L'ibuprofène par voie orale dans le traitement aigu des céphalées de tension épisodiques chez les adultes

Les céphalées de tension épisodiques sont considérées fréquentes lorsqu'elles surviennent entre une et 14 fois par mois. Cette affection entraîne d'importantes incapacités, et empêche les personnes atteintes de se concentrer et de travailler correctement. La douleur des céphalées disparaît habituellement avec le temps.

L'ibuprofène est un analgésique couramment utilisé disponible sans ordonnance dans la plupart des régions du monde. La dose habituelle est de 400 mg pris oralement.

Nous avons effectué des recherches dans la littérature en janvier 2015 et avons trouvé 12 études portant sur 3 094 participants. Parmi ceux-ci, environ 1 800 ont été inclus dans la comparaison entre l'ibuprofène 400 mg et le placebo. D'autres comparaisons portaient sur de plus faibles doses ou différents types d'ibuprofène, ou encore d'autres médicaments actifs.

Le critère d'évaluation préféré par l'International Headache Society (IHS) est l'absence de douleur après deux heures. Ce résultat a été rapporté par 23 personnes parmi 100 ayant pris de l'ibuprofène 400 mg, et par 16 personnes parmi 100 ayant reçu le placebo. Le résultat était statistiquement significatif, mais seulement 7 personnes (23 moins 16) sur 100 ont bénéficié spécifiquement de l'ibuprofène 400 mg.

L'IHS suggère également plusieurs autres critères, mais ceux-ci n'étaient généralement pas consignés de manière suffisamment cohérente pour pouvoir être utilisés. Un résultat apprécié des personnes souffrant de douleur est que celle-ci ne dépasse pas une intensité légère, mais ce critère n'a été rapporté par aucune étude.

Environ 4 personnes sur 100 ayant pris de l'ibuprofène 400 mg présentaient un événement indésirable, tout comme avec le placebo. Aucun événement indésirable grave n'a été signalé.

Des interrogations persistent concernant la façon de mener des études sur ce type de céphalées. Ces questions concernent le type de personnes choisies pour les études, et les résultats rapportés. Cela limite l'utilité des résultats, surtout pour les personnes souffrant juste de céphalées occasionnelles.

Conclusions des auteurs: 

Ibuprofène 400 mg fournit un bénéfice important en termes d'absence de douleur à 2 heures pour un petit nombre de personnes souffrant de céphalées de tension épisodiques fréquentes présentant un épisode aigu avec une douleur initiale modérée ou sévère. Aucune information n'est disponible sur le bénéfice inférieur d'une douleur d'intensité légère au plus à 2 heures.

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Contexte: 

Les céphalées de tension touchent environ une personne sur cinq dans le monde. Elles peuvent être de type épisodique non fréquent (moins d'une fois par mois), épisodique fréquent (1 à 14 fois par mois) ou chronique (15 fois par mois ou plus). L'ibuprofène est l'un des nombreux analgésiques proposés pour le traitement aigu de la douleur dans les céphalées de tension épisodiques fréquentes.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de l'ibuprofène par voie orale dans le traitement des céphalées de tension épisodiques aiguës chez l'adulte.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons interrogé CENTRAL (Bibliothèque Cochrane), MEDLINE, EMBASE et notre propre base de données interne jusqu'en janvier 2015. Nous avons recherché des études non publiées auprès de nos contacts personnels et en consultant des registres d'essais cliniques en ligne et des sites Web de fabricants.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les études randomisées contrôlées contre placebo (en groupes parallèles ou en cross-over) utilisant l'ibuprofène par voie orale pour le soulagement symptomatique d'un épisode aigu de céphalée de tension. Les études devaient être prospectives et comprendre au moins 10 participants par groupe de traitement.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont, de façon indépendante, évalué les études à inclure et extrait les données. Le nombre de participants présentant chaque résultat a été utilisé pour calculer le risque relatif (RR) et le nombre de patients à traiter pour un résultat bénéfique supplémentaire (NNT) ou le nombre de patients à traiter pour un résultat dommageable supplémentaire (NNN) de l'ibuprofène par voie orale par rapport au placebo pour plusieurs critères de jugement, principalement ceux recommandés par l'International Headache Society (IHS).

Résultats principaux: 

Nous avons inclus dans la revue 12 études portant toutes sur des participants adultes souffrant de céphalées de tension épisodiques fréquentes. Neuf d'entre elles utilisent les critères diagnostiques de l'IHS, mais deux utilisent la classification plus ancienne de la commission ad hoc, tandis que la dernière étude ne décrit pas les critères de diagnostic, mais avait exclu les participants souffrant de migraines. Alors que 3 094 personnes souffrant de céphalées de tension ont participé à ces études, les nombres disponibles pour toute forme d'analyse étaient inférieurs à cela ; le placebo a été reçu par 733 personnes, l'ibuprofène standard 200 mg par 127 personnes, l'ibuprofène standard 400 mg par 892 personnes et l'ibuprofène à action rapide 400 mg par 230 personnes. Les participants souffraient de douleur modérée ou sévère au début du traitement. Le reste des participants ont soit été inclus dans des études ne rapportant pas de résultats pouvant être inclus dans notre analyse, ou ont reçu l'un de plusieurs comparateurs actifs dans des études individuelles.

Pour le critère d'évaluation préféré de l'IHS, l'absence de douleur à 2 heures, le NNT pour l'ibuprofène 400 mg (toutes formulations) par rapport au placebo était de 14 (intervalle de confiance (IC) à 95 % de 8,4 à 47) dans quatre études, sans différence significative par rapport au placebo à 1 heure (preuves de qualité modérée). Le NNT était de 5,9 (4,2 à 9,5) pour une évaluation globale notée « très bien » ou « excellent » dans trois études (preuves de qualité modérée). Aucune étude n'a rapporté le nombre de participants dont la douleur était au plus d'intensité légère à 1 ou à 2 heures. Le recours aux médicaments de secours était moins fréquent avec l'ibuprofène 400 mg que le placebo, avec un nombre nécessaire à traiter pour prévenir un événement (NNTP) de 8,9 (5,6 à 21) dans deux études (preuves de faible qualité).

Les effets indésirables ne différaient pas entre l'ibuprofène 400 mg et le placebo ; RR 1,1 (0,64 à 1,7) (preuves de qualité élevée). Aucun effet indésirable grave n'avait été signalé.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.