Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pour prévenir la migraine ou les céphalées de tension

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La migraine et les céphalées de tension sont courantes et peuvent significativement porter atteinte à la fonction sociale, aux activités quotidiennes et au travail. Les personnes souffrant de céphalées très fréquentes ou graves peuvent tirer parti d'un traitement médicamenteux préventif. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) bloquent le passage de la sérotonine, un neurotransmetteur, dans les cellules du cerveau. Ils sont généralement utilisés pour traiter la dépression. À la suite de recherches suggérant que la sérotonine pourrait jouer un rôle dans la genèse de la céphalée, les ISRS ont également été testés pour leurs bénéfices potentiels pour prévenir les maux de tête. Cette revue a identifié 13 essais (636 patients) durant 2 à 3 mois. Les essais étaient de petite taille et seuls quelques uns étaient de bonne qualité. Les résultats suggèrent que les ISRS ne sont pas plus efficaces que le placebo (pilule de sucre) pour prévenir la migraine ou les céphalées de tension. Par rapport à d'autres traitements actifs, plus précisément les antidépresseurs tricycliques, les ISRS n'étaient pas supérieurs contre la migraine et étaient moins efficaces contre les céphalées de tension. Les effets au-delà de 3 mois sont inconnus. Les effets indésirables mineurs n'étaient pas plus fréquents avec les ISRS qu'avec le placebo et étaient moins communs avec les ISRS qu'avec les tricycliques. Le nombre de personnes ayant arrêté de prendre des tricycliques et des ISRS en raison des effets indésirables était pratiquement le même.

Conclusions des auteurs: 

Après 2 mois de traitement, les ISRS ne sont pas plus efficaces que le placebo chez les patients atteints de migraine. Chez les patients atteints de CT chronique, les ISRS sont moins efficaces que les antidépresseurs tricycliques. Par rapport aux ISRS, le fardeau des événements indésirables chez les patients prenant des tricycliques était plus grand. Ces résultats se fondent sur des essais à court terme et ne sont peut-être pas généralisables à un traitement à plus long terme.

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Contexte: 

La céphalée est un problème médical courant. Les récentes découvertes sur le rôle de la sérotonine dans les mécanismes de la douleur ont donné lieu à l'évaluation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pour la prévention de la migraine et des céphalées de tension (CT).

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la tolérance des ISRS pour prévenir la migraine et les CT.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté MEDLINE (de 1966 à janvier 2004), EMBASE (de 1994 à mai 2003), le registre Cochrane des essais contrôlés (numéro 4, 2003) et les références bibliographiques des articles identifiés. Nous avons effectué une recherche manuelle dans Headache Quarterly entre 1990 et 2003.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés comparant les ISRS et tout type d'intervention de contrôle chez des patients masculins ou féminins, âgés de plus de 18 ans, atteints de migraine ou de CT.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont extrait les données indépendamment (fréquence, indice, intensité et durée des maux de tête ; utilisation de médicaments symptomatiques/analgésiques ; jours d'arrêt de travail ; qualité de vie ; amélioration de l'humeur ; rentabilité ; et événements indésirables) et évalué la qualité méthodologique des essais.

Résultats principaux: 

Treize études utilisant cinq ISRS satisfaisaient aux critères d'inclusion (636 participants). La majorité des études incluses présentaient des limitations méthodologiques et/ou de consignation ; le suivi était rarement supérieur à 3 mois.

Après 2 mois, les ISRS n'ont pas diminué significativement les scores d'indice de céphalée chez les patients atteints de migraine par rapport au placebo (DMS -0,14 ; IC à 95 %, entre -0,57 et 0,30). Les patients atteints de CT chronique sous ISRS prenaient significativement plus d'analgésiques (5 doses supplémentaires par mois) que les patients sous antidépresseur tricyclique (DMP 4,98 ; IC à 95 %, entre 1,12 et 8,84). Les tricycliques ont également réduit significativement la durée des céphalée de 1,26 heures par jour (DMP 1,26 ; IC à 95 %, entre 0,06 et 2,45) et ont réduit marginalement les indices de céphalées (DMS 0,42 ; IC à 95 %, entre 0,00 et 0,85) par rapport aux ISRS chez les patients atteints de CT chronique. Lorsque les données sur les événements indésirables étaient prises en compte indépendamment des sous-groupes de diagnostIC à céphalées, aucune différence significative n'a été observée entre les ISRS et le placebo pour les arrêts prématurés dus aux événements indésirables (RC Peto 1,02 ; IC à 95 %, entre 0,31 et 3,34). Pour les événements indésirables mineurs, les ISRS étaient généralement mieux tolérés que les tricycliques (RC 0,34 ; IC à 95 %, entre 0,13 et 0,92). Cependant, aucune différence n'a été observée au niveau du nombre de patients arrêtant prématurément l'étude pour quelque raison que ce soit dans les groupes des ISRS et des tricycliques (RC 1,01 ; IC à 95 %, entre 0,56 et 1,80).

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