Médicaments pour le traitement de l’état de stress post-traumatique

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) survient après une exposition à un traumatisme important et entraîne des conséquences personnelles et sociétales importantes. Bien que ce syndrome soit généralement traité par la psychothérapie, la base théorique concernant les traitements médicamenteux est de plus en plus reconnue. Cette revue systématique porte sur 35 essais contrôlés randomisés à court terme de pharmacothérapie pour le traitement du SSPT (4 597 participants). Une proportion significativement plus importante de patients a réagi au médicament (59,1 %) comparativement au placebo (38,5 %) (13 essais, 1 272 participants). La gravité des symptômes a été significativement réduite dans 17 essais (2 507 participants). Les plus grands essais ayant montré une efficacité portaient sur les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ; une efficacité à long terme était également observée pour ces médicaments.

Conclusions des auteurs: 

Les traitements médicamenteux peuvent être efficaces pour traiter le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) en agissant pour en réduire les symptômes principaux ainsi que la dépression et l’incapacité qui y sont associées. Les résultats de cette revue confirment le statut des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine en tant qu'agents de première ligne dans la pharmacothérapie du SSPT ainsi que leur valeur comme traitement à long terme. Toutefois, il subsiste d'importantes lacunes dans le corpus de données probantes et un besoin continu d'agents plus efficaces dans la prise en charge du SSPT.

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Contexte: 

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est un trouble répandu et invalidant. Les preuves suggérant que le SSPT est caractérisé par des dysfonctionnements psychobiologiques spécifiques ont contribué à un intérêt croissant pour l'utilisation de médicaments dans son traitement.

Objectifs: 

Évaluer les effets des médicaments sur les troubles liés au stress post-traumatique.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la dépression, l'anxiété et les névroses (CCDANCTR-Studies) le 18 août 2005, dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library numéro 4, 2004), MEDLINE (janvier 1966 à décembre 2004), PsycINFO (1966 à 2004) et la base de données du National PTSD Center Pilots. Les références bibliographiques des articles extraits ont été examinées afin d'identifier des études supplémentaires.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR) de pharmacothérapie pour le traitement du SSPT.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont sélectionné les ECR à inclure dans la revue, ont rassemblé les données des essais et ont évalué leur qualité de manière indépendante. Les investigateurs ont été contactés afin d'obtenir les données manquantes. Les statistiques de synthèse ont été stratifiées par classe de médicament et par agent pharmacologique pour les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Les mesures dichotomiques et continues ont été calculées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires, l'hétérogénéité a été évaluée, et des analyses en sous-groupe/de sensibilité ont été effectuées.

Résultats principaux: 

35 ECR de courte durée (14 semaines ou moins) ont été inclus dans l'analyse (4 597 participants). Dans 17 essais, la gravité des symptômes a été significativement réduite pour les groupes de médicaments comparativement au placebo (différence moyenne pondérée -5,76, intervalles de confiance (IC) à 95 % -8,16 à -3,36, nombre de participants (N) = 2 507). De même, les statistiques de synthèse sur le statut de répondeur de 13 essais ont démontré la supériorité globale de divers agents médicamenteux par rapport au placebo (risque relatif de 1,49, IC à 95 % 1,28 à 1,73, nombre de sujets à traiter = 4,85, IC à 95 % 3,85 à 6,25, N = 1 272). La réponse aux médicaments et au placebo a été observée chez 59,1 % (N = 644) et 38,5 % (N = 628) des patients, respectivement. Parmi les classes de médicaments étudiées, les preuves de l'efficacité du traitement ont été les plus convaincantes pour les ISRS.

Les médicaments étaient supérieurs au placebo pour réduire la gravité des groupes de symptômes du SSPT, la dépression comorbide et l’incapacité. Les médicaments étaient également moins bien tolérés que le placebo. Une revue narrative de 3 essais de maintien a suggéré qu'une médication à long terme pourrait être nécessaire comme traitement du SSPT.

Notes de traduction: 

Post-édition : Sarah Rehab - Révision : Agathe Lefèvre (M2 ILTS, Université de Paris)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.