Les traitements contre les cicatrices causées par l'acné

Question de la revue

Quels sont les traitements efficaces contre les cicatrices causées par l'acné ?

Contexte

Les cicatrices causées par l'acné peuvent avoir un impact négatif sur le bien-être physique, mental et social des personnes affectées. Bien qu'un large éventail de traitements soient utilisés, il existe peu de preuves de haute qualité indiquant quels traitements sont les plus efficaces contre les cicatrices causées par l'acné.

Cette revue visait à mieux éclairer les patients et les prestataires de soins de santé concernant les méthodes les plus efficaces et les plus sûres pour la prise en charge de ce problème. Nous avons examiné les traitements pour les cicatrices atrophiques (les creux dans la surface de la peau) et pour les cicatrices hypertrophiques (les cicatrices formant des bosses au niveau de la surface de la peau) causées par l'acné mais nous avons concentré nos efforts sur les cicatrices atrophiques au visage. Les principaux résultats nous intéressant étaient les améliorations de la cicatrice rapportées par les participants et les éventuels effets indésirables suffisamment graves pour mener des participants à quitter l'étude.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons inclus 24 essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur 789 personnes ayant des cicatrices causées par l'acné (à partir de recherches effectuées jusqu'à novembre 2015). Vingt-et-un ECR (706 personnes) ont recruté des hommes et des femmes, trois ECR (75 personnes) ont recruté uniquement des femmes et un ECR (huit personnes) a exclusivement recruté des hommes. La plupart des études incluses (21 ECR, portant sur 744 personnes) ont recruté des personnes ayant des cicatrices atrophiques causées par l'acné. Un ECR a recruté 20 individus présentant un mélange de cicatrices atrophiques et hypertrophiques causées par l'acné.

Principaux résultats

Il n'existe pas suffisamment de preuves issues d'essais cliniques pour soutenir l'utilisation du traitement au laser fractionné pour l'acné. Toutefois, cette approche de prise en charge est adoptée par certains professionnels dans la pratique clinique pour le traitement des cicatrices causées par l'acné.

Pour notre résultat "Améliorations des cicatrices rapportées par les participants", le laser fractionné était plus efficace pour engendrer une amélioration de la cicatrice par rapport au laser non-ablatif et non-fractionné. La radiofréquence fractionnée a montré une amélioration de la cicatrice similaire à celle obtenue avec le laser fractionné. Le peeling chimique a montré une amélioration de la cicatrice similaire à celle obtenue avec le laser fractionné et l'aiguilletage de la peau. Le peeling chimique combiné à l'aiguilletage de la peau a montré une amélioration de la cicatrice similaire à celle obtenue avec le laser fractionné et le peeling chimique profond. Les injections d'agents de remplissage ont mené à de meilleures améliorations des cicatrices par rapport à un placebo.

Notre résultat "Effets indésirables graves" était rapporté dans une étude montrant que le peeling chimique n'était pas toléré par 16 % des personnes ayant participé à l'étude. Les autres résultats dont les "Événements indésirables rapportés par les participants" et les "Événements indésirables évalués par les investigateurs" à court terme (moins de 24 semaines), étaient plus ou moins acceptables selon les participants et les investigateurs, et une importante différence entre les interventions étudiées n'a pas été mise en évidence.

Quatre des six comparaisons n'étaient pas concluantes et celles-ci étaient de très faible qualité. Il n'existe pas suffisamment d'études permettant d'établir l'efficacité des traitements par rapport à un placebo ou par rapport à des interventions simulées, et il est possible que l'absence de différences entre deux traitements actifs signifie que ni l'un ni l'autre des traitements n'est très utile.

Nous n'avons pas identifié d'essais examinant les traitements pour les cicatrices causées par l'acné situées au niveau du dos.

Les résultats de cette revue ne permettent pas de recommander l'utilisation d'une quelconque intervention comme traitement de première intention pour les cicatrices causées par l'acné, et aucune étude n'a fourni de preuves permettant de confirmer qu'un quelconque bénéfice à court terme se traduit par des effets à long terme.

Qualité des preuves

Nous avons évalué la qualité des preuves pour plusieurs résultats comme étant très faible à modérée. La qualité des preuves a été déclassée principalement parce qu'il y avait peu de participants dans les études, ce qui rend les résultats moins précis, et parce qu'il n'y avait pas de mise en aveugle (les personnes savaient quel traitement elles recevaient).

