Interventions psychologiques chez les femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique

Un cancer qui se propage au-delà du sein (cancer du sein métastatique) est effrayant, stressant, et peut entraîner l'apparition de symptômes psychologiques tels qu'une dépression. On pense que ces symptômes psychologiques sont susceptibles d'aggraver le cancer.

Un traitement des symptômes psychologiques individuel ou en groupe est parfois offert aux femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique. En 1989, une étude examinant les effets d'un tel traitement chez un groupe de femmes avait rapporté qu'elles se sentaient mieux psychologiquement et vivaient plus longtemps.Les études subséquentes n'avaient pas reproduit les résultats de cette étude de 1989, suscitant des incertitudes concernant les effets des traitements psychologiques chez les femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique.

Cette revue a examiné les études disponibles à ce jour afin de déterminer les effets des traitements psychologiques chez les femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique. Nous avons identifié 10 études portant sur un total de 1 378 femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique. Trois de ces études examinaient un traitement psychologique connu sous le nom de thérapie cognitivo-comportementale (TCC), quatre études examinaient une thérapie de groupe de soutien par l'expression (TGSE), tandis que les trois autres études examinaient des traitements individuels qui n'étaient ni des TCC, ni des TGSE.

Nous avons effectué une analyse statistique et avons découvert que le rapport des cotes (une mesure de l'association entre l'intervention et le résultat) de la survie des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique un an après le traitement psychologique était de 1,46, ce qui suggérait une association entre le traitement psychologique et l'amélioration de la survie. Ce résultat n'était pas observé pour le rapport des cotes de la survie à cinq ans. Nous avons également identifié des preuves indiquant que les traitements psychologiques à court terme (un an, par exemple) pourraient produire une petite réduction de la douleur et améliorer certains symptômes psychologiques. Néanmoins, il était difficile d'effectuer des comparaisons sur l'ensemble des études car elles utilisaient différents plans, traitements et mesures. De plus, la possibilité que les traitements psychologiques puissent également provoquer des dommages psychologiques ne peut pas être exclue.

Conclusions des auteurs: 

Les interventions psychologiques semblent efficaces pour améliorer la survie à 12 mois mais pas lors d'un suivi à plus long terme, et sont efficaces pour réduire les symptômes psychologiques, mais uniquement pour certains des critères de jugement évalués chez des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique. Néanmoins, les résultats de cette revue devraient être interprétés avec précaution en raison des données relativement limitées dans ce domaine et du fait que les essais inclus présentaient des faiblesses méthodologiques et de notification et utilisaient des interventions et des mesures de résultats hétérogènes.

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Contexte: 

Le cancer du sein métastatique est associé à des symptômes psychologiques.Cette affirmation constitue la base justifiant l'étude de l'impact des interventions psychologiques sur les résultats psychosociaux et la survie. Une étude ancienne avait semblé démontrer l'existence de bénéfices significatifs associés au soutien psychologique en termes de résultats psychologiques et de survie, tandis que les études subséquentes avaient produit des résultats contradictoires. Cette revue est une mise à jour d'une revue Cochrane publiée pour la première fois en 2004 et précédemment mise à jour en 2007.

Objectifs: 

Évaluer les effets des interventions psychologiques sur les résultats psychosociaux et la survie chez les femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le cancer du sein, MEDLINE (OvidSP), EMBASE (OvidSP), PsycINFO (OvidSP), CINAHL (EBSCO), ainsi que les registres d'essais cliniques et de recherche en ligne en juin/juillet 2011.D'autres études potentiellement pertinentes ont été identifiées au moyen de recherches manuelles dans les références bibliographiques des précédents essais, revues systématiques et méta-analyses.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et les ECR en cluster portant sur des interventions psychologiques et recrutant des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique.Les critères de jugement choisis pour l'analyse étaient la survie globale, les résultats psychologiques, la douleur, la qualité de vie, les mesures de résultats spécifiques à la maladie, les mesures des relations et du soutien social et la qualité du sommeil. Les études ont été exclues lorsqu'aucune donnée spécifique n'était disponible concernant des femmes atteintes d'un cancer du sein métastatique.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de revue ont extrait les données de manière indépendante et évalué la qualité des études à l'aide de l'outil d'évaluation du risque de biais de la Collaboration Cochrane.Dans la mesure du possible, les auteurs ont été contactés afin d'obtenir des informations manquantes.Les données relatives à la nature et à l'environnement de l'intervention, les données de résultats pertinentes et les éléments en rapport avec la qualité méthodologique ont été extraits.Des méta-analyses ont été effectuées à l'aide d'un modèle à effets aléatoires ou d'un modèle de Mantel-Haenszel à effets fixes, selon les niveaux d'hétérogénéité attendus.

Résultats principaux: 

Dix ECR portant sur 1 378 femmes ont été identifiés. Sur les sept ECR portant sur des interventions psychologiques de groupe, trois examinaient une thérapie cognitivo-comportementale et quatre une thérapie de groupe de soutien par l'expression. Les trois études restantes examinaient des interventions psychologiques individuelles qui n'étaient ni des thérapies cognitivo-comportementales, ni des thérapies de soutien par l'expression. Aucune tendance claire n'a pu être dégagée concernant les résultats psychologiques en raison de la grande variabilité des mesures de résultats et des durées de suivi utilisées dans les études incluses. L'effet global des interventions psychologiques sur la survie à un an dans les six études était favorable au groupe de l'intervention psychologique, avec un rapport des cotes de 1,46 (intervalle de confiance (IC) à 95 %, entre 1,07 et 1,99). Les données combinées issues de quatre études ne révélaient aucun bénéfice en termes de survie lors d'un suivi à cinq ans (rapport des cotes de 1,03, IC à 95 %, entre 0,42 et 2,52).Il existait des preuves de bénéfice à court terme concernant certains critères de jugement psychologiques ainsi qu'une amélioration des scores de douleur.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.