Décanoate de brompéridol sous forme de dépôt pour le traitement de la schizophrénie

Le décanoate de brompéridol est utilisé comme médicament antipsychotique à action prolongée au moins en Belgique, en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas. La préparation semble être moins puissante que d'autres antipsychotiques sous forme dépôt (tels que le décanoate de fluphénazine et d'halopéridol) et plus efficace que l'injection de placebo. Cependant, cette préparation antipsychotique ancienne possède très peu de données issues d'études de bonne qualité et de nouveaux essais sont nécessaires pour en comprendre totalement les effets.

Conclusions des auteurs: 

Un petit nombre de données issues d'essais, mal rapportées, suggèrent que le décanoate de brompéridol peut être plus efficace que l'injection de placebo, mais moins utile que le décanoate de fluphénazine ou d'halopéridol. Si du décanoate de brompéridol est disponible, il peut être un choix viable, en particulier lorsqu'il existe des raisons de ne pas utiliser du décanoate de fluphénazine ou d'halopéridol. Des essais randomisés bien menés, avec une bonne notification, sont nécessaires pour éclairer la pratique.

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Contexte: 

Les médicaments antipsychotiques représentent le traitement de base de la schizophrénie. Les injections de dépôt à action prolongée de médicaments, tels que le décanoate de brompéridol, sont largement utilisées comme moyen de traitement d'entretien à long terme.

Objectifs: 

Evaluer les effets du dépôt de brompéridol versus placebo, antipsychotiques oraux et autres préparations antipsychotiques sous forme de dépôt pour les personnes atteintes de schizophrénie en termes de critères de jugement cliniques, sociaux et économiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour cette mise à jour de 2012, nous avons effectué des recherches dans le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (février 2012).

Critères de sélection: 

Nous avons recherché tous les essais randomisés se concentrant sur les personnes atteintes de schizophrénie et dans lesquels un dépôt de brompéridol, des antipsychotiques oraux ou d'autres préparations sous forme de dépôt étaient utilisés. Les critères de jugement principaux étaient le changement cliniquement significatif de la fonction globale, les critères de jugement d'utilisation des services (hospitalisation, nombre de jours d'hospitalisation), les rechutes.

Recueil et analyse des données: 

Pour la mise à jour de 2011, MP a extrait les données de façon indépendante, CEA a effectué le contrôle de fiabilité. Nous avons calculé les risques relatifs (RR) à effet fixe avec intervalle de confiance (IC) à 95 % pour les données dichotomiques et nous avons calculé les moyennes pondérées ou standardisées pour les données continues. Lorsque cela a été possible, nous avons calculé la statistique du nombre de sujets à traiter (NST). L'analyse a été réalisée en intention de traiter.

Pour la mise à jour de 2012, le recueil et l'analyse des données n'ont pas été réalisés, car aucune nouvelle étude n'a été trouvée.

Résultats principaux: 

La recherche de 2012 n'a permis de découvrir aucune nouvelle étude, nous n'avons par conséquent inclus aucun nouvel essai dans cette mise à jour de 2012. Le nombre d'essais inclus reste de 4 ECR, n total = 117. Une seule étude, réalisée à petite échelle sur une durée de six mois, comparait le décanoate de brompéridol à l'injection de placebo. Un nombre semblable de participants ont quitté l'étude avant son terme (n = 20, 1 ECR, RR 0,4 IC 0,1 à 1,6) et aucune différence nette n'a été observée entre le décanoate de brompéridol et le placebo concernant une liste d'effets indésirables (n = 20, 1 ECR, RR d'acathisie 2,0 IC 0,21 à 18,69, RR de prise de poids accrue 3,0 IC 0,14 à 65,9, RR de tremblements 0,33 IC 0,04 à 2,69). Lorsque le décanoate de brompéridol a été comparé au dépôt de fluphénazine, nous n'avons trouvé aucun changement important concernant le résultat global (n = 30, RR d'absence d'amélioration clinique importante 1,50 IC 0,29 à 7,73). Les personnes assignées au groupe du décanoate de fluphénazine et du décanoate d'halopéridol ont eu moins de rechutes que celles recevant du décanoate de brompéridol (n = 77, RR 3,92 IC 1,05 à 14,60, NNN 6 IC 2 à 341). Les personnes assignées au groupe du décanoate de brompéridol ont nécessité des médicaments antipsychotiques supplémentaires un peu plus fréquemment que celles prenant du décanoate de fluphénazine et du décanoate d'halopéridol, mais les résultats n'ont pas atteint les niveaux conventionnels de signification statistique (n = 77, 2 ECR, RR 1,72 IC 0,7 à 4,2). L'utilisation de benzodiazépines a été très proche dans les deux groupes (n = 77, 2 ECR, RR 1,08 IC 0,68 à 1,70). Les abandons toutes causes confondues ont été plus fréquents dans le groupe du décanoate de brompéridol que pour les autres préparations sous forme de dépôt (n = 97, 3 ECR, RR 2,17 IC 1,00 à 4,73). Les effets indésirables des anticholinergiques ont été aussi courants avec le brompéridol qu'avec les autres dépôts (n = 47, RR 3,13 IC 0,7 à 14,0) et des médicaments anticholinergiques supplémentaires ont été aussi souvent nécessaires dans les deux groupes de dépôt, bien que les résultats aient eu tendance à être en faveur du groupe de décanoate de brompéridol (n = 97, 3 ECR, RR 0,80 IC 0,64 à 1,01). L'incidence des mouvements anormaux a été semblable dans les deux groupes de dépôt (n = 77, 2 ECR, RR 0,74 IC 0,47 à 1,17).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.