La gabapentine en tant qu'adjuvant pour l'épilepsie partielle résistante aux médicaments

Contexte

L'épilepsie est un trouble qui se caractérise par des convulsions récurrentes causées par des décharges électriques anormales dans le cerveau. Les données issues d'essais cliniques contrôlés randomisés (essais cliniques bien conçus dans lesquels des personnes sont affectées au hasard pour tester un médicament, un traitement ou une autre intervention spécifique) sont souvent utilisées pour examiner l'efficacité et la sécurité des médicaments antiépileptiques chez les personnes qui subissent de telles crises. Cette revue comprenait 12 études et des données provenant de 2607 personnes ayant des crises partielles (crises qui surviennent dans une seule partie du cerveau).

Caractéristiques de l’étude

Les données de six des études ont été combinées dans l'analyse. Tous les participants (y compris les adultes et les enfants) prenaient auparavant au moins un médicament antiépileptique et tous continuaient à avoir des crises. La gabapentine (un médicament antiépileptique) ou un placebo (un comprimé qui ne contient aucun médicament) a été ajouté au régime médicamenteux.

Résultats principaux

Les résultats ont montré que la gabapentine réduisait efficacement les crises lorsqu'elle est administrée comme traitement additionnel. Comparée à un placebo, la gabapentine était presque deux fois plus susceptible de réduire les crises de 50% ou plus. Les effets secondaires les plus fréquents associés à l'ataxie de la gabapentine étaient l’ataxie (mauvaise coordination et démarche instable), des étourdissements, la fatigue et la somnolence.

Qualité des données probantes

Dans l'ensemble, la qualité des données probantes était faible à modérée, car l'information n'a pas été rapportée pour tous les participants dans certains des essais et certains résultats étaient imprécis. Des recherches seront nécessaires afin de déterminer les effets liés à l’utilisation de la gabapentine à long terme.

Les données probantes sont à jour au 20 mars 2018.

Conclusions des auteurs: 

La gabapentine est efficace comme traitement d'appoint chez les personnes souffrant d'épilepsie partielle résistante aux médicaments. Toutefois, les essais passés en revue s'étendaient sur une durée relativement courte et ne montraient aucune preuve d'efficacité à long terme (période de plus de trois mois) de la gabapentine. Ces résultats ne peuvent pas être extrapolés à une monothérapie ou à des personnes souffrant d'autres types d'épilepsie.

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Contexte: 

Il s'agit d'une version mise à jour de la Revue Cochrane publiée en 2013.

La plupart des personnes épileptiques ont un bon pronostic et leurs crises sont bien maîtrisées par un seul antiépileptique, mais jusqu'à 30 % développent une épilepsie pharmacorésistante, en particulier celles qui présentent des crises partielles. Dans cette revue, nous avons résumé les résultats d'essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) sur la gabapentine, lorsqu'elle est utilisée comme traitement complémentaire de l'épilepsie partielle pharmacorésistante.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la tolérabilité de la gabapentine lorsqu'elle est utilisée comme traitement d'appoint chez les personnes souffrant d'épilepsie partielle résistante aux médicaments.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour la dernière mise à jour, nous avons fait une recherche dans le Registre d'études Cochrane (CRS Web, 20 mars 2018), qui comprend le Registre spécialisé du Cochrane Epilepsy Group et le Registre central des essais contrôlés Cochrane (CENTRAL), MEDLINE (Ovid, 1946 au 20 mars 2018), ClinicalTrials.gov (20 mars 2018) et la plate-forme d'enregistrement internationale des essais cliniques (ICTRP, 20 mars 2018). Nous n'avons imposé aucune restriction de langue.

Critères de sélection: 

Des essais randomisés en double aveugle, contrôlés par placebo, concernant l'adjonction de gabapentine chez des personnes atteintes d'épilepsie partielle réfractaire aux médicaments. Nous avons également inclus des essais utilisant un groupe contrôle actif ou comparant différentes doses de gabapentine.

Recueil et analyse des données: 

Aux fins de la présente mise à jour, deux auteurs de la revue ont sélectionné indépendamment les essais à inclure et ont extrait les données pertinentes. Nous avons étudié les critères de jugements suivants : fréquence des crises, arrêt des crises, arrêt du traitement (pour quelque raison que ce soit) et effets indésirables. Les analyses principales ont été effectuées en intention de traiter. Nous avons également effectué des analyses de sensibilité dans le meilleur et le pire des cas. Nous avons estimé les ratios de risque (RR) globaux pour chaque critère de jugement et évalué la relation dose-réponse dans les modèles de régression.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 12 essais représentant 2607 participants randomisés. Nous avons combiné les données de six essais dans des méta-analyses composées de 1 206 participants randomisés. Le RR global pour la réduction de la fréquence des crises de 50 % ou plus par rapport au placebo était de 1,89 (intervalle de confiance (IC) à 95 % de 1,40 à 2,55 ; 6 essais, 1 206 participants ; données probantes de qualité modérée). L'analyse de régression posologique (pour les essais chez l'adulte) a montré une efficacité croissante avec l'augmentation de la dose, 25,3 % (19,3 à 32,3 %) des personnes ayant répondu à la gabapentine 1800 mg contre 9,7 % sous placebo, soit une augmentation de 15,5 % du taux de réponse (8,5 à 22,5). Le RR du retrait du traitement par rapport au placebo était de 1,05 (IC à 95 % : 0,74 à 1,49 ; 6 essais, 1 206 participants ; données probantes de qualité modérée). Comparés à un placebo, les effets indésirables étaient significativement liés à la gabapentine. Les RR étaient les suivants : ataxie 2,01 (99 % IC 0,98 à 4,11 ; 3 études, 787 participants ; données probantes de faible qualité), étourdissements 2,43 (99 % IC 1,44 à 4,12 ; 6 études, 1206 participants ; données probantes de qualité modérée), fatigue 1,95 (99 % IC 0,99 à 3,82 ; 5 études, 1161 participants ; données probantes de faible qualité) et somnolence 1,93 (99 % IC 1,22 à 3,06 ; 6 études, 1206 participants ; données probantes de qualité modérée). Il n'y avait pas de différences significatives pour les effets indésirables de céphalées (RR 0,79, IC à 99 %, 0,46 à 1,35 ; 6 études, 1206 participants ; données probantes de qualité modérée) ou des nausées (RR 0,95, IC à 99 %, 0,52 à 1,73 ; 4 essais, 1034 participants ; données probantes de qualité moyenne). Dans l'ensemble, les études ont été évaluées comme présentant un risque de biais faible à incertain en raison de l'absence d'information sur chaque domaine de risque de biais. Nous avons jugé que la qualité globale des données probantes (selon l'approche GRADE) était faible à modérée en raison du biais d'attrition potentiel résultant de données manquantes sur les résultats et de résultats imprécis avec de larges intervalles de confiance.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Aïda Bafeta et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.