Chirurgie ultra-radicale pour les femmes souffrant d'un cancer de l'ovaire avancé

Le cancer de l'ovaire est la principale cause de mortalité chez les femmes atteintes d'un cancer féminin. Les opinions divergent quant à savoir si les femmes souffrant d'un cancer de l'ovaire avancé évoluent mieux si elles subissent une opération chirurgicale ultra-radicale qui est beaucoup plus longue et complexe que la chirurgie classique.

Une recherche systématique a été effectuée dans la littérature scientifique afin d'identifier des rapports d'étude comparant la chirurgie ultra-radicale avec la chirurgie classique pour les femmes souffrant d'un cancer de l'ovaire avancé.Nous avons recherché des essais contrôlés randomisés, considérés comme le meilleur type d'essai, et des études non randomisées qui ont été analysés selon des méthodes tenant compte des différences entre les groupes de femmes subissant différents types de chirurgie.

Seule une étude non randomisée pertinente a été recensée. Elle analysait les données de 194 femmes recrutées dans le même centre. L'analyse, qui tenait compte des différences d'étendue de la maladie des femmes subissant les deux différents types de chirurgie, indiquait une meilleure survie spécifique de la maladie chez les femmes soumises à une intervention chirurgicale ultra-radicale. La meilleure estimation était que pour ces dernières le risque de mourir du cancer de l'ovaire était environ un tiers inférieur à celui des femmes opérées selon la méthode classique. Mais en réalité, il aurait pu se situer à n'importe quel point entre 60 % inférieur et 4 % supérieur. Cependant, l'étendue de la maladie chez ces femmes variait beaucoup, si bien que les auteurs ont aussi analysé uniquement les 144 femmes dont le cancer s'était propagé à tout l'abdomen. Une fois encore, la meilleure estimation était que pour ces dernières le risque de décès était environ un tiers inférieur à celui des femmes opérées selon la méthode classique, mais il aurait pu se situer à n'importe quel point entre 60 % inférieur et seulement 2 % inférieur. Bien que ce résultat semble indiquer que la chirurgie ultra-radicale pourrait être préférable à la chirurgie classique, il convient de rester prudent. En effet, cette étude n'était pas bien planifiée ni bien analysée, elle peut donc surestimer les bénéfices réels de la chirurgie ultra-radicale.

L'étude ne signalait pas tous les décès, ce qui aurait été un critère d'évaluation plus fiable et d'une plus grande importance.Les différences entre les groupes avant la progression du cancer n'étaient pas non plus consignées.L'étude ne rapportait pas la qualité de vie, qui est un élément très important pour les femmes atteintes de ce cancer à un stade avancé. L'efficience de cette intervention n'était pas analysée.

Nous n'avons par conséquent pas pu tirer de conclusions définitives sur les bénéfices et les effets indésirables relatifs de ces deux types de chirurgie. Des études menées à grande échelle et mieux planifiées sont nécessaires pour comparer la chirurgie ultra-radicale et la chirurgie classique pour les femmes souffrant d'un cancer de l'ovaire avancé.

Conclusions des auteurs: 

Seules des preuves de faible qualité ont été recueillies lors de la comparaison de la chirurgie ultra-radicale avec la chirurgie classique pour les femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire avancé et de carcinomatose. Ces preuves indiquent que la chirurgie ultra-radicale peut conduire à une amélioration de la survie. Il n'est pas possible de déterminer s'il existait des différences entre les deux groupes concernant la survie sans progression, la qualité de vie et la morbidité. L'efficience de cette intervention n'a pas été étudiée. Il est par conséquent impossible de tirer des conclusions définitives quant aux bénéfices et effets indésirables relatifs de ces deux types de chirurgie.

Afin de déterminer le rôle de la chirurgie ultra-radicale dans la prise en charge du cancer de l'ovaire à un stade avancé, il conviendrait de réaliser des essais contrôlés randomisés suffisamment puissants, ou des études non randomisées bien planifiées, comparant la chirurgie ultra-radicale à la chirurgie classique.

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Contexte: 

Le cancer de l'ovaire est le sixième cancer le plus fréquent chez les femmes et la principale cause de mortalité chez les femmes présentant des tumeurs malignes gynécologiques. Les opinions divergent quant au rôle de la chirurgie de réduction tumorale ultra-radicale (lourde) dans le traitement du cancer de l'ovaire.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la morbidité associées à la chirurgie ultra-radicale/lourde dans la prise en charge du cancer de l'ovaire à un stade avancé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les cancers gynécologiques et le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library 2010, numéro 4), ainsi que dans MEDLINE et EMBASE (jusqu'à novembre 2010). Nous avons également recherché dans les registres des essais cliniques, les résumés de réunions scientifiques et les listes bibliographiques des études incluses, et contacté des experts dans le domaine.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) ou les études non randomisées faisant l'objet d'une analyse multifactorielle et comparant la chirurgie ultra-radicale/lourde et la chirurgie classique chez des femmes adultes atteintes d'un cancer épithélial de l'ovaire primaire avancé.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont, de manière indépendante, déterminé si les études potentiellement pertinentes remplissaient les critères d'inclusion, extrait les données et évalué les risques de biais. Seule une étude non randomisée a été identifiée et aucune méta-analyse n'a par conséquent été réalisée.

Résultats principaux: 

Une étude non randomisée remplissait les critères d'inclusion. Elle analysait les données rétrospectives de 194 femmes, souffrant d'un cancer épithélial de l'ovaire avancé de stade IIIC et ayant subi une intervention chirurgicale ultra-radicale (lourde) ou une intervention chirurgicale classique, et rapportait la survie globale spécifique de la maladie et la mortalité périopératoire. L'analyse multifactorielle, ajustée par rapport aux facteurs diagnostiques, indiquait une meilleure survie spécifique de la maladie chez les femmes ayant subi une intervention chirurgicale ultra-radicale, mais cela n'était pas statistiquement significatif (hazard ratio (HR) = 0,64, intervalle de confiance (IC) à 95 % : entre 0,40 et 1,04). Dans un sous-ensemble de 144 femmes présentant une carcinomatose, une survie spécifique de la maladie significativement meilleure était observée chez les femmes ayant subi une opération chirurgicale ultra-radicale par rapport à celles opérées selon la méthode classique (HR ajusté = 0,64, IC à 95 % entre 0,41 et 0,98). La survie sans progression et la qualité de vie n'étaient pas rapportées ; les événements indésirables n'étaient que partiellement consignés. Cet essai comportait un risque élevé de biais.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.