Est-ce que la modification de l'absorption alimentaire de sels contribue à prévenir et à traiter la maladie rénale diabétique ?

Il semblerait que notre consommation actuelle de sels est un des facteurs principaux qui contribuent à augmenter la pression artérielle (PA), et ce, même si les niveaux de la PA sont normaux ou élevés. Le diabète augmente encore plus la possibilité de développer une PA élevée, ce qui augmente le risque d'AVC et de crises cardiaques et accélère l'évolution de la maladie rénale diabétique. Cette revue a trouvé 13 études comprenant 254 patients atteints du diabète de type 1 et de type 2. La réduction de l'absorption de sel de 8,5 g/jour a diminué la PA de 7/3 mm Hg. La recommandation de la santé publique est de réduire l'absorption alimentaire de sels à un niveau inférieur à 5-6 g/jour ; de plus, les individus atteints de diabète se bénéficieraient de la réduction de sels dans leur régime à ce niveau.

Conclusions des auteurs: 

Bien que les études ne soient pas exhaustives, cette méta-analyse a détecté une chute importante de la PA avec la restriction du sel, similaire à celle de la monothérapie.Toutes les personnes atteintes de diabète doivent envisager la réduction de l'absorption de sel à au moins un niveau inférieur à 5-6 g/jour pour maintenir les recommandations actuelles pour la population générale et envisager également la réduction de l'absorption de sel à des niveaux plus bas, bien que des études additionnelles soient nécessaires.

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Contexte: 

Il semblerait que notre consommation actuelle de sels est un des facteurs principaux qui contribuent à augmenter la pression artérielle (PA) ; une réduction modérée de l'absorption de sel baisse la PA, et ce, même si les niveaux de la PA sont normaux ou élevés. Un strict contrôle de la PA chez les diabétiques réduit les risques d'AVC, de crises cardiaques et d'insuffisance cardiaque et ralentit l'évolution de la maladie rénale diabétique (MRD). Actuellement, il n'y a pas de consensus sur la restriction de l'absorption de sel chez les patients diabétiques.

Objectifs: 

Évaluer l'effet d'une absorption de sel modifiée sur la PA et les indicateurs de la maladie cardio-vasculaire et de la MRD.

La stratégie de recherche documentaire: 

En janvier 2010, le registre spécialisé de Cochrane Renal Group, CENTRAL (dans la bibliothèque Cochrane), MEDLINE (depuis 1966) et EMBASE (depuis 1980) ont été consultés pour identifier des articles appropriés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés portant sur la réduction de sels chez des individus atteints du diabète de type 1 et 2 ont été inclus.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont indépendamment évalué les études et solutionné les différences par l'intermédiaire d'une discussion avec un troisième auteur indépendant. L'envergure moyenne de l'effet a été calculée en utilisant les modèles à effets fixes et à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Treize études (254 individus) étaient conformes à nos critères d'inclusion. Elles comprenaient 75 individus atteints du diabète de type 1 et 158 individus atteints du diabète de type 2. La réduction moyenne du sodium dans l'urine était de 203 mmol/24 h (11,9 g/jour) pour le diabète de type 1 et de 125 mmol/24 h (7,3 g/jour) pour le diabète de type 2. La durée moyenne de la restriction de sel était d'une semaine pour les diabètes de type 1 et 2. La PA se réduisit pour les diabètes de type 1 et 2. Pour ce qui est du diabète de type 1 (56 individus), la restriction de sel a réduit la PA de -7,11/-3,13 mm Hg (systolique/diastolique) ; IC à 95% : PA systolique (PAS) -9,13 à -5,10 ; PA diastolique (PAD) -4,28 à -1,98. Pour ce qui est du diabète de type 2 (56 individus), la restriction de sel a réduit la PA de -6,90/-2,87 mm Hg (IC à 95% : PAS de -9,84 à -3,95 ; PAD de -4,39 à -1,35. Une réduction plus considérable de la PA a été relevée chez les patients normotendus, possiblement à cause de la diminution plus importante de l'absorption de sel dans ce groupe.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.