Programmes d'interventions développementales précoces dans la prévention de troubles moteurs et cognitifs chez les nourrissons prématurés après leur sortie d'hôpital

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Les nourrissons prématurés (bébés nés avant un délai de 37 semaines) sont exposés à des risques de problèmes développementaux, notamment des problèmes liés au développement cognitif et moteur. Le développement cognitif se réfère à la capacité de réflexion et d'apprentissage et le développement moteur se réfère à la manière dont l'enfant bouge, comme s'asseoir, ramper et marcher. Les interventions développementales précoces visent à réduire ces problèmes cognitifs et moteurs ; toutefois, les avantages de ces programmes ne sont pas clairement établis. Une revue composée de 22 essais permet de promouvoir les programmes d'interventions développementales précoces chez les nourrissons prématurés après leur sortie d'hôpital afin d'améliorer leur développement cognitif à court et moyen terme (jusqu'à l'âge préscolaire). Il existe des preuves selon lesquelles les interventions développementales précoces améliorent les résultats moteurs pendant la petite enfance ; toutefois, leurs effets restent minimes. Il existe peu de preuves concernant leurs effets sur les résultats cognitifs et moteurs à long terme (jusqu'à l'âge scolaire). Les programmes d'interventions développementales précoces figurant dans cette revue devaient débuter au cours des 12 premiers mois de la vie, privilégier la relation parent/nourrisson et/ou le développement du nourrisson et, alors qu'ils pouvaient débuter lors de l'hospitalisation du bébé, ils devaient disposer d'un composant fourni après la sortie d'hôpital. Les programmes inclus dans cette revue sont différents en termes de contenu, de fréquence et d'objectif de l'intervention. La variabilité de ces programmes limite les conclusions pouvant être émises concernant l'efficacité des interventions développementales précoces.

Conclusions des auteurs: 

Les programmes d'interventions précoces destinés aux nourrissons prématurés avaient une influence positive sur les résultats cognitifs et moteurs pendant l'enfance, leurs avantages cognitifs perdurant jusqu'à l'âge préscolaire. Il existe une hétérogénéité flagrante entre les études en raison de la variété des programmes d'interventions développementales précoces testés et les âges gestationnels des nourrissons prématurés inclus, limitant ainsi les comparaisons entre les programmes d'interventions. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer les interventions développementales précoces les plus efficaces à améliorer les résultats cognitifs et moteurs, ainsi que les effets à plus long terme de ces programmes.

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Contexte: 

Les nourrissons prématurés risquent davantage de développer des troubles cognitifs et moteurs par rapport aux nourrissons nés à terme. Les interventions développementales précoces sont utilisées en milieu clinique en vue d'améliorer les résultats fonctionnels globaux chez ces nourrissons. Toutefois, les avantages à long terme de ces programmes restent à définir.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des interventions développementales précoces, réalisées chez des nourrissons prématurés (< 37 semaines) après leur sortie d'hôpital, sur leur développement moteur ou cognitif.

La stratégie de recherche documentaire: 

La stratégie de recherche du groupe thématique Cochrane sur la néonatologie a été utilisée pour identifier des essais contrôlés randomisés et quasi randomisés concernant des interventions développementales précoces réalisées suite à la sortie d'hôpital. Deux auteurs de la revue ont indépendamment effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, The Cochrane Library), MEDLINE Advanced, CINAHL, PsycINFO et EMBASE (de 1966 à octobre 2012).

Critères de sélection: 

Les études incluses devaient être des essais contrôlés randomisés ou quasi randomisés concernant des programmes d'interventions développementales précoces ayant débuté au cours des 12 premiers mois de la vie de nourrissons nés à < 37 semaines sans aucune malformation congénitale majeure. L'intervention pouvait commencer à l'hôpital ; toutefois, un composant fourni à la sortie d'hôpital devait être inclus dans cette revue. Les critères de jugement n'étaient pas pré-spécifiées, mais devaient évaluer les capacités cognitives et/ou motrices. Les taux de paralysie cérébrale étaient également documentés.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait et saisi des données. Les résultats cognitifs et moteurs étaient regroupés en quatre groupes d'âges : enfance (de zéro à < trois ans), âge préscolaire (de trois à < cinq ans), âge scolaire (de cinq à 17 ans) et âge adulte (≥ 18 ans). Une méta-analyse a été réalisée à l'aide de RevMan 5.1 afin de déterminer les effets des interventions développementales précoces dans chaque groupe d'âge. Une analyse en sous-groupe a été réalisée concernant l'âge gestationnel, le poids de naissance, les lésions cérébrales, le début et l'objectif de l'intervention.

Résultats principaux: 

Vingt-et-une études ont répondu aux critères d'inclusion (3 133 patients randomisés). Seules 10 d'entre elles étaient des ECR dont les assignations secrètes étaient correctement effectuées. L'objectif et l'intensité de l'intervention, les caractéristiques du sujet et la longueur du suivi étaient variables. La méta-analyse a conclu qu'une intervention améliorait les résultats cognitifs à l'enfance (quotient développemental (QD) : différence moyenne standardisée (DMS) 0,31 écarts-types (ET) ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,13 à 0,50 ; P < 0,001 ; 13 études ; 2 147 patients) et à l'âge préscolaire (quotient intellectuel (QI) ; DMS 0,45 ET ; IC à 95 % 0,34 à 0,57 ; P < 0,001 ; six études ; 1 276 patients). Toutefois, ces effets n'ont pas perduré à l'âge scolaire (QI : DMS 0,25 ET ; IC à 95 % - 0,10 à 0,61 ; P = 0,16 ; cinq études ; 1 242 patients). Il y avait une hétérogénéité significative entre les études examinant les résultats cognitifs à l'enfance et à l'âge scolaire. Quant aux résultats moteurs, une méta-analyse composée de 10 études montrait des effets significatifs en faveur des interventions développementales précoces ; toutefois, ces effets étaient minimes (quotient développemental (QD) sur une échelle évaluant la motricité : DMS 0,10 ET ; IC à 95 % 0,00 à 0,19 ; P = 0,04 ; 10 études ; 1 745 patients). Il n'y avait aucun effet sur le taux de paralysie cérébrale chez les survivants ; risque relatif (RR) 0,89 ; IC à 95 % 0,55 à 1,44 ; cinq études ; 737 patients). Il y avait peu de preuves montrant des effets positifs sur les résultats moteurs à long terme, avec seulement cinq études, parmi celles incluses, signalant des résultats à l'âge préscolaire ou scolaire.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.