Bilan urodynamique (tests) pour la prise en charge de l'incontinence urinaire chez les enfants et les adultes

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L'incontinence urinaire correspond à l'incapacité de contrôler l'envie d'uriner (miction). Plusieurs problèmes peuvent en être à l'origine. Les tests urodynamiques essaient de mesurer la fonction nerveuse et musculaire, ainsi que les pressions exercées autour et à l'intérieur de la vessie, les débits et d'autres facteurs susceptibles d'aider à expliquer l'incontinence d'une personne. Certaines personnes peuvent trouver ces tests embarrassants et déconcertants. Toutefois, ils peuvent permettre d'identifier la cause de l'incontinence ou le type d'incontinence dont souffre cette personne afin de définir le traitement le plus adapté. Ces tests peuvent améliorer la réussite du traitement.

Sept essais, réalisés à petite échelle, ont été identifiés et totalisaient environ 400 personnes, malgré la disponibilité d'informations portant uniquement sur 385 femmes. Les preuves étaient insuffisantes pour déterminer si les tests urodynamiques permettaient d'obtenir de meilleurs résultats. Certaines preuves indiquaient que les tests urodynamiques augmentaient le nombre de traitements médicamenteux prescrits aux patients, mais aucune ne révélait s'ils contribuaient à une baisse de l'incontinence ou une meilleure qualité de vie.

D'autres recherches sont nécessaires, dans lesquelles une randomisation des décisions de traitement sont appliquées aux patients en fonction de leurs symptômes et de leur auscultation seuls ou après avoir pris en compte les informations complémentaires fournies par les tests urodynamiques.

Conclusions des auteurs: 

Bien que les tests urodynamiques puissent influer la prise de décision clinique, les preuves étaient insuffisantes pour suggérer une éventuelle amélioration des résultats cliniques. Aucune preuve n'a été révélée concernant leur prescription chez les hommes, les enfants ou les personnes souffrant de maladies neurologiques. Des essais définitifs réalisés à grande échelle sont nécessaires, dans lesquels les patients sont alloués de façon aléatoire à la gestion selon les découvertes urodynamiques ou à une gestion standard selon leurs antécédents médicaux et une auscultation clinique.

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Contexte: 

Les tests urodynamiques permettent d'examiner des patients souffrant d'incontinence urinaire ou d'autres symptômes urinaires, afin d'établir un diagnostic objectif définitif. Leur objectif est d'aider à sélectionner le traitement ayant le plus de chances de réussites. Les examens sont invasifs et leur réalisation est longue.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue était de déterminer si un traitement préconisé en fonction d'un diagnostic urodynamique, comparé à un traitement basé sur des antécédents médicaux et une auscultation, permettait de bénéficier de soins cliniques plus efficaces pour le traitement de l'incontinence urinaire et d'améliorer les résultats cliniques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur l’incontinence, qui contient des essais identifiés issus du registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE et CINAHL, ainsi que des recherches manuelles dans les journaux et actes de conférence (recherches du 24 mai 2011) et dans les listes bibliographiques des articles pertinents.

Critères de sélection: 

Des essais randomisés ou quasi-randomisés comparant les résultats cliniques de groupes de patients qui faisaient, ou pas, l'objet d'examens à l'aide de l'urodynamique ou comparant un type d'urodynamique à un autre. Les essais étaient exclus s'ils ne signalaient aucun résultat clinique.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont évalué la qualité des essais et extrait des données de façon indépendante.

Résultats principaux: 

Sept essais réalisés à petite échelle et totalisant environ 400 personnes ont été inclus, mais les données de 385 femmes étaient uniquement disponibles dans cinq essais, dont 197 ont bénéficié de tests urodynamiques. Certaines preuves faisaient état de risques de biais. Les quatre décès et 12 sorties d'étude constatés dans le bras témoin d'un essai étaient inexpliqués.

Certaines preuves démontraient que les tests avaient modifié la prise de décisions cliniques. Deux essais contenaient des preuves selon lesquelles les femmes bénéficiant d'un traitement après des examens urodynamiques étaient plus susceptibles de prendre des médicaments (RR 2,09, IC à 95 % 1,32 à 3,31), mais sans faire l'objet d'une intervention chirurgicale dans trois essais (RR 1,75, IC à 95 % 0,39 à 7,75). Les femmes figurant dans les bras de tests urodynamiques de deux essais étaient plus susceptibles de voir leur gestion modifiée, sans que sa signification statistique soit suffisante (proportion de l'absence de changement dans la gestion de 76 % contre 99 %, RR 0,79, IC à 95 % 0,57 à 1,10).

Toutefois, les preuves étaient insuffisantes pour démontrer l'apparition d'un quelconque effet clinique bénéfique. Par exemple, aucune différence statistiquement significative n'a été constatée dans le nombre de femmes souffrant d'incontinence urinaire et suivant un traitement guidé par l'urodynamique (70 %) par rapport à celles dont le traitement était basé uniquement sur leurs antécédents médicaux et des découvertes cliniques (62 %) (par ex. : RR pour le nombre de femmes souffrant d'incontinence au bout d'un an 1,23, IC à 95 % 0,60 à 2,55).

Aucun essai n'a révélé la présence éventuelle d'effets indésirables.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.