Entraînement physique pour les survivants d'AVC

Question de la revue

Nous avons examiné les données relatives au bénéfice possible de l'entraînement physique sur un large éventail de critères de santé et de critères fonctionnels chez des personnes victimes d'un AVC.

Contexte

La condition physique est importante pour permettre aux personnes de réaliser leurs activités quotidiennes comme marcher et monter des escaliers. La condition physique varie selon les personnes. Par exemple, la condition physique chez les hommes a tendance à être un peu plus élevée que chez les femmes et la condition physique se réduit avec l'avancée en âge et avec la diminution de l'activité physique. La condition physique est souvent particulièrement faible chez les survivants d'AVC. Elle peut limiter leur capacité à effectuer les activités quotidiennes et également aggraver les incapacités liées à l'AVC. Pour cette raison, l'entraînement physique a été proposé comme une approche bénéfique pour les personnes victimes d'un AVC. Toutefois, prendre part à un entraînement physique pourrait avoir un éventail d'autres bénéfices importants pour les personnes victimes d'AVC, tels que l'amélioration de la fonction cognitive (capacités de la pensée), l'amélioration de l'humeur et de la qualité de vie, et cela pourrait réduire le risque d'avoir un autre AVC.

Caractéristiques de l'étude

En février 2015, nous avons identifié 58 essais à inclure dans la revue. Les essais portaient sur un total de 2797 participants à tous les stades de soins incluant des personnes hospitalisées et des personnes revenues à domicile. La plupart des personnes ayant participé étaient autonomes pour la marche. Les essais testaient différentes formes d'entraînement physique; 1) l'entraînement cardiorespiratoire ou "d'endurance", 2) l'entraînement de résistance ou "de force" ou 3) l'entraînement mixte associant les entraînements cardiorespiratoire et de résistance.

Résultats principaux

Nous avons constaté que l'entraînement cardiorespiratoire, comportant notamment de la marche, peut améliorer la capacité d'exercice et la marche après un AVC. L'entraînement mixte améliore la capacité de la marche et améliore l'équilibre. Cependant, il n'y avait pas suffisamment d'informations pour tirer des conclusions fiables concernant l'impact de l'entraînement physique sur d'autres domaines tels que la qualité de vie, l'humeur ou la fonction cognitive. La fonction cognitive est peu étudiée bien qu'elle soit un critère de jugement d'intérêt clé pour les survivants d'AVC. Il n'y avait aucune preuve que l'un des différents types d'entraînement physique ait causé des blessures ou d'autres problèmes de santé ; l'exercice semble être une intervention sûre. Nous avons besoin d'études supplémentaires pour examiner les effets bénéfiques qui sont importants pour les personnes ayant survécu à un AVC, en particulier pour les patients présentant un AVC plus grave, incapables de marcher.

La qualité des preuves

Les études portant sur l'entraînement physique peuvent être difficiles à réaliser. Cela signifie que la plupart des études étaient de petite taille et de qualité moyenne. Cependant, certains résultats constants ont émergé avec différentes études, toutes tendant à montrer le même effet.

Conclusions des auteurs: 

L'entraînement cardiorespiratoire et, dans une moindre mesure, l'entraînement mixte réduisent l'incapacité pendant ou après les soins usuels pour AVC ; cela pourrait passer par une amélioration de la mobilité et de l'équilibre. Il existe suffisamment de preuves pour intégrer l'entraînement cardiorespiratoire et l'entraînement mixte incluant de la marche, dans des programmes de rééducation post-AVC afin d'améliorer la vitesse et la tolérance de la marche ; une certaine amélioration de l'équilibre peut également se produire. Il n'existe pas suffisamment de preuves pour recommander l'utilisation de l'entraînement de résistance. Les effets de l'entraînement sur la mortalité et la dépendance après un AVC sont encore incertains, mais ces issues sont rarement observées dans les essais d'entraînement physique. La fonction cognitive est sous-étudiée bien qu'étant un critère de jugement d'intérêt clé pour les patients. D'autres essais randomisés bien conçus sont nécessaires pour déterminer la prescription optimale d'exercice physique et identifier les bénéfices à long terme.