Les futures études devraient considérer l'adoption des résultats rapportés par les participants comme critère principal. Il devrait y avoir un groupe de mesures de résultats systématiquement rapporté dans tous les ECR portant sur le traitement des cicatrices causées par l'acné, et les résultats devraient être évalués plusieurs mois après que le traitement ait été reçu. L'absence de notification des effets secondaires graves fait partie des lacunes en matière de recherche constatées dans cette revue.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe pas suffisamment de preuves de haute qualité concernant les effets de différentes interventions visant à traiter les cicatrices causées par l'acné en raison de défauts dans les méthodes des études, de la faible puissance statistique de celles-ci, de l'absence d'évaluations standardisées des améliorations, et des différences au niveau des variables initiales.

Il existe des preuves de qualité modérée indiquant que les injections d'agents de remplissage pourraient être efficaces pour traiter les cicatrices atrophiques causées par l'acné ; cependant, aucune étude n'a évalué les effets à long terme, le suivi le plus long étant de 48 semaines dans une seule étude. D'autres études ont inclus des comparateurs actifs, mais en l'absence d'études établissant leur efficacité par rapport à un placebo ou à des interventions simulées, il est possible que l'absence de différences entre les deux traitements actifs indique une absence d'efficacité de la part des deux traitements. Les résultats de cette revue ne fournissent pas de preuves étayant l'utilisation d'une quelconque intervention comme traitement de première intention pour les cicatrices causées par l'acné.

Bien que notre objectif était d'identifier des lacunes importantes pour informer les futures recherches primaires, il semble que des essais cliniques incluant un placebo ou des interventions simulées soient nécessaires pour déterminer si un quelconque traitement actif mène à des bénéfices significatifs pour le patient à long terme.

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Contexte: 

La cicatrisation causée par l'acné est une complication fréquente de l'acné et les cicatrices résultant de celle-ci peuvent avoir un impact négatif sur le bien-être physique et psychosocial de la personne affectée. Bien que de nombreuses interventions aient été proposées, il n'existe pas suffisamment de preuves de haute qualité portant sur les traitements pour les cicatrices causées par l'acné pour mieux éclairer les patients et leurs prestataires de soins de santé concernant les méthodes les plus efficaces et les plus sûres pour prendre en charge cette affection. Cette revue visait à examiner les traitements pour les cicatrices atrophiques et hypertrophiques causées par l'acné, mais nous nous sommes concentrés sur les cicatrices atrophiques au visage.

Objectifs: 

Évaluer les effets des interventions pour traiter les cicatrices causées par l'acné.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes jusqu'en novembre 2015 : le registre spécialisé du Cochrane Skin Group, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans la Bibliothèque Cochrane (2015, numéro 10), MEDLINE (à partir de 1946), EMBASE (à partir de 1974) et LILACS (à partir de 1982). Nous avons également effectué des recherches dans cinq registres d'essais, et nous avons examiné les références bibliographiques des études incluses et des revues pertinentes pour trouver d'autres références à des essais contrôlés randomisés.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) ayant assigné les participants (bras parallèles ou split-face) à n'importe quelle intervention active (ou à une combinaison) pour traiter les cicatrices causées par l'acné. Nous avons exclu les études traitant uniquement ou principalement des cicatrices chéloïdes.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de la revue ont indépendamment extrait des données de chacune des études incluses dans cette revue et évalué les risques de biais. Nous avons résolu les désaccords par la discussion et l'arbitrage a été appuyé par un expert en méthodologie en cas de besoin. Nos critères de jugement principaux étaient les améliorations des cicatrices rapportées par les participants et les éventuels effets indésirables suffisamment graves pour mener des participants à quitter l'étude.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 24 essais comprenant un total de 789 participants adultes âgés de 18 ans ou plus. Vingt essais ont recruté des hommes et des femmes, trois essais ont recruté uniquement des femmes et un essai a uniquement recruté des hommes. Nous avons jugé huit études comme étant à faible risque de biais pour la génération de séquences et l'assignation secrète. En ce qui concerne la mise en aveugle, nous avons estimé que 17 études présentaient un risque élevé de biais de performance, car les participants et les dermatologues savaient quels traitements étaient offerts et ce qu'ils recevaient ; cependant, nous avons jugé que toutes les 24 essais présentaient un faible risque de biais de détection pour l'évaluation des critères de jugement. Nous avons évalué 14 comparaisons de sept interventions et quatre combinaisons d'interventions. Neuf études ne fournissaient pas de données utilisables concernant nos critères de jugement et celles-ci n'ont pas contribué aux résultats de cette revue.

