Antiagrégants plaquettaires pour éviter la pré-éclampsie et ses complications

De faibles doses d'aspirine aident à prévenir la pré-éclampsie et certaines de ses complications.

La pré-éclampsie est une affection liée à la grossesse et se traduisant par de l'hypertension artérielle et des protéines dans les urines. Elle peut conduire à de graves complications. Dans la mesure où elle affecte la coagulation sanguine, on utilise des antiplaquettaires (des médicaments tels que l'aspirine, qui permettent d'éviter les caillots de sang) pour prévenir la pré-éclampsie. La revue de 59 essais, impliquant 37 560 femmes, a établi que de faibles doses d'aspirine permettait de réduire d'environ un sixième le risque de pré-éclampsie (17 %) et de décès du bébé (14 %), et de réduire légèrement le risque de naissance prématurée (8 %). L'administration de doses jusqu'à 75 mg semblent sûre. Des doses plus élevées pourraient être plus efficaces, mais les effets indésirables risquent également d'augmenter.

Conclusions des auteurs: 

Les antiagrégants plaquettaires, le plus souvent de l'aspirine à faible dose, ont des effets bénéfiques modérés dans la prévention de la pré-éclampsie et de ses conséquences. Des informations supplémentaires sont nécessaires afin de déterminer quelles sont les femmes pour lesquelles ce traitement est le plus susceptible d'être bénéfique, le moment où celui-ci devrait être commencé, et à quelle dose.

[Remarque : Les 16 références dans la section de classification en attente de la revue pourraient modifier les conclusions de la revue après avoir été évaluées.]

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Contexte: 

La pré-éclampsie est liée à une déficience dans la production intravasculaire de prostacycline, un vasodilatateur, et à la production excessive de thromboxane, un vasoconstricteur et stimulant de l'agrégation plaquettaire. Ces observations ont conduit à l'hypothèse selon laquelle les antiagrégants plaquettaires, et notamment l'aspirine à faible dose, étaient susceptibles de prévenir ou de retarder le développement de la pré-éclampsie.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité des antiagrégants plaquettaires chez les femmes présentant un risque de développer une pré-éclampsie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (juillet 2006), le registre Cochrane des essais contrôlés (The Cochrane Library 2005, numéro 1), EMBASE (de 1994 à novembre 2005) et des recherches manuelles ont été réalisées sur les actes de congrès des Sociétés internationales et européennes pour l'étude de l'hypertension artérielle au cours de la grossesse.

Nous avons mis à jour la recherche du registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance le 31 mai 2010 et avons ajouté les résultats à la section de classification en attente.

Critères de sélection: 

Tous les essais randomisés comparant des antiagrégants plaquettaires contre placebo ou l'absence d'antiagrégants plaquettaires ont été inclus. Les études quasi-randomisées ont été exclues. Les participantes étaient des femmes enceintes présentant un risque de développer une pré-éclampsie. Les interventions étudiées concernaient toute comparaison d'un antiagrégant plaquettaire (comme l'aspirine à faible dose ou le dipyridamole) contre placebo ou absence d'antiagrégant plaquettaire.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué les essais pour l'inclusion et extrait les données indépendamment.

Résultats principaux: 

Cinquante-neuf essais (37 560 femmes) ont été inclus. L'administration d'antiagrégants plaquettaires a été associée à une réduction de 17 % du risque de pré-éclampsie ((46 essais portant sur 32 891 femmes, risque relatif (RR) = 0,83 (intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,77 à 0,89), nombre de sujets à traiter (NST) = 72 (52,119)). Bien qu'il n'y ait pas de différence statistique concernant le RR basé sur le risque maternel, une augmentation significative de la réduction absolue du risque de pré-éclampsie chez les femmes présentant un risque élevé (différence de risque (DR) = -5,2 % (-7,5 à -2,9), NST = 19 (13 à 34) par rapport aux femmes présentant un risque modéré (DR = -0,84 (-1,37 à -0,3), NST = 119 (73 à 333)) a été observée.

Les antiagrégants plaquettaires ont été associés à une réduction de 8 % du risque relatif d'accouchement prématuré (29 essais portant sur 31 151 femmes, RR = 0,92, IC à 95 % 0,88 à 0,97 ; NST = 72 (52 à 119)), une réduction de 14 % des décès fœtaux ou néonatals (40 essais portant sur 33 098 femmes, RR = 0,86 IC à 95 % 0,76 à 0,98) ; NST = 243 (131, 1 666), et une réduction de 10 % des nouveau-nés hypotrophes (36 essais portant sur 23 638 femmes, RR = 0,90, IC à 95 % 0,83 à 0,98). Aucune différence statistiquement significative n'a été observée entre le groupe ayant bénéficié du traitement et le groupe témoin pour les autres résultats.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.