Exercices pour les patients âgés à l’hôpital

Ce résumé d'une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l'effet de l'exercice pour les patients âgés qui sont admis à l’hôpital. Cette revue indique que :

Pour les patients âgés qui sont admis à l’hôpital, les séances d’exercices

- n’entraîneraient pas de différence en termes de fonction, effets nocifs, durée du séjour à l'hôpital ou le fait d'aller ou non dans une maison de soins ou dans une autre institution de soins.


Pour les patients âgés qui sont admis à l’hôpital, un programme de soins spécial incluant des exercices

- n’entraînerait pas de différence en termes de fonction ou d’effets nocifs.
- pourrait réduire légèrement la durée du séjour à l’hôpital et pourrait augmenter légèrement le nombre de patients qui rentrent chez eux au lieu d’aller dans une maison de soins ou dans un autre hôpital.
- pourrait réduire légèrement le coût des soins pour le système de santé.


Les preuves ne sont pas suffisantes pour confirmer ces résultats.

Pourquoi les patients âgés devraient-ils faire des exercices lorsqu’ils sont hospitalisés ?
On estime que les personnes âgées quittent souvent l’hôpital avec une capacité de fonctionnement ou de déplacement moindre que lorsqu’ils y ont été admis. Par exemple, une étude montre que de nombreux patients âgés, qui pouvaient marcher sans assistance deux semaines avant d’être hospitalisés, ont eu besoin d’aide pour marcher lorsqu’ils en sont sortis. Cela est peut-être dû au fait qu’ils se reposent dans un lit pendant leur séjour à l’hôpital. Les soins habituels dans les hôpitaux n'incluent pas toujours des exercices. On estime que si les patients âgés faisaient plus d’exercice pendant leur séjour à l’hôpital, ils la perte de fonction ne serait peut-être pas aussi importante. Les soins habituels dans les hôpitaux n'incluent pas toujours des exercices.

Quels sont les effets de l’exercice ?
Les études incluaient des patients âgés de 65 ans ou plus qui étaient admis à l’hôpital avec une pathologie médicale. Pendant qu’ils étaient à l’hôpital, ils recevaient soit les soins hospitaliers habituels, soit les soins habituels plus des séances d’exercices, soit un programme spécial de soins généraux incluant des exercices. Les séances d’exercices et les programmes spéciaux commençaient quelques jours après l’admission des patients à l’hôpital. La plupart des programmes incluaient de la marche.

En général, les preuves sont insuffisantes pour confirmer les bénéfices et les effets délétères des séances d’exercices ou des programmes spéciaux pour les patients âgés à l’hôpital.

Fonction et effets délétères (chutes, transfert à l’unité de soins intensifs (USI) ou décès) : La différence avec les séances d'exercices ou le programme général de soins incluant des exercices pourrait être faible voire nulle.

Retour au domicile et durée du séjour à l’hôpital : La différence avec les séances d’exercices pourrait être faible. Avec un programme spécial de soins incluant des exercices, les patients pourraient rentrer chez eux 1 jour plus tôt et 6 patients supplémentaires sur 100 pourraient rentrer chez eux au lieu d’aller dans une maison de soins ou dans une autre institution de soins
- 81 patients sur 100 pourraient rentrer chez eux après avoir suivi un programme général de soins incluant des exercices
- 75 patients sur 100 pourraient rentrer chez eux après avoir reçu les soins habituels

Dépenses de santé : Les coûts n’ont pas été rapportés pour les études sur les séances d’exercices. Un programme de soins spécial incluant des exercices pourrait réduire les dépenses de santé d’environ 300 $ par séjour hospitalier et patient.

Conclusions des auteurs: 

Il existe des preuves limitées (niveau « argent ») (www.cochranemsk.org) que l’intervention pluridisciplinaire incluant des exercices pourrait augmenter la proportion de patients regagnant leur domicile et réduire la durée et le coût du séjour hospitalier pour les patients médicaux âgés sévèrement hospitalisés.

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Contexte: 

Une forte incidence de déclin fonctionnel (détérioration de la fonction physique ou cognitive) pendant l’hospitalisation des adultes âgés est mise en évidence. Le rôle de l’exercice dans la prévention de ces effets de déconditionnement n'est pas clair.

Objectifs: 

Déterminer l’effet d'interventions à base d'exercices pour les patients âgés hospitalisés sur le statut fonctionnel, les événements indésirables et les résultats hospitaliers.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté MEDLINE (1966 – février 2006), CINAHL (1982 – février 2006), EMBASE (1988 à février 2006), la base des revues systématiques Cochrane et le registre Cochrane des essais contrôlés (la librairie Cochrane, Numéro 1, 2006), PEDro (1929 – février 2006), Current Contents (1993 – février 2006) et Sports Discus (1830 – février 2006). Une recherche manuelle a été effectuée dans le Journal of the American Geriatrics Society. Des études supplémentaires ont été identifiées grâce au suivi des références et citations, à des communications personnelles avec un expert du domaine et à la prise de contact avec les auteurs des études éligibles. Aucune restriction de langue n'a été appliquée.

Critères de sélection: 

Les études éligibles étaient des essais contrôlés randomisés (ECR) prospectifs ou des essais cliniques comparatifs (ECC) prospectifs comparant l’exercice pour les patients âgés sévèrement hospitalisés aux soins habituels ou à l’absence de traitement.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs indépendants ont extrait les données relatives aux résultats des patients et de l’hôpital et évalué la qualité méthodologique des études incluses. Les données ont été combinées en une méta-analyse utilisant le risque relatif (RR) et la réduction du risque absolu (RRA) pour les résultats dichotomiques, et la différence moyenne standardisée (DMS) ou la différence moyenne pondérée (DMP) pour les résultats continus.

Résultats principaux: 

Parmi les 3 138 articles potentiellement pertinents examinés, 7 essais contrôlés randomisés et 2 essais cliniques comparatifs ont été inclus. L’effet de l’exercice sur les mesures des résultats fonctionnels n’a pas été clairement démontré. Les interventions n’ont eu aucun effet en termes d'événements indésirables. L’analyse combinée des interventions pluridisciplinaires incluant des exercices a mis en évidence une légère augmentation significative de la proportion des patients regagnant leur domicile à la sortie de l’hôpital (Risque Relatif 1,08, IC à 95% entre 1,03 et 1,14 et Nombre de patients à traiter 16, IC à 95% entre 11 et 43) et une réduction faible, mais importante, de la durée du séjour hospitalier (différence moyenne pondérée, -1,08 jours, IC à 95% entre -1,93 et -0,22) et du total des frais hospitaliers (différence moyenne pondérée, -278,65 $US, IC à 95% entre -491,85 et -65,44) par rapport aux soins habituels. L’analyse combinée des essais sur les interventions à base d’exercices n’a révélé aucun effet sur la proportion de patients regagnant leur domicile ou la durée du séjour hospitalier.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.