Traitement non-immunosuppresseur dans l'hématurie idiopathique bénigne

L'hématurie idiopathique bénigne (HIB) est la glomérulonéphrite primaire la plus courante. Environ 30 à 40 % des patients évoluent vers une insuffisance rénale terminale (IRT) dans les 20 ans. Les schémas thérapeutiques les plus fréquents incluent des immunosuppresseurs, mais les risques du traitement à long terme l'emportent souvent sur les bénéfices potentiels. Des options non-immunosuppressives, notamment des huiles de poisson, des anticoagulants, des antihypertenseurs et une amygdalectomie, ont également été examinées mais n'ont fait l'objet d'aucune revue systématique.

56 études portant sur 2 838 participants ont été incluses. Les antihypertenseurs constituaient l'intervention non-immunosuppressive la plus efficace dans l'HIB.Les antihypertenseurs examinés ici étaient principalement des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IECA), des inhibiteurs des récepteurs de l'angiotensine (IRA) ou une combinaison des deux, par rapport à d'autres antihypertenseurs et d'autres agents. Les effets bénéfiques des antihypertenseurs semblent potentiellement compenser les effets délétères chez les patients atteints d'HIB. Les effets bénéfiques rapportés se caractérisaient principalement par une réduction de la protéinurie des 24 heures.Aucune preuve ne suggère qu'un traitement avec l'un des antihypertenseurs évalués à ce jour pourrait affecter les principaux critères de jugement rénaux et/ou cardio-vasculaires ou le risque de mortalité à long terme, au-delà du bénéfice découlant du contrôle de l'hypertension chez les patients atteints d'HIB. Les preuves issues d'ECR ne sont pas suffisamment solides pour démontrer l'efficacité de toute autre thérapie non-immunosuppressive évaluée dans la présente revue.

L'HIB est une maladie qui exige des ECR présentant une puissance statistique adéquate afin d'émettre des recommandations fiables pour la pratique clinique. Davantage de preuves plus concluantes sont nécessaires afin de comprendre l'ampleur des bénéfices et les risques potentiels des antihypertenseurs ou, plus spécifiquement, des traitements IECA/IRA seuls ou combinés, et d'identifier les patients atteints d'HIB qui pourraient tirer le plus de bénéfices du traitement. Concernant les autres thérapies non-immunosuppressives, dont les effets bénéfiques et délétères n'ont pas encore été démontrés, un examen supplémentaire des bénéfices potentiels est justifié.

Conclusions des auteurs: 

L'HIB est une maladie qui exige des ECR présentant une puissance statistique adéquate afin d'émettre des recommandations fiables pour la pratique clinique. Davantage de preuves plus concluantes sont nécessaires afin de comprendre l'ampleur des bénéfices et les risques potentiels des antihypertenseurs ou, plus spécifiquement, des traitements IECA/IRA seuls ou combinés, et d'identifier les patients atteints d'HIB qui pourraient tirer le plus de bénéfices du traitement. Concernant les autres thérapies non-immunosuppressives, dont les effets bénéfiques et délétères n'ont pas encore été démontrés, un examen supplémentaire des bénéfices potentiels est justifié.

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Contexte: 

L'hématurie idiopathique bénigne (HIB) est la glomérulonéphrite primaire la plus courante. Environ 30 à 40 % des patients évoluent vers une insuffisance rénale terminale (IRT) dans les 20 ans. Les schémas thérapeutiques les plus fréquents incluent des immunosuppresseurs, mais les risques du traitement à long terme l'emportent souvent sur les bénéfices potentiels. Des options non-immunosuppressives, notamment des huiles de poisson, des anticoagulants, des antihypertenseurs et une amygdalectomie, ont également été examinées mais n'ont fait l'objet d'aucune revue systématique.

Objectifs: 

Évaluer les effets bénéfiques et délétères des traitements non-immunosuppresseurs chez les adultes et les enfants atteints d'HIB.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les maladies rénales, CENTRAL (dans la Bibliothèque Cochrane), MEDLINE (à partir de 1966) et EMBASE (à partir de 1980) en juillet 2010. Nous avons également examiné les références bibliographiques des études incluses et des articles de revue, et contacté des experts nationaux et internationaux.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur des agents non-immunosuppresseurs chez l'adulte et l'enfant atteints d'HIB confirmée par biopsie ont été inclus.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont examiné les résultats des recherches, extrait les données et évalué la qualité des études de manière indépendante. Les résultats ont été exprimés sous forme de différences moyennes (DM) pour les résultats continus, et de risques relatifs (RR) pour les résultats dichotomiques avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % à l'aide d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

56 études portant sur 2 838 participants ont été incluses. Les antihypertenseurs constituaient l'intervention non-immunosuppressive la plus efficace dans l'HIB.Les antihypertenseurs examinés étaient principalement des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IECA), des inhibiteurs des récepteurs de l'angiotensine (IRA) ou une combinaison des deux, par rapport à d'autres antihypertenseurs et d'autres agents. Les effets bénéfiques des antihypertenseurs, en particulier des inhibiteurs du système rénine-angiotensine, semblaient potentiellement compenser les effets délétères chez les patients atteints d'HIB. Les bénéfices se caractérisent principalement par une réduction de la protéinurie, un critère de substitution.Aucune preuve ne suggère qu'un traitement avec l'un des antihypertenseurs évalués pourrait affecter les principaux critères de jugement rénaux et/ou cardio-vasculaires ou le risque de mortalité à long terme, au-delà du bénéfice découlant du contrôle de l'hypertension chez les patients atteints d'HIB. Les preuves issues d'ECR ne sont pas suffisamment solides pour démontrer l'efficacité de toute autre thérapie non-immunosuppressive évaluée dans la présente revue.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.