Traitement d’entretien avec des médicaments antipsychotiques de la schizophrénie

Les médicaments antipsychotiques sont la base du traitement de la schizophrénie. Le rapport actuel présente la première revue systématique comparant les effets de tous les médicaments antipsychotiques par rapport au placebo pour le traitement d’entretien, à savoir la prévention des rechutes après la phase aiguë. Les essais contrôlés randomisés (ECR) depuis les années 1950 ont toujours montré que les médicaments antipsychotiques réduisent efficacement les rechutes et la nécessité de l'hospitalisation. Inversement, ils sont, en tant que groupe, associés à un certain nombre d'effets secondaires tels que des mouvements anormaux, une prise de poids et une sédation.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats démontrent nettement la supériorité des médicaments antipsychotiques comparés au placebo dans la prévention des rechutes. Cet effet doit être évalué par rapport aux effets secondaires des médicaments antipsychotiques. Les futures études devraient se consacrer aux critères de jugement de la participation sociale et clarifier la morbidité et la mortalité à long terme associées à ces médicaments.

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Contexte: 

Les symptômes et les signes de la schizophrénie ont été formellement liés à des niveaux élevés de dopamine dans des régions spécifiques du cerveau (système limbique). Les médicaments antipsychotiques bloquent la transmission de dopamine dans le cerveau et réduisent les symptômes aigus du trouble. Cette revue a examiné des médicaments antipsychotiques afin de déterminer s'ils sont également efficaces pour la prévention des rechutes.

Objectifs: 

Évaluer les effets du maintien des médicaments antipsychotiques pour les personnes atteintes de schizophrénie comparé au retrait de ces agents.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la schizophrénie (novembre 2008), ainsi que des recherches supplémentaires dans MEDLINE, EMBASE et clinicaltrials.gov (juin 2011).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus tous les essais randomisés comparant le traitement d’entretien à des médicaments antipsychotiques et au placebo chez des personnes atteintes de schizophrénie ou de psychose de type schizophrénique.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données de manière indépendante. Pour les variables dichotomiques, nous avons calculé les risques relatifs (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % en intention de traiter en fonction d'un modèle à effets aléatoires. Pour les variables continues, nous avons calculé les différences moyennes (DM) ou les différences moyennes standardisées (DMS), là aussi en fonction d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

La revue inclut actuellement 65 essais contrôlés randomisés (ECR) et 6 493 participants comparant les médicaments antipsychotiques au placebo. Les essais ont été publiés de 1959 à 2011 et leur taille variait entre 14 et 420 participants. Dans de nombreuses études, les méthodes de randomisation, d'assignation et de mise en aveugle étaient mal rapportées. Bien que cette source de biais et d'autres sources de biais potentielles aient limité la qualité globale, l'efficacité des médicaments antipsychotiques pour le traitement d’entretien dans la schizophrénie était claire. Les médicaments antipsychotiques étaient significativement plus efficaces que le placebo pour prévenir les rechutes à 7 à 12 mois (principal critère de jugement ; médicament 27 %, placebo 64 %, 24 ECR, n = 2 669 ; RR 0,40 IC 0,33 à 0,49, nombre de sujets à traiter pour observer un effet bénéfique du traitement (NNTB 3 IC 2 à 3). L'hospitalisation avait aussi été réduite, toutefois, le risque de base était inférieur (médicament 10 %, placebo 26 %, 16 ECR, n = 2 090, RR 0,38 IC 0,27 à 0,55 ; nombre de sujets nécessaires à traiter (NST) 5 IC 4 à 9). Davantage de participants dans le groupe sous placebo que dans le groupe recevant des médicaments antipsychotiques s'étaient retirés des études prématurément pour une raison quelconque (à 7 à 12 mois : médicament 38 %, placebo 66 %, 18 ECR, n = 2 420, RR 0,55 IC 0,46 à 0,66, nombre de sujets à traiter pour observer un effet bénéfique du traitement (NNTB) 4 IC 3 à 5) et du fait de l'inefficacité du traitement (à 7 à 12 mois : médicament 20 %, placebo 50 %, 18 ECR, n = 2 420, RR 0,36 IC 0,28 à 0,45, nombre de sujets à traiter pour observer un effet bénéfique du traitement (NNTB) 3 IC 2 à 4). La qualité de vie était meilleure chez les participants traités avec les médicaments (3 ECR, n = 527, DMS -0,62 IC -1,15 à -0,09). Inversement, les médicaments antipsychotiques en tant que groupe et indépendamment de la durée, étaient associés à un nombre plus élevé de participants présentant des mouvements anormaux (par ex. au moins un mouvement anormal : médicament 16 %, placebo 9 %, 22 ECR, n = 3 411, RR 1,55 IC 1,25 à 1,93, NNTH 25 IC 13 à 100), une sédation (médicament 13 %, placebo 9 %, 10 ECR, n = 146, RR 1,50 IC 1,22 à 1,84, nombre de sujets à traiter pour observer un effet indésirable du traitement (NNTH) non significatif) et une prise de poids (médicament 10 %, placebo 6 %, 10 ECR, n = 321, RR 2,07 IC 1,31 à 3,25, NNTH 20 IC 14 à 33). Les résultats du principal critère de jugement étaient fiables dans un certain nombre d'analyses de sous-groupes, des méta-régressions et de sensibilité, la principale exception étant que la différence médicament-placebo dans les essais de plus longue durée était plus petite que dans les essais de plus courte durée.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.