Corticoïdes pour le traitement de la sarcoïdose pulmonaire

La sarcoïdose est une maladie courante qui peut affecter différentes parties de l'organisme. La cause de cette maladie reste inconnue et les patients guérissent souvent sans traitement. La sarcoïdose est plus fréquente chez certains groupes ethniques (notamment les populations afro-américaines et afro-caribéennes), pour lesquels les résultats sont moins satisfaisants. Lorsque la sarcoïdose affecte les poumons, elle peut entraîner une dyspnée, de la toux, des problèmes pulmonaires et des complications potentiellement mortelles. Cette revue des essais montre que l'utilisation de corticoïdes dans la sarcoïdose pulmonaire entraîne certaines améliorations de la radiographie pulmonaire à court terme, mais les preuves sont limitées concernant les bénéfices ou les effets sur les résultats cliniques à long terme.

Conclusions des auteurs: 

Les corticoïdes oraux amélioraient la radiographie pulmonaire et un score global de la radiographie pulmonaire, les symptômes et la spirométrie pendant 3-24 mois. Il existe cependant peu de preuves de l'amélioration de la fonction pulmonaire. Peu de données sont disponibles au-delà de deux ans pour déterminer si les corticoïdes oraux ont un effet modificateur sur la progression de la maladie à long terme. Les corticoïdes oraux pourraient bénéficier aux patients atteints d'une maladie de stade 2 et 3 avec des symptômes modérés à sévères ou évolutifs, ou des modifications de la radiographie pulmonaire.

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Contexte: 

La sarcoïdose pulmonaire est une maladie courante à l'évolution imprévisible. Les corticoïdes oraux (CSO) ou inhalés (CSI) sont largement utilisés pour traiter cette maladie mais aucun consensus n'existe concernant le meilleur moment pour commencer le traitement, les patients à traiter, la dose à administrer et la durée du traitement. L'administration de corticoïdes pendant plusieurs mois entraîne des effets secondaires délétères et il est important de déterminer s'ils ont des effets bénéfiques durables dans la sarcoïdose pulmonaire.

Objectifs: 

Identifier des preuves issues d'essais contrôlés randomisés (ECR) concernant les effets bénéfiques des corticoïdes (oraux ou inhalés) dans le traitement de la sarcoïdose pulmonaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

CENTRAL, MEDLINE et EMBASE ont été consultés en utilisant des termes prédéfinis. Les références bibliographiques des ECR et revues obtenus ont été examinées afin d'identifier des ECR supplémentaires. Des sociétés pharmaceutiques et les auteurs des ECR identifiés ont été contactés afin d'obtenir d'autres études publiées et non publiées. Les recherches étaient à jour en mai 2008.

Critères de sélection: 

Deux évaluateurs ont évalué les articles complets de manière indépendante sur la base des critères suivants : les études devaient être des ECR ou des essais cliniques comparatifs portant sur des adultes présentant une sarcoïdose pulmonaire avérée histologiquement et traitée aux CSO (corticoïdes oraux) ou CSI (corticoïdes inhalés) par rapport à un groupe témoin.

Recueil et analyse des données: 

La qualité des études a été évaluée et les données ont été extraites par deux évaluateurs de manière indépendante. Le critère de jugement principal était la radiographie pulmonaire. Les critères ont été analysés en tant que résultats continus et dichotomiques à l'aide de techniques statistiques standard. Le cas échéant, l'hétérogénéité a été examinée.

Résultats principaux: 

Treize ECR de qualité variable portant sur 1 066 participants remplissaient les critères d'inclusion dans la revue. La dose de corticoïdes oraux était équivalente à 4-40 mg de prednisolone par jour. CSO : une amélioration de la radiographie pulmonaire était observée à 3-24 mois (risque relatif (RR) : 1,46 [1,01 à 2,09], 3 études), mais ce résultat devrait être interprété avec prudence. Aucune autre différence significative n'était identifiée pour les critères de jugement secondaires. CSI : Les données étaient insuffisantes pour effectuer une analyse adéquate de la radiographie pulmonaire. Deux études ne rapportaient aucune amélioration de la fonction pulmonaire, mais une étude rapportait une amélioration de la capacité de diffusion dans le groupe sous traitement. Aucune donnée n'était disponible concernant les effets secondaires. Dans une étude, les symptômes s'amélioraient à la fin du traitement de six mois.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.