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Contexte: 

Les niveaux de condition physique sont bas après un AVC. On ignore si l'amélioration de la condition physique après un AVC permet de réduire les incapacités.

Objectifs: 

Déterminer si l'entraînement physique après un AVC réduit la mortalité, la dépendance et l'incapacité et évaluer les effets de l'entraînement en ce qui concerne les événements indésirables, les facteurs de risque, la condition physique, la mobilité, la fonction physique, la qualité de vie, l'humeur et la fonction cognitive. Les interventions visant à améliorer la fonction cognitive attirent de plus en plus l'attention après avoir été identifiées comme la priorité de recherche la plus élevée pour la vie après un AVC. Par conséquent, nous avons ajouté cette classe de critères de jugement pour cette mise à jour de la revue.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur les accidents vasculaires cérébraux (dernière recherche en février 2015), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL 2015, numéro 1 : recherche en février 2015), MEDLINE (de 1966 à février 2015), EMBASE (de 1980 à février 2015), CINAHL (de 1982 à février 2015), SPORTDiscus (de 1949 à février 2015), et cinq bases de données supplémentaires (février 2015). Nous avons également effectué des recherches dans des registres d'essais en cours, une recherche manuelle dans les journaux et actes de congrès pertinents, examiné les références bibliographiques et contacté des experts dans le domaine.

Critères de sélection: 

Les essais randomisés comparant l'entraînement cardiorespiratoire ou l'entraînement de résistance, ou les deux (l'entraînement mixte), aux soins habituels, à l'absence d'intervention ou à une intervention sans exercice physique chez des survivants d'AVC.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les essais, évalué la qualité et le risque de biais et extrait les données. Nous avons analysé les données à l'aide de méta-analyses à effets aléatoires. La diversité des mesures des critères de jugement ont limité les analyses prévues.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 58 essais, portant sur 2797 participants, comprenant des interventions cardiorespiratoires (28 essais, 1408 participants), des interventions de résistance (13 essais, 432 participants), et des interventions mixtes (17 essais, 957 participants). Treize décès sont survenus avant la fin de l'intervention et neuf avant la fin du suivi. Aucune donnée sur la dépendance n'a été rapportée. La diversité des critères de jugement a limité le regroupement des données. Des indices globaux d'incapacité montrent une amélioration modérée après entraînement cardiorespiratoire (différence moyenne standardisée (DMS) 0,52, intervalle de confiance à 95 % (IC) de 0,19 à 0,84 ; valeur P = 0,002) et une petite amélioration après entraînement mixte (DMS 0,26, IC à 95 % de 0,04 à 0,49 ; valeur P = 0,02) ; les bénéfices lors du suivi (c'est-à-dire après l'arrêt de l'entraînement) étaient indéterminés. Il y avait trop peu de données pour évaluer les effets de l'entraînement de résistance.

L'entraînement cardiorespiratoire comportant de la marche a amélioré la vitesse maximale de marche (différence moyenne (DM) de 6,71 mètres par minute, IC à 95 % de 2,73 à 10,69), la vitesse de la marche préférée (DM 4,28 mètres par minute, IC à 95 % de 1,71 à 6,84), et la capacité de marche (DM 30,29 mètres en six minutes, IC à 95 % de 16,19 à 44,39) à la fin de l'intervention. L'entraînement mixte, incluant de la marche, augmentait la vitesse de marche préférée (DM 4,54 mètres par minute, IC à 95 % de 0,95 à 8,14), et la capacité de marche (DM 41,60 mètres par six minutes, IC à 95 % de 25,25 à 57,95). Les scores d'équilibre s'amélioraient légèrement après l'entraînement mixte (DMS 0,27, IC à 95 % de 0,07 à 0,47). Certains effets bénéfiques sur la mobilité persistaient également à la fin du suivi. La variabilité, la qualité des essais inclus, et le manque de données, empêchent de tirer des conclusions sur d'autres critères de jugement et limitent la possibilité de généraliser les résultats observés.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Daniel Pinchenzon et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.