Interventions pour la néphrose lipoïdique chez les adultes souffrant du syndrome néphrotique

Le syndrome néphrotique est une affection au cours de laquelle les reins laissent échapper les protéines du sang dans les urines. La néphrose lipoïdique est la troisième affection rénale primaire la plus courante chez les adultes souffrant d'un syndrome néphrotique inexpliqué (entre 10 et 15 %). Les stéroïdes ont été largement utilisés depuis le début des années 1970 pour le traitement de la néphrose lipoïdique de l'adulte, mais l'agent, la dose et la durée optimums n'ont pas été déterminés. Cette revue a identifié trois études de petite envergure (68 participants) comparant : 1) traitement stéroïdien par voie orale et intraveineuse par rapport aux stéroïdes par voie orale ; 2) traitement stéroïdien par voie orale par rapport au traitement stéroïdien de courte durée par voie intraveineuse ; et 3) traitement stéroïdien par voie orale par rapport à un placebo. Seul le traitement stéroïdien par voie orale (par rapport au traitement stéroïdien court par voie intraveineuse) a révélé une augmentation du nombre de patients ayant obtenu une rémission complète. Cependant, des questions importantes en matière de traitement restent sans réponses en raison de l'absence d'études disponibles ; quelles sont la dose et la durée optima du traitement stéroïdien dans le cas d'une nouvelle apparition de néphrose lipoïdique de l'adulte ; comment les rechutes suivant la rémission induite par stéroïdes sont-elles prévenues et traitées ; et quels sont les traitements appropriés pour la néphrose lipoïdique cortico-dépendante ou résistant au traitement ?

Conclusions des auteurs: 

Des essais comparatifs supplémentaires sont nécessaires pour examiner l'efficacité des agents immunodépresseurs dans l'obtention d'une rémission durable du syndrome néphrotique causé par la néphrose lipoïdique. Des études sont aussi nécessaires pour évaluer les traitements pour les adultes souffrant d'une maladie cortico-dépendante ou récurrente.

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Contexte: 

Les stéroïdes ont été largement utilisés depuis le début des années 1970 pour le traitement de la néphrose lipoïdique de l'adulte. Les taux de réponse aux agents immunodépresseurs dans la néphrose lipoïdique, particulièrement les stéroïdes, varient davantage chez les enfants. L'agent, la dose et la durée optimums de traitement pour le premier épisode de syndrome néphrotique ou pour la/les réapparition(s) de la maladie n'ont pas été déterminés.

Objectifs: 

Déterminer les bénéfices et les préjudices des interventions pour le syndrome néphrotique chez les adultes causé par une néphrose lipoïdique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre Cochrane des essais contrôlés, MEDLINE, EMBASE, des articles de référence et des résumés d'actes de conférence ont été consultés, sans restriction de langue.
Date de consultation : janvier 2007.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et les quasi-ECR de toute intervention pour la néphrose lipoïdique chez les adultes de plus de 18 ans souffrant du syndrome néphrotique ont été inclus. Les études comparant différentes voies d'administration, fréquences et durées des agents immunodépresseurs ont été sélectionnées. Les études comparant des agents non immunodépresseurs ont également été évaluées.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante. Des analyses statistiques ont été réalisées au moyen du modèle à effets aléatoires et les résultats ont été exprimés sous forme de risque relatif (RR) pour les résultats dichotomiques ou de différence moyenne (DM) pour les données continues avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Trois ECR (68 participants) ont été identifiés. Toutes les comparaisons de traitements contenaient une seule étude. Aucune différence significative n'a été observée entre la prednisone par rapport au placebo en ce qui concerne la rémission complète (RR 1,44, IC entre 0,95 et 2,19) et partielle (RR 1,00, IC entre 0,07 et 14,45) du syndrome néphrotique causé par une néphrose lipoïdique. Il n'y avait aucune différence entre la méthylprednisolone par voie intraveineuse accompagnée de prednisone par voie orale et la prednisone par voie orale seule pour ce qui est de la rémission complète (RR 0,74, IC entre 0,50 et 1,08). La prednisone, comparée à la méthylprednisolone de courte durée par voie intraveineuse, a augmenté le nombre de sujets obtenant une rémission complète (RR 4,95, IC entre 1,15 et 21,26). L'absence de preuves statistiques de l'efficacité associée au traitement à la prednisone était fondée sur des données provenant d'une seule étude qui comparait : prednisone tous les deux jours et aucune immunosuppression, avec uniquement un nombre restreint de participants pour chaque groupe. Aucun ECR comparant les schémas thérapeutiques chez les adultes souffrant d'une maladie cortico-dépendante ou récurrente ou comparant les traitements comprenant des agents alkylants, la cyclosporine, le tacrolimus, le lévamisole ou le mycophénolate mofétil n'a été identifié.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.