Aminosalicylates pour le traitement de la maladie de Crohn active

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La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin. Bien que la maladie de Crohn affecte souvent l'iléon (la partie inférieure de l'intestin grêle), elle peut également se produire dans n'importe quelle partie du tube digestif, de la bouche à l'anus. Les symptômes les plus courants de la maladie de Crohn sont des diarrhées et des douleurs abdominales qui se produisent souvent dans la région inférieure droite de l'abdomen. On pense que les aminosalicylates permettent de traiter la maladie de Crohn en réduisant l'inflammation intestinale causée par la maladie. Dix-neuf études ont été examinées. Ces études comparaient des aminosalicylates (sulfasalazine, mésalazine et mésalamine) à un placebo (pilules ou comprimés inactifs), des corticostéroïdes ou du budésonide (un stéroïde qui est rapidement métabolisé par l'organisme et qui présente moins d'effets secondaires que les corticostéroïdes traditionnels), et indiquaient que la sulfasalazine conférait un bénéfice modeste dans le traitement de la maladie de Crohn active légère à modérée par rapport au placebo, et était inférieure aux corticostéroïdes dans le traitement de la maladie de Crohn active. La différence entre la sulfasalazine et les autres aminosalicylates réside dans le fait qu'elle contient une part de sulfamide qui a été éliminée des autres préparations. Les préparations de mésalazine et de mésalamine sont inefficaces pour induire une rémission dans la maladie de Crohn active. Le budésonide était comparé à des doses élevées de mésalamine (3 à 4,5 g/jour) et s'avérait plus efficace pour induire une rémission. Les aminosalicylates présentent un bon profil d'innocuité chez les patients atteints de maladie de Crohn. Les effets secondaires sont généralement légers et se caractérisent typiquement par des nausées, des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales et une dyspepsie (maux d'estomac ou indigestion). En conclusion, la sulfasalazine est modérément efficace dans le traitement de la maladie de Crohn active. Néanmoins, les données existantes montrent que la mésalamine présente peu d'effets bénéfiques.

Conclusions des auteurs: 

La sulfasalazine présente une efficacité modeste par rapport au placebo et est inférieure aux corticostéroïdes dans le traitement de la maladie de Crohn active légère à modérée. L'olsalazine et la mésalamine à faible dose (1 à 2 g/jour) ne sont pas supérieures au placebo. La mésalamine à dose élevée (3 à 4,5 g/jour) n'est pas plus efficace que le placebo pour induire une réponse ou une rémission. La mésalamine à dose élevée était inférieure au budésonide pour induire une rémission dans un seul essai. En conclusion, la sulfasalazine présente une efficacité modeste dans le traitement de la maladie de Crohn active. Les données existantes montrent cependant que les 5-aminosalicylates présentent peu d'effets bénéfiques.

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Contexte: 

Les essais cliniques comparatifs examinant l'efficacité des aminosalicylates dans le traitement de la maladie de Crohn active légère à modérée rapportent des résultats contradictoires. Une revue systématique a été effectuée afin d'examiner de manière critique les données disponibles concernant l'efficacité de la sulfasalazine et de la mésalamine pour induire une rémission ou une réponse clinique chez les patients atteints de maladie de Crohn active légère à modérée.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des aminosalicylates par rapport à un placebo, des corticostéroïdes et d'autres aminosalicylates (seuls ou combinés à des corticostéroïdes) dans le traitement de la maladie de Crohn active légère à modérée.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données MEDLINE (1966-juillet 2010), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL ; numéro 3, 2010) et EMBASE (1985-juillet 2010) afin d'identifier tous les articles pertinents en anglais et dans d'autres langues, et avons examiné manuellement les références bibliographiques des revues et articles potentiellement pertinents ainsi que les comptes rendus des réunions annuelles (1991-2010) de l'American Gastroenterological Association (AGA) et de l'American College of Gastroenterology (ACG).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés évaluant l'efficacité de la sulfasalazine ou de la mésalamine dans le traitement de la maladie de Crohn active légère à modérée par rapport à un placebo, des corticostéroïdes et d'autres aminosalicylates (seuls ou combinés à des corticostéroïdes) ont été inclus.

Recueil et analyse des données: 

L'extraction des données et l'évaluation de la qualité méthodologique de toutes les études sélectionnées ont été effectuées par les investigateurs de manière indépendante, et toute divergence a été résolue par discussion et consensus. Le critère de jugement principal était l'existence d'un critère d'évaluation clinique bien défini concernant l'induction d'une rémission ou d'une réponse au traitement. Dix-neuf études remplissaient les critères d'inclusion et ont été analysées. Les risques relatifs (RR) combinés pour l'induction d'une rémission ou d'une réponse clinique et leurs intervalles de confiance à 95 % ont été calculés (modèle à effets aléatoires) lorsque cela était approprié.

Résultats principaux: 

La sulfasalazine était plus susceptible d'induire une rémission (RR de 1,38 ; IC à 95 %, entre 1,02 et 1,87 ; n = 263) que le placebo, mais les effets bénéfiques étaient principalement limités aux patients atteints de colite. La sulfasalazine était moins efficace que les corticostéroïdes (RR de 0,66 ; IC à 95 %, entre 0,53 et 0,81 ; n = 260). L'olsalazine était moins efficace que le placebo dans un seul essai. La mésalamine à faible dose (1 à 2 g/jour) n'était pas supérieure au placebo (RR = 1,46, IC à 95 %, entre 0,89 et 2,40 ; n = 302) et était moins efficace que les corticostéroïdes. La mésalamine à dose élevée (3 à 4,5 g/jour) n'était pas supérieure au placebo pour induire une rémission (RR de 2,02 ; IC à 95 %, entre 0,75 et 5,45) ou une réponse (différence moyenne pondérée de -19,8 points ; IC à 95 %, entre -46,2 et 6,7 ; n = 615). Dans un seul essai contrôlé randomisé, le 5-ASA était inférieur au budésonide (RR de 0,56 ; IC à 95 %, entre 0,40 et 0,78). Aucune différence statistiquement significative n'était observée entre la mésalamine à dose élevée et les corticostéroïdes conventionnels (RR de 1,04 ; IC à 95 %, entre 0,79 et 1,36 ; n = 178). Néanmoins, le nombre de patients disponibles pour l'analyse était relativement limité. Aucun essai clinique de bonne qualité ne comparait la sulfasalazine à d'autres préparations de mésalamine.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.