Glucocorticoïdes contre la polyarthrite rhumatoïde

Ce résumé d’une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l’effet de pilules de glucocorticoïdes à faible dose, comme la prednisone, sur l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde. Cette revue indique que :

Chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, les pilules de glucocorticoïdes à faible dose :

- réduisent la progression de la maladie sur les radiographies pendant 1 à 2 ans.

Ce résultat est fondé sur des preuves de qualité.

Ce bénéfice a été constaté chez des personnes prenant déjà un médicament antirhumatismal modificateur de la maladie (DMARD) et va donc au-delà des bénéfices des DMARD.

Ces résultats étaient vrais chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde depuis moins de 2 ans. Il semble que les glucocorticoïdes auraient le même effet chez les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde depuis 3 ou 4 ans, mais cela n'est pas certain chez les personnes qui en sont atteintes depuis plus longtemps.

Les effets à long terme des glucocorticoïdes ne sont pas connus.

Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoïde et pourquoi utiliser des glucocorticoïdes ?
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie dans laquelle le système immunitaire attaque ses propres tissus sains. L'attaque se produit principalement au niveau des articulations (en particulier des mains et des pieds) et entraîne rougeur, douleur, tuméfaction et chaleur au niveau des articulations (inflammation). Les glucocorticoïdes sont également appelés glucocorticostéroïdes, ou parfois simplement stéroïdes, bien qu’il existe de nombreux types de stéroïdes. Ils sont administrés sous la forme de pilules pendant une durée maximum de 7 mois et il a déjà été prouvé qu’ils amélioraient les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde. Il reste cependant des préoccupations concernant les effets nocifs à long terme, comme des problèmes cardiaques, associés à la prise de glucocorticoïdes.

La polyarthrite rhumatoïde casse et érode également le cartilage et les os des articulations concernées. L’érosion ne pouvant pas être vue, elle est mesurée par radiographie. En règle générale, plus l’érosion vue sur la radiographie est importante, plus la maladie progresse ou empire. On débat actuellement le fait de savoir si les glucocorticoïdes peuvent ralentir l’érosion et la progression de la maladie.

Quels sont les effets des glucocorticoïdes sur l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde ?
Les études ont examiné des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde depuis 2 ans au maximum. De faibles doses de pilules de glucocorticoïdes ont été administrées aux patients et généralement avec un médicament antirhumatismal modificateur de la maladie (DMARD).

Les glucocorticoïdes réduisent la progression de la maladie sur les radiographies pendant 1 à 2 ans. Ce résultat est fondé sur des preuves de qualité.

Les effets nocifs n’ont pas été examinés. Souvent, nous ne disposons pas d’informations précises concernant les effets secondaires et les complications. Ceci est particulièrement vrai pour les effets secondaires rares mais graves et les effets secondaires à long terme. De faibles doses de glucocorticoïdes n’entraîneraient pas d’effets secondaires, mais ces derniers pourraient inclure de l’ostéoporose ou des problèmes cardiaques.

Conclusions des auteurs: 

Même dans l'estimation la plus conservatrice, les preuves selon lesquelles les glucocorticoïdes administrés en association à un traitement standard peuvent réduire substantiellement le taux de progression de l’érosion en polyarthrite rhumatoïde sont convaincantes. Les réactions indésirables potentielles à long terme avec le traitement par glucocorticoïdes, comme une augmentation du risque cardiovasculaire, restent malgré tout préoccupantes ; cette question doit être étudiée plus profondément.

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Contexte: 

L’utilisation de glucocorticoïdes en polyarthrite rhumatoïde (PR) est répandue. Deux revues Cochrane examinant les bénéfices cliniques à court terme des glucocorticoïdes à faible dose par rapport aux médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens ont été publiées et mettent en évidence des bénéfices intéressants à court et à moyen terme. La possibilité que les glucocorticoïdes aient un effet modificateur de la maladie fondamental en PR, ce qui serait visible grâce à une réduction du taux de progression radiologique, a été soulevée par différents auteurs.

Objectifs: 

Effectuer une revue systématique des études évaluant l’efficacité des glucocorticoïdes pour inhiber la progression du dommage radiologique en polyarthrite rhumatoïde.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans MEDLINE (de 1966 au 22 février 2005) et dans le registre Cochrane des essais contrôlés, à partir des termes « corticostéroïdes » et « polyarthrite rhumatoïde » élargis, selon les recommandations de Cochrane Collaboration. Les résumés identifiés ont été examinés et les études pertinentes obtenues en intégralité. Des études supplémentaires ont été identifiées à partir des listes de références et des connaissances d’experts.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés ou croisés, chez des adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde avérée, dans lesquels une préparation de prednisone ou de glucocorticoïde similaire était comparée soit à des contrôles placebo, soit à des contrôles actifs (c.-à-d., études comparatives) et contenant une évaluation de radiographies des mains, ou des mains et des pieds, ou des pieds par une technique standardisée. Les études éligibles contenaient au moins un bras de traitement par glucocorticoïdes et un sans glucocorticoïdes.

Recueil et analyse des données: 

L’extraction des données standardisée a permis d’obtenir la déviation moyenne et standard (DS) de la modification des scores d’érosion pendant 1 ou 2 ans. (Quand la DS de la modification n’était pas donnée, une estimation conservative était prise à partir des conditions à l'inclusion). Au moins deux auteurs ont sélectionné les études et extrait des données. Les scores d’érosion radiographique ont été exprimés en pourcentage du score maximum possible pour la méthode utilisée. Les résultats ont été combinés après avoir été pondérés dans un modèle à effets aléatoires pour obtenir une différence moyenne standardisée (DMS).

Résultats principaux: 

La recherche initiale a permis d’obtenir 217 citations ; 15 autres, obtenues à partir d’experts, de résumés et de la révision des listes de références, ont été ajoutées. Les auteurs de 4 essais prêts à être publiés (et publiés ultérieurement) ont aimablement partagé leurs informations. Après application des critères d’éligibilité, 15 études et 1 414 patients ont été inclus. La majorité des essais étudiaient la PR précoce (durée maximale de la maladie : 2 ans), et la dose cumulée moyenne de glucocorticoïde était de 2 300 mg d’équivalent de prednisone (de 270 mg à 5 800 mg) pendant la première année. Dans la plupart des cas, les glucocorticoïdes étaient administrés en plus d’un autre traitement à base de médicament antirhumatismal modificateur de la maladie (DMARD). La différence moyenne standardisée de la progression était de 0,40 en faveur des glucocorticoïdes (IC à 95% entre 0,27 et 0,54). Dans les études sur 2 ans (806 patients inclus), la différence moyenne standardisée de la progression en faveur des glucocorticoïdes, à 1 an, était de 0,45 (0,24 ; 0,66) et à 2 ans, de 0,42 (0,30 ; 0,55). Toutes les études sauf une ont montré un effet du traitement numérique en faveur des glucocorticoïdes. Les effets bénéfiques des glucocorticoïdes étaient généralement obtenus lorsqu’ils étaient utilisés en association à un traitement par un autre DMARD.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.