Pour notre critère de jugement "Améliorations des cicatrices rapportées par les participants", dans une étude le laser fractionné était plus efficace pour produire une amélioration de la cicatrice que les lasers non-fractionnés non-ablatifs à 24 semaines de suivi (risque relatif (RR) 4,00, intervalle de confiance à 95 % (IC) 1,25 à 12,84 ; n = 64 ; preuves de très faible qualité) ; le laser fractionné a montré des améliorations des cicatrices comparables à la radiofréquence fractionnée dans une étude à huit semaines de suivi (RR 0,78, IC à 95 % 0,36 à 1,68 ; n = 40 ; preuves de très faible qualité) et celle-ci était comparable au peeling chimique combiné à l'aiguilletage de la peau dans une autre étude à 48 semaines de suivi (RR 1,00, IC à 95 % 0,60 à 1,67 ; n = 26 ; preuves de très faible qualité). Dans une autre étude le peeling chimique a montré des améliorations des cicatrices comparables au peeling chimique combiné à l'aiguilletage de la peau à 32 semaines de suivi (RR 1,24, IC à 95 % 0,87 à 1,75 ; n = 20 ; preuves de très faible qualité). Dans une étude, le peeling chimique a montré des améliorations des cicatrices comparables à l'aiguilletage de la peau à quatre semaines de suivi (RR 1,13, IC à 95 % 0,69 à 1,83 ; n = 27 ; preuves de très faible qualité). Dans une autre étude, les injections d'agents de remplissage ont mené à de meilleures améliorations des cicatrices par rapport à un placebo à 24 semaines de suivi (RR 1,84, IC à 95 % 1,31 à 2,59 ; n = 147, preuves de qualité modérée).

Pour notre critère de jugement "Effets indésirables graves", une étude a rapporté que le peeling chimique n'avait pas été toléré par 7/43 (16 %) des participants (RR 5,45, IC à 95 % 0,33 à 90,14 ; n = 58 ; preuves de très faible qualité).

Pour notre critère de jugement secondaire des "Événements indésirables rapportés par les participants" à court terme, tous les participants ont rendu compte des douleurs dans les études suivantes : dans une étude comparant le laser fractionné au laser non-fractionné et non-ablatif (RR 1,00, IC à 95 % 0,94 à 1,06 ; n = 64 ; preuves de très faible qualité) ; dans une autre étude comparant le laser fractionné au peeling combiné à l'aiguilletage (RR 1,00, IC à 95 % 0,86 à 1,16 ; n = 25 ; preuves de très faible qualité) ; dans une étude comparant le peeling chimique associé à l'aiguilletage au peeling chimique (RR 1,00, IC à 95 % 0,83 à 1,20 ; n = 20 ; preuves de très faible qualité) ; dans une étude comparant le peeling chimique à l'aiguilletage de la peau (RR 1,00, IC à 95 % 0,87 à 1,15 ; n = 27 ; preuves de très faible qualité) ; et également dans une étude comparant les injections d'agents de remplissage à un placebo (RR 1,03, IC à 95 % 0,10 à 11,10 ; n = 147 ; preuves de faible qualité).

Pour notre critère de jugement des "Événements indésirables évalués par les investigateurs" à court terme, le laser fractionné (6/32) était associé à une réduction du risque d'hyperpigmentation par rapport au laser non-fractionné et non-ablatif (10/32) dans une étude (RR 0,60, IC à 95 % 0,25 à 1,45 ; n = 64 ; preuves de très faible qualité) ; le peeling chimique était associé à un risque accru d'hyperpigmentation (6/12) par rapport à l'aiguilletage de la peau (0/15) dans une étude (RR 16,00, IC à 95 % 0,99 à 258,36 ; n = 27 ; preuves de faible qualité). Il n'y avait aucune différence au niveau des événements indésirables rapportés entre les injections d'agents de remplissage (17/97) et un placebo (13 / 50) (RR 0,67, IC à 95 % 0,36 à 1,27 ; n = 147 ; preuves de faible qualité).

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.