Traitement de l'épilepsie chez les personnes atteintes de neurocysticercose

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La neurocysticercose est une infection fréquente du cerveau causée par la forme larvaire du ténia du porc qui migre vers le cerveau. Les crises d'épilepsie sont le symptôme le plus courant, tandis que certaines personnes peuvent souffrir de céphalées, vomissements, ou d'œdèmes cérébraux. Cette revue examine l'utilité des médicaments antiépileptiques (MAE) dans la prévention des crises d'épilepsie chez des personnes qui n'ont eu aucune crise, mais qui ont néanmoins souffert de maux de tête ou d'œdèmes cérébraux. Nous avons également étudié l'utilité de ces antiépileptiques en termes de choix de médicament, de dose, durée du traitement, coût, effets secondaires et qualité de vie chez les personnes atteintes de neurocysticercose et d'épilepsie.

Quatre essais avec un total de 466 participants (identifiés à partir d'une recherche dans la littérature en mai 2015) ont été étudiés. Ces essais se sont concentrés sur la comparaison entre la « courte durée » et la « longue durée » des antiépileptiques chez les personnes atteintes d'une unique lésion cérébrale. Ces essais ont comparé différentes durées de traitement par antiépileptiques, à savoir des thérapies de courte durée (6 à 12 mois) et de longue durée (12 à 24 mois). Nous n'avons relevé aucun avantage statistiquement significatif selon la durée d'utilisation d'antiépileptiques (6, 12, 24 mois). Un traitement de longue durée serait potentiellement préférable chez les personnes souffrant de kystes calcifiés.

Des personnes atteintes d'une lésion cérébrale unique ont été sélectionnées pour ces quatre essais. Les résultats de notre revue ne peuvent pas être extrapolés aux personnes souffrant de kystes multiples ou situés dans certaines parties peu communes du cerveau.

Conclusions des auteurs: 

Bien que la neurocysticercose soit la principale cause de l'épilepsie dans le monde, il n'existe actuellement aucune preuve disponible concernant l'utilisation de MAE en tant que prophylaxie pour prévenir les crises épileptiques chez les personnes présentant d'autres symptômes que les crises. Chez les patients souffrant de crises épileptiques, il n'existe aucune preuve fiable concernant la durée de traitement requis. Par conséquent, il est nécessaire d'effectuer des essais contrôlés randomisés à grande échelle afin de pouvoir répondre à ces questions.

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Contexte: 

La neurocysticercose est l'infection parasitaire du cerveau la plus courante. L'épilepsie est la manifestation clinique la plus courante, mais elle peut également se manifester sous forme de maux de tête, augmentation de la pression intracrânienne, hydrocéphalie et des symptômes oculaires selon la localisation des kystes parasitaires. Les médicaments anthelminthiques et anti-oedémateux, tels que les stéroïdes et les médicaments anti-épileptiques (MAE), constituent le pilier du traitement.

Objectifs: 

Évaluer les effets (bénéfiques et délétères) des MAE dans la prévention primaire et secondaire des crises épileptiques chez les patients atteints de neurocysticercose.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l'épilepsie (5 mai 2015), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, The Cochrane Library, avril 2015, numéro 4), MEDLINE (de 1946 au 5 mai 2015), LILACS (Latin American and Caribbean Health Sciences Literature en, 5 mai 2015), SCOPUS (de 1823 au 15 avril 2014), ClinicalTrials.gov(7 mai 2015), et WHO International Clinical Trials Registry Platform ICTRP(7 mai 2015). Nous avons également examiné les références bibliographiques des études identifiées et contacté des experts dans le domaine ainsi que des collègues afin d'identifier des études supplémentaires et d'obtenir des informations sur les études en cours.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés.

Les études peuvent être à simple aveugle, double aveugle, ou ouvertes.

Recueil et analyse des données: 

Un auteur de la revue a examiné toutes les références bibliographiques pour en évaluer l'admissibilité. Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et évalué le risque de biais de chaque étude.

Résultats principaux: 

Nous n'avons trouvé aucun essai portant sur le rôle des MAE dans la prévention des crises épileptiques chez les personnes atteintes de neurocysticercose qui présentaient des symptômes autres que les crises elles-mêmes.

Nous n'avons trouvé aucun essai évaluant des MAE individuels chez les personnes atteintes de neurocysticercose.

Nous avons trouvé un essai comparant deux MAE chez les personnes atteintes de neurocysticercose isolée et souffrant de crises d'épilepsie. Cependant, en raison de sa médiocrité, nous avons exclu cette étude de la revue.

Nous avons trouvé quatre essais qui comparaient l'efficacité des MAE de courte et longue durée dans le traitement des personnes atteintes de neurocysticercose isolée (identifiées par scanographie) et souffrant de crises épileptiques. Au total, 466 patients ont été sélectionnés. Ces études comparaient différentes durées de traitement de MAE, à savoir 6, 12 et 24 mois. Le risque de récurrence des crises avec six mois de traitement par rapport à 12 à 24 mois de traitement n'était pas statistiquement significatif (rapport des cotes (RC) 1,34, intervalle de confiance à 95 % (IC) 0,73 à 2,47) (trois études, n = 360, P 0,35). Le risque de récurrence des crises avec un traitement de six à 12 mois par rapport à 24 mois de traitement n'était pas statistiquement significatif (RC 1,36, IC à 95 % de 0,72 à 2,57) (trois études, n = 385, P 0,34).

Deux études ont lié la récurrence des crises avec des résultats de scanographie et ont suggéré que les lésions calcifiées persistantes présentaient un risque plus élevé de récidive, suggérant ainsi une durée de traitement sous MAE plus longue. Une étude a fait état d'aucun effet secondaire, tandis que les autres n'ont fait aucun commentaire concernant les effets secondaires des médicaments. Aucune des études n'a examiné la qualité de vie des participants. Ces études présentaient certaines lacunes méthodologiques, comme un échantillon de petite taille et une possibilité de biais en raison de l'absence de mise en aveugle, ce qui a affecté les résultats de cette revue.

Notes de traduction: 

Post-édition : Margaux Haccard (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.