Traitement par antiagrégants plaquettaires dans l'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique aigu

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La plupart des AVC ont pour origine le blocage soudain d'une artère dans le cerveau (ce que l'on appelle AVC ischémique) en général dû à un caillot sanguin. Un traitement immédiat par antiagrégants plaquettaires, comme de l'aspirine, pourrait prévenir la formation de nouveaux caillots et ainsi améliorer la récupération après un AVC. Cependant, les antiagrégants plaquettaires peuvent également entraîner des saignements dans le cerveau, lesquels ne seraient pas compensés par les bénéfices. Cette revue de 12 essais, incluant 43 041 participants, a montré très clairement que l'aspirine, à une dose de 160 mg à 300 mg par jour, prise 48 heures après le déclenchement des symptômes d'un AVC, sauve des vies et réduit le risque de récurrence d'AVC dans les deux premières semaines. L'aspirine augmente également les chances du patient d'être en vie et indépendant ainsi que les chances d'atteindre une guérison complète après le premier AVC. Le risque de saignement grave était très faible. Pratiquement toutes les preuves de cette revue sont issues d'essais sur l'aspirine. Il n'existe pas de preuve fiable sur les effets d'autres antiagrégants plaquettaires dans l'AVC aigu.

Conclusions des auteurs: 

Le traitement par antiagrégants plaquettaires avec 160 mg à 300 mg d'aspirine par jour, administré oralement (ou par une sonde naso-gastrique ou par le rectum chez des patients qui ne peuvent pas avaler) et commencé dans les 48 heures suivant le déclenchement d'un AVC ischémique présumé réduit le risque d'AVC récurrent, sans risque majeur de complications hémorragiques précoces et améliore le résultat à long terme.

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Contexte: 

Chez les patients victimes d'un AVC ischémique aigu, une activation des plaquettes a lieu. Un traitement par antiagrégants plaquettaires peut réduire le volume cérébral endommagé par l'ischémie et réduire le risque de récurrence précoce d'AVC. Cela pourrait réduire le risque de décès précoce et améliorer les résultats à long terme chez les survivants. Cependant, un traitement par antiagrégants plaquettaires pourrait également augmenter le risque d'hémorragie intracrânienne mortelle ou incapacitante.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et la sécurité du traitement par antiagrégants plaquettaires dans l'AVC ischémique aigu.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur les accidents vasculaires cérébraux (dernière recherche en juin 2007), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (la librairie Cochrane numéro 2, 2007), MEDLINE (juin 1998 à mai 2007) et EMBASE (juin 1998 à mai 2007). En 1998, pour une version précédente de cette revue, nous avons consulté le registre de l'Antiplatelet Trialists' Collaboration, MedStrategy et pris contact avec les entreprises pharmaceutiques pertinentes.

Critères de sélection: 

Essais randomisés comparant un traitement par antiagrégants plaquettaires (commencé dans les 14 jours après le déclenchement de l'AVC) avec un groupe témoin, chez des patients victimes d'un AVC ischémique présumé ou avéré.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont appliqué indépendamment les critères d'inclusion et évalué la qualité des essais ; pour les essais inclus, ils ont extrait et contre-vérifié les données.

Résultats principaux: 

Douze essais portant sur 43 041 patients ont été inclus. Deux essais étudiant les doses de 160 mg et 300 mg d'aspirine une fois par jour, prises 48 heures après le déclenchement ont fourni 94 % des données. Le suivi maximum était de six mois. Avec le traitement, une diminution significative des décès ou de la dépendance à la fin du suivi a été observée (rapport des cotes 0,95, intervalle de confiance de 95 %, de 0,91 à 0,99). Sur 1 000 patients sous aspirine, 13 patients éviteront la mort ou la dépendance (nombre de sujets à traiter pour observer un bénéfice du traitement : 79). Le traitement par antiagrégants plaquettaires a été associé à un excès limité mais défini d'hémorragies intracrâniennes symptomatiques, mais ce résultat a été plus que compensé par la réduction des AVC ischémiques récurrents et les embolies pulmonaires.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.