Interventions pharmacologiques pour prévenir les complications en cas d'hypercalciurie idiopathique

L'hypercalciurie idiopathique est une anomalie métabolique congénitale qui se caractérise par des quantités excessives de calcium excrétées dans l'urine chez les patients avec des niveaux de sérum normaux de calcium. Les complications principales de cette maladie chez les adultes sont la formation de calculs rénaux et de perte osseuse. Chez les enfants, l'hypercalciurie peut causer une hématurie récurrente (présence de sang dans l'urine), un syndrome de dysurie fréquente (miction fréquente douloureuse ou pénible), l'infection des voies urinaires et des douleurs abdominales ou dorsales. Le but de cette revue était d'évaluer les bénéfices et les inconvénients du traitement médicamenteux pour prévenir les complications de l'hypercalciurie idiopathique. Nous avons identifié quatre études qui comparent les thiazidiques (diurétiques) soit avec le traitement standard du suivi clinique et l'apport d'eau, soit avec les recommandations alimentaires spécifiques et une étude qui compare les thiazidiques et les sels de potassium. On observa une diminution du nombre de nouveaux calculs dans le groupe recevant les thiazidiques ainsi qu'une augmentation du temps requis pour la formation de nouveaux calculs. L'ajout de sels de potassium au traitement avec thiazidiques réduisit considérablement la quantité de calcium excrétée dans l'urine. Aucune étude portant sur des enfants ni aucune étude ayant examiné le traitement médicamenteux chez des patients atteints d'hypercalciurie ne présentant pas de symptômes n'a été identifiée.

Conclusions des auteurs: 

Certains faits montrent que chez les patients souffrant d'hypercalciurie idiopathique et de calculs récurrents, l'ajout de thiazidiques à un régime normal ou modifié pendant des périodes courtes ou longues (de cinq mois à trois ans) a réduit le nombre de récurrences de calculs et diminué le taux de formation de calculs. Les thiazidiques et le phosphate de potassium ont diminué les niveaux de calciurie chez les patients symptomatiques atteints d'hypercalciurie idiopathique. Il n'existe pas d'études examinant l'effet du traitement pharmacologique sur d'autres complications cliniques ou l'hypercalciurie idiopathique sans symptômes.

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Contexte: 

L'hypercalciurie idiopathique est une anomalie métabolique congénitale qui se caractérise par des quantités excessives de calcium excrétées dans l'urine chez les patients avec des niveaux de sérum normaux de calcium. La morbidité de l'hypercalciurie est liée à la présence de calculs rénaux et à la déminéralisation osseuse. Chez les enfants, l'hypercalciurie peut causer une hématurie récurrente, le syndrome de fréquence-dysurie, l'infection des voies urinaires et une douleur abdominale et lombaire. Plusieurs traitements pharmacologiques capables de réduire les niveaux de calcium dans l'urine ou son taux de cristallisation urinaire ont été décrits.

Objectifs: 

Évaluer les bénéfices et les inconvénients des interventions pharmacologiques pour prévenir les complications et réduire les symptômes urologiques chez les patients souffrant d'hypercalciurie idiopathique.

La stratégie de recherche documentaire: 

MEDLINE, EMBASE, le registre spécialisé de Cochrane Renal Group et le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, la bibliothèque Cochrane) ont été consultés et l'on a recherché manuellement les actes de conférence et les listes d'articles de référence.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR) et les quasi-ECR qui comparent les interventions pharmacologiques pour prévenir les complications de l'hypercalciurie idiopathique avec un placebo, une autre intervention pharmacologique ou un mode ou dose d'administration différents du même traitement administré pendant un minimum de quatre mois et qui ont une période de suivi d'au moins six mois.

Recueil et analyse des données: 

Quatre auteurs ont évalué les études pour l'inclusion et extrait les données. Les divergences ont été résolues dans les discussions. Les résultats ont été exprimés sous la forme de risque relatif (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % ou une différence moyenne (DM).

Résultats principaux: 

Cinq études (316 patients adultes) ont été incluses. Quatre d'entre elles ont comparé les thiazidiques avec le traitement standard (suivi clinique périodique et apport d'eau accru) ou les recommandations alimentaires spécifiques ; l'une d'elles a analysé l'effet des thiazidiques et d'un sel de potassium neutre. Aucune diminution conséquente du nombre de récurrences de nouveaux calculs n'a été observé chez les patients traités avec des thiazidiques (RR de 1,61, IC à 95 % de 1,33 à 1,96), malgré le fait que les périodes de suivi étaient différentes. Le taux de formation de calculs a aussi indiqué une diminution statistiquement significative chez les patients traités avec des diurétiques (DM de -0,18%, IC à 95 % de -0,30 à 0,06). Les thiazidiques avec sels de potassium ont augmenté considérablement les niveaux de calciurie et de vitamine D.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.