Corticoïdes et immunothérapie pour prévenir une atteinte cardiaque consécutive à la fièvre rhumatismale

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Cette revue est une mise à jour d’une revue publiée en 2003 et précédemment mise à jour en 2009. La fièvre rhumatismale est une complication tardive d'un type d'infection de la gorge provoqué par le genre bactérien Streptococcus. C'est une maladie du système immunitaire qui peut entraîner une maladie inflammatoire du cœur (cardite), des articulations, du cerveau et de la peau. La cardite peut provoquer une insuffisance cardiaque et le décès. Divers médicaments anti-inflammatoires ont été utilisés pour traiter la cardite, incluant les corticoïdes, l'aspirine et les immunoglobulines (immunothérapie utilisant des anticorps). Aucun nouvel essai n'a été identifié dans cette mise à jour. Cette revue a inclus huit essais totalisant 996 participants. Les preuves révèlent très peu d'effet des corticoïdes par rapport à l'aspirine pour prévenir les maladies cardiaques au bout d'un an (six études, 907 participants, risque relatif (RR) 0,87 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,66 à 1,15). La plupart des études n'avaient pas rendu compte des événements indésirables, mais celles qui l'avaient fait rendaient compte de complications incluant la prise de poids, le visage rond et l'acné. Les essais étaient généralement anciens (six des essais remontaient jusqu'à 45 et 60 ans en arrière), de petite taille et de qualité médiocre, et comportaient un risque élevé de biais. Pour cette raison, les résultats doivent être interprétés avec prudence.

Conclusions des auteurs: 

Il n'existe que très peu de preuves du bénéfice apporté par l'utilisation de corticoïdes ou d'immunoglobulines intraveineuses pour réduire le risque de lésions de la valve cardiaque chez les patients atteints de fièvre rhumatismale aiguë. L'ancienneté de la plupart des essais limitait l'analyse statistique adéquate des données et l'évaluation acceptable des résultats cliniques selon les normes actuelles. Il existait en outre un important risque de biais, les résultats doivent donc être interprétés avec prudence. De nouveaux essais contrôlés randomisés menés chez des patients atteints de fièvre rhumatismale aiguë afin d'évaluer les effets des corticoïdes tels que la prednisone orale et la méthylprednisolone intraveineuse ainsi que d'autres nouveaux agents anti-inflammatoires, sont justifiés. Les avancées en échocardiographie permettront d'effectuer des évaluations plus objectives et précises des résultats cardiaques.

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Contexte: 

La maladie cardiaque rhumatismale demeure une cause importante de maladie cardiaque acquise dans les pays en développement. Bien que la prévention de la fièvre rhumatismale et la prise en charge des récurrences soient bien établies, la prise en charge optimale de la cardite rhumatismale active n'est toujours pas claire. Cette revue est une mise à jour d’une revue publiée en 2003 et précédemment mise à jour en 2009.

Objectifs: 

Évaluer les effets des agents anti-inflammatoires tels que l'aspirine, les corticoïdes, les immunoglobulines et la pentoxifylline dans la prévention ou la réduction améliorée de la lésion de la valve cardiaque chez les patients atteints de fièvre rhumatismale aiguë.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library (numéro 3, 2011), MEDLINE (de 1966 à août 2011), EMBASE (de 1998 à septembre 2011), LILACS (de 1982 à septembre 2011), Index Medicus (de 1950 à avril 2001) et dans les listes bibliographiques des études identifiées. Aucune restriction de langue n'a été appliquée.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés comparant des agents anti-inflammatoires (par exemple l'aspirine, les corticoïdes, les immunoglobulines, la pentoxifylline) à un placebo ou des témoins, ou comparant certains des agents anti-inflammatoires les uns aux autres, chez les adultes et les enfants atteints de fièvre rhumatismale aiguë dont le diagnostic a été établi conformément aux critères de Jones, ou aux critères modifiés de Jones. La présence de la maladie cardiaque un an après le traitement était le principal critère de résultat sélectionné.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont indépendamment extrait des données. Le risque de biais a été évalué à l'aide de la méthodologie fournie dans le manuel Cochrane.

Résultats principaux: 

Aucune nouvelle étude n'a été incluse dans cette mise à jour. Huit essais contrôlés randomisés totalisant 996 participants ont été inclus. Plusieurs agents stéroïdiens : corticostimuline, cortisone, hydrocortisone, dexaméthasone et prednisone et immunoglobuline intraveineuse, ont été comparés à l'aspirine, un placebo ou l'absence de traitement dans les diverses études. Six des essais avaient été réalisés entre 1950 et 1965, une étude datait de 1990, et l'étude finale avait été publiée en 2001. Globalement, il n'y avait pas de différence significative dans le risque de maladie cardiaque à un an entre les groupes traités avec les corticoïdes et ceux traités avec l'aspirine (six études, 907 participants, risque relatif (RR) 0,87, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,66 à 1,15). De même, l'utilisation de prednisone (deux études, 212 participants, risque relatif (RR) 1,13, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,52 à 2,45) comparée à l'aspirine n'a pas réduit le risque de développer une maladie cardiaque au bout d'un an. Cinq études n'avaient pas rendu compte d'événements indésirables. Les trois études ayant rendu compte d'événements indésirables rapportaient toutes des événements indésirables importants. Cependant, tous les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison de l'ancienneté des études et de l'important risque de biais.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.