Traitement de l'écoulement involontaire de salive dans la maladie des motoneurones

L'écoulement involontaire de salive (sialorrhée) est un symptôme désagréable observé chez jusqu'à 25 % des patients atteints de maladie des motoneurones. La prise en charge de la sialorrhée consiste actuellement à utiliser une aspiration, des traitements pharmacologiques et des approches plus invasives, telles qu'une injection de toxine botulinique dans les glandes salivaires, une radiothérapie des glandes salivaires et une ligature (chirurgie de fermeture) des conduits des glandes salivaires.

Une recherche exhaustive de la littérature nous a permis d'identifier un seul essai contrôlé randomisé portant sur 20 patients éligible dans la revue. Cette étude rapportait un effet bénéfique associé à de la toxine botulinique de type B en injection unique dans les glandes parotides et sous-maxillaires des patients atteints de MMN. Cette étude semblait présenter un faible risque de biais, et aucun événement indésirable grave n'était rapporté.

Bien que l'efficacité d'autres traitements soit étayée par des études cas-témoins, aucune preuve ne permettait de comparer l'efficacité des différents traitements dans la sialorrhée. D'autres recherches sont nécessaires afin de comparer les différents traitements disponibles et identifier les schémas thérapeutiques les plus efficaces.

Conclusions des auteurs: 

Certaines preuves sont favorables à l'utilisation d'injections de toxine botulinique dans les glandes salivaires dans le traitement de la sialorrhée associée à la MMN. Des recherches supplémentaires sont nécessaires concernant ce symptôme important. Des données sont nécessaires concernant la sialorrhée dans la MMN, qui doit être mesurée à l'aide des données rapportées par les patients et au moyen d'examens objectifs. Ces informations permettront de développer des essais contrôlés randomisés de meilleure qualité.

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Contexte: 

La maladie des motoneurones (MMN), également connue sous le nom de sclérose latérale amyotrophique, est une maladie neurodégénérative progressive pouvant entraîner une dysphagie, un affaiblissement des membres, une dysarthrie, une labilité émotionnelle et une insuffisance respiratoire. La production normale de salive étant comprise entre 0,5 et 1,5 litre par jour, la perte d'évacuation salivaire due à la dysphagie entraîne une accumulation de la salive et une sialorrhée, qui est souvent source de stress et de désagrément pour les patients.

Objectifs: 

Effectuer une revue systématique des preuves relatives au traitement de la sialorrhée dans la MMN, y compris les médicaments, la radiothérapie et la chirurgie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les affections neuromusculaires (1er octobre 2010), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane, numéro 3, 2010), MEDLINE (janvier 1966 à septembre 2010), EMBASE (janvier 1980 à septembre 2010), AMED (1985 à septembre 2010) et CINAHL Plus (janvier 1937 à septembre 2010). Toutes les références bibliographiques des essais randomisés identifiés ont été examinées, et les auteurs ont été contactés si nécessaire. Des experts reconnus dans ce domaine ont été contactés afin d'identifier d'autres articles publiés et non publiés.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés portant sur n'importe quelle intervention dans la sialorrhée et les symptômes associés chez les patients atteints de MMN.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de revue ont résumé les données de manière indépendante dans un formulaire de recueil de données conçu à cet effet, et confirmé les données saisies dans le logiciel Review Manager de Cochrane.

Résultats principaux: 

Un seul essai contrôlé randomisé a été identifié. Il s'agissait d'une étude bien planifiée portant sur de la toxine botulinique B injectée dans les glandes parotides et sous-maxillaires de 20 patients, qui rapportait des résultats positifs pendant quatre semaines (Jackson 2009). Cette étude présentait un faible risque de biais, et aucun événement indésirable significatif n'était rapporté.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.