'être plus réceptifs aux interventions de sevrage tabagique proposées. Notre revue d'essais a observé l'efficacité des programmes de sevrage tabagique débutés pendant un séjour à l'hôpital et comprenant un soutien de suivi d'au moins un mois après la sortie d'hôpital. De tels programmes sont efficaces lorsqu'ils sont administrés à tous les fumeurs hospitalisés, quel que soit le diagnostic d'admission, et au sous-groupe de fumeurs qui sont admis à l'hôpital avec une maladie cardiovasculaire.

Conclusions des auteurs: 

Les interventions comportementales de haute intensité qui débutent pendant l'hospitalisation et incluent au moins un mois de contacts de soutien après la sortie d'hôpital facilitent le sevrage tabagique chez les patients hospitalisés. Ces interventions sont efficaces quel que soit le diagnostic d'admission du patient. L'efficacité des interventions de plus faible intensité ou de plus courte durée dans ce cadre n'a pas été démontrée. Il n'existe pas suffisamment de preuves directes pour conclure que l'association du TNS ou de bupropion à des séances de conseils intensifs augmenterait les taux de sevrage par rapport aux séances de conseils seules. En revanche, les preuves du bénéfice du TNS ont été renforcées dans cette mise à jour et les estimations ponctuelles sont compatibles avec les recherches effectuées dans d'autres environnements montrant l'efficacité du TNS et du bupropion.

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Contexte: 

Une admission à l'hôpital peut être une opportunité pour aider les personnes à arrêter de fumer. Ce moment de vulnérabilité perçue rend les patients plus réceptifs aux aides, et leur procure un environnement plus propice au sevrage tabagique dans lequel l'usage du tabac est restreint ou interdit. La mise en place de services de sevrage tabagique pendant l'hospitalisation peut aider davantage de personnes à arrêter de fumer de façon durable.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité des interventions de sevrage tabagique mises en place pour les patients hospitalisés.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre du groupe Cochrane sur le tabagisme qui comprend des articles identifiés de CENTRAL, MEDLINE, EMBASE et PSYCINFO de janvier 2007, et CINAHL d'août 2006 pour les études d'interventions sur le sevrage tabagique pour les patients hospitalisés, en utilisant des termes comme Hôpital et patient, hospitalisé ou patient entrant ou admission ou admis.

Critères de sélection: 

Des essais randomisés et quasi-randomisés sur les interventions comportementales, pharmacologiques ou à composantes multiples pour aider les patients à arrêter de fumer, menées sur des patients hospitalisés fumeurs ou ayant arrêté depuis peu (plus d'un mois avant l'admission à l'hôpital). L'intervention doit débuter à l'hôpital mais peut se poursuivre après la sortie. Nous avons exclu les études portant sur des patients admis pour troubles psychiatriques ou consommation abusive de drogue, les études qui ne faisaient pas état des taux d'abstinence et celles avec un suivi de moins de six mois.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont extrait les données de manière indépendante pour chaque article, les désaccords étant résolus par consensus.

Résultats principaux: 

Trente-trois essais répondaient aux critères d'inclusion. Les interventions de conseils intensifs débutées pendant l'hospitalisation et poursuivies avec des contacts de soutien pendant au moins un mois après la sortie d'hôpital ont ont augmenté les taux de sevrage après la sortie d’hôpital (rapport des cotes (OR) 1,65, intervalle de confiance (IC) à 95 % 1,44 à 1,90 ; 17 essais). Aucun bénéfice statistiquement significatif n'a été observé pour les interventions de conseils moins intensifs. La seule étude ayant testé une intervention unique brève (<=15 minutes) à l'hôpital n'a pas trouvé cette méthode efficace (OR 1,16, IC à 95 % 0,80 à 1,67). La mise en place de séances de conseils sur une plus longue durée pendant l'hospitalisation n'a pas entraîné d'augmentation du taux de sevrage (OR 1,08, IC à 95 % 0,89 to 1,29, huit essais). Même les séances de conseils débutées à l'hôpital, mais avec des contacts de soutien sur moins d'un mois après la sortie d'hôpital n'ont pas montré de bénéfice significatif (OR 1,09, IC à 95 % 0,91 à 1,31, six essais). Le recours à une thérapie de substitution nicotinique (TSN) n'a pas apporté d'augmentation statistiquement significative du sevrage par rapport aux résultats obtenus grâce aux séances de conseils seules (OR 1,47, IC à 95 % 0,92 à 2,35, cinq études). La seule étude ayant testé l'effet du bupropion en plus des séances de conseils intensifs a révélé un effet similaire non significatif (OR 1,56, IC à 95 % 0,79 à 3,06). Un profil de résultats similaire a été observé chez les fumeurs admis à l'hôpital pour cause de maladie cardiovasculaire (MCV). Dans ce sous-groupe, l'intervention intensive avec soutien de suivi a augmenté les chances de sevrage tabagique (OR 1,81, IC à 95 % 1,54 à 2,15, 11 essais), contrairement aux interventions moins intensives. Un essai portant sur l'intervention intensive comprenant des séances de conseils et une pharmacothérapie pour les fumeurs admis avec une MCV a évalué les critères cliniques ou de soins, et a révélé une diminution significative de la mortalité toutes causes et des taux de réadmission sur une période de suivi de deux ans.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.