L'hormonothérapie substitutive et le danazol arrêtent tous deux la perte de densité osseuse qui survient chez les femmes prenant des analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires pour l'endométriose

L'endométriose est une affection douloureuse causée lorsque de la muqueuse utérine est également présente en dehors de l'utérus. Elle peut être traitée avec des analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires (GnRH). Les effets indésirables possibles des analogues de GnRH comprennent la perte de densité osseuse, la perte de libido et les bouffées de chaleur. La diminution de la densité osseuse est particulièrement importante car elle accroit le risque d'ostéoporose. La revue a constaté que l'hormonothérapie substitutive avec des analogues de GnRH peut prévenir cet effet indésirable. Le danazol également peut prévenir la perte de densité osseuse, mais les effets indésirables du danazol peuvent inclure l'acné, la prise de poids et les maux de tête.

Conclusions des auteurs: 

Tant le danazol que le traitement substitutif par progestérone + œstrogènes se sont avérés avoir un effet protecteur de la DMO pendant le traitement et jusqu'à six et 12 mois plus tard, respectivement. Cependant, après 24 mois de suivi, on n'a noté aucune différence de DMO chez les femmes ayant bénéficié d'une hormonothérapie substitutive. Les études du danazol versus GnRHa n'ont pas rendu compte d'un suivi à long terme. Les effets secondaires importants liés au danazol limitent son utilisation.

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Contexte: 

Les analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires(GnRH) sont généralement bien tolérés et sont efficaces pour soulager les symptômes de l'endométriose (Prentice 2003). Malheureusement, le faible taux d'œstrogènes qu'ils induisent est associé à des effets indésirables, notamment à une accélération de la perte de densité minérale osseuse (DMO).

Objectifs: 

Déterminer l'effet du traitement par analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires (GnRH) sur la densité minérale osseuse des femmes atteintes d'endométriose, comparativement à un placebo, à l'absence de traitement ou à d'autres traitements de l'endométriose, notamment les analogues de GnRH avec traitement substitutif («add-back therapy»).

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé d'essais contrôlés du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et l'infertilité (le 23 octobre 2002) et le registre central Cochrane des essais contrôlés (Cochrane Library, numéro 4, 2002). Nous avons également mené des recherches électroniques dans MEDLINE (de ​​1966 à la 2ème semaine de mars 2003) et EMBASE (de 1980 à la 2ème semaine de mars 2003). Nous avons également passé au crible les références bibliographiques d'articles et contacté des chercheurs dans le domaine.

Critères de sélection: 

Nous avons pris en considération les études contrôlées randomisées prospectives portant sur l'utilisation de analogues de GnRH pour le traitement des femmes atteintes d'endométriose, dans lesquelles les mesures de densité osseuse constituaient un critère de jugement. Le groupe contrôle des études pouvait être un placebo, l'absence de traitement, un autre traitement médical de l'endométriose, ou des analogues de GnRH avec traitement substitutif.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue (JF and MS) ont, de manière indépendante, évalué la qualité méthodologique des essais et extrait les données. Des auteurs d'études ont été contactés pour obtenir des informations supplémentaires.

Résultats principaux: 

Trente études totalisant 2 391 femmes ont été incluses, mais seulement 15, impliquant 910 femmes, ont pu être incluses dans la méta-analyse. La méta-analyse a montré que le danazol et le traitement substitutif de progestérone + œstrogène ont un rôle protecteur pour la DMO au niveau de la colonne lombaire, tant pendant le traitement que jusqu'à six et douze mois après le traitement, respectivement. Il y avait une différence significative dans le pourcentage de variation de la DMO après six mois de traitement entre les groupes recevant des analogues de GnRH et les groupes recevant du danazol/gestrinone, l'analogue de la GnRH réduisant la DMO de départ et le danazol produisant une augmentation de la DMO (DMS -3,43 ; IC à 95% -3,91 à -2,95). Le traitement substitutif de progestérone seul n'est pas protecteur ; après six mois de traitement, les valeurs absolues de mesure de la DMO de la colonne lombaire ne différaient pas significativement de celles du groupe recevant des analogues de la GnRH (DMS 0,15 ; IC à 95% -0,21 à 0,52). Dans la comparaison des analogues de GnRH versus analogues de GnRH + hormonothérapie substitutive, c.-à-d. œstrogènes + progestérone ou œstrogènes seulement, il y avait une perte de DMO significativement plus importante dans le groupe à analogues de GnRH seuls (DMS -0,49 ; IC à 95% -0,77 à -0,21). Ces chiffres reflètent les mesures en valeur absolue au niveau de la colonne lombaire après six mois de traitement. Vu le nombre restreint d'études dans la comparaison, nous ne sommes pas en mesure de conclure si les agents de régulation du calcium ont un effet protecteur. Il n’y avait pas de différence entre les schémas de traitement substitutif à faible et forte dose mais, encore une fois, une seule étude a été identifiée pour cette comparaison. Une seule étude comparant des analogues de la GnRH à un placebo a été identifiée, mais elle ne fournissait aucune donnée. Aucune étude comparant la GnRH à la pilule contraceptive ou à des progestatifs n'a été identifiée.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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