L’hospitalisation en unités de court séjour pour les adultes atteints de maladies et d’affections de médecine interne

Quel est l’objectif de cette revue ?

Déterminer si de courts séjours à l’hôpital en unités de court séjour améliorent les résultats chez les adultes atteints de maladies et d’affections de médecine interne par rapport aux soins habituels.

Messages clés

Nous ne sommes pas sûrs des effets de l’hospitalisation en unité de court séjour pour les adultes atteints de maladies et d’affections de médecine interne par rapport aux soins habituels. Les preuves étaient incertaines pour plusieurs raisons importantes ; notamment une quantité de données insuffisante, des différences entre les participants et les co-interventions, et des problèmes liés aux méthodes utilisées dans les essais qui auraient pu mener à de faux résultats. Nous avons besoin d’un plus grand nombre d’essais de qualité élevée pour tester l’impact de l’hospitalisation en unité de court séjour sur les patients et les coûts.

Qu’est-ce qui a été étudié dans la revue ?

Les unités de court séjour sont des unités hospitalières qui fournissent des soins de courte durée à des patients sélectionnés. Leurs services sont souvent définis par le type de patient, la fonction de l’unité et les échéances. Des études ont indiqué que les unités de court séjour peuvent réduire le nombre de personnes admises à l’hôpital, la durée de leur séjour à l’hôpital, le nombre de personnes qui doivent retourner à l’hôpital (réadmission) et les coûts, sans aucune perte de qualité de soins, mais une évaluation approfondie des effets de l’hospitalisation en unité de court séjour par rapport aux soins habituels (principalement l’hospitalisation en unité hospitalière traditionnelle) faisait défaut avant la présente revue. La revue portait sur l’hospitalisation en unité de court séjour pour des maladies et des affections de médecine interne, telles que la pneumonie ou les douleurs thoraciques. Nous avons comparé les effets d’une hospitalisation en unité de court séjour avec les soins habituels en analysant les décès (la mortalité), les problèmes graves (les événements indésirables graves), la qualité de vie, les activités de la vie quotidienne (comme la gestion des tâches ménagères ou des médicaments), la réadmission à l’hôpital, les événements indésirables sans gravité et les coûts.

Quels sont les principaux résultats de la revue ?

Les auteurs de l’étude ont trouvé 14 essais pertinents avec un total de 2 872 participants. Tous les essais étaient des essais randomisés, c.-à-d. que les personnes participant aux essais ont été affectées aléatoirement (uniquement au hasard) à un groupe hospitalisé en unité de court séjour ou à un groupe témoin ayant reçu des soins habituels. Les essais randomisés sont considérés comme la conception d’essai la plus fiable pour tester les effets d’une intervention.

Treize essais évaluaient l’hospitalisation en unité de court séjour pour six affections spécifiques (l’asthme, la fibrillation auriculaire [un rythme cardiaque irrégulier], les douleurs thoraciques, l’insuffisance cardiaque aiguë décompensée [l’aggravation des signes], la syncope [une perte de conscience due à une chute de la tension artérielle] et les accidents ischémiques transitoires [des mini accidents vasculaires cérébraux]) et un essai ne précisait pas de quel affection ses participants étaient atteints. Nous avons identifié un essai en cours. Les composantes de l’hospitalisation en unité de court séjour différaient d’un essai à l’autre en fonction de l’affection dont souffraient les participants de l’essai. Tous les essais inclus avaient des problèmes méthodologiques qui auraient pu mener à de faux résultats. Nous n’étions pas sûrs qu’il y avait une différence entre l’hospitalisation en unité de court séjour et les soins habituels pour réduire la mortalité, les événements indésirables graves et les réadmissions à l’hôpital. Nous n’avons pas été en mesure de combiner et d’examiner les résultats pour les autres critères d’évaluation, parce que les essais utilisaient des méthodes de mesure différentes (p. ex., l’utilisation d’échelles différentes), ou ne fournissaient pas suffisamment de données, ou présentaient leurs résultats d’une façon qui nous empêchait de les utiliser. Des essais isolés rapportaient que l’hospitalisation en unité de court séjour menait à une qualité de vie plus élevée, à une réduction des événements indésirables sans gravité et à une baisse des coûts. Cependant, nous ne pouvons pas être sûrs de ces preuves et nous devons être prudents dans l’interprétation des résultats des essais ; tous les essais inclus présentaient un risque élevé d’erreurs, ce qui remet en question la validité de ces résultats et nous ne pouvons pas exclure que les résultats soient simplement le fruit du hasard. Il est essentiel de valider les résultats dans le cadre d’essais plus vastes et bien menés.

Cette revue est-elle à jour ?

Les auteurs de la revue ont effectué des recherches pour les essais qui avaient été publiés avant le 13 décembre 2017.

Conclusions des auteurs: 

Dans l’ensemble, la quantité et le niveau de certitude des preuves étaient très faibles. Par conséquent, il n’est pas sûr que l’hospitalisation en unité de court séjour ait des effets bénéfiques ou néfastes pour les adultes présentant des maladies et des affections de médecine interne - des essais supplémentaires comparant les effets des unités de court séjour aux soins habituels sont nécessaires. De tels essais devraient être menés avec un faible risque de biais et un faible risque d’erreurs aléatoires afin d’améliorer le niveau global de confiance accordée aux preuves.

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Contexte: 

Les unités de court séjour sont des unités hospitalières qui fournissent des soins de courte durée à des patients sélectionnés. Des études ont indiqué que les unités de court séjour pourraient réduire les taux d’admission, la durée des séjours à l’hôpital, les réadmissions à l’hôpital et les dépenses sans compromettre la qualité des soins. Les unités de court séjour sont souvent définies par une catégorie cible de patients, une fonction cible et des échéances cibles. Hypothétiquement, des unités de court séjour pourraient être établies au sein de n’importe quel département, mais cette revue se concentre sur les unités de court séjour qui fournissent des soins aux participants présentant des maladies et des affections de médecine interne.

Objectifs: 

Évaluer les effets bénéfiques et néfastes de l’hospitalisation en unité de court séjour par rapport aux soins habituels chez les personnes présentant des maladies et des affections de médecine interne.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans CENTRAL, MEDLINE, Embase, trois autres bases de données et deux registres d’essais cliniques jusqu’au 13 décembre 2017, ainsi que vérifié les références, recherché des citations et contacté les auteurs des études pour identifier des études supplémentaires. Nous avons également effectué des recherches dans plusieurs sources de la littérature grise et effectué une recherche de citations ultérieures pour les études incluses.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais randomisés et des essais randomisés en grappes comparant l’hospitalisation en unité de court séjour avec les soins habituels (une hospitalisation dans un service hospitalier traditionnel ou d’autres services). Nous avons défini une unité de court séjour comme un service hospitalier où la durée visée de séjour à l’hôpital des patients était de cinq jours ou moins. Nous avons inclus à la fois des unités de court séjour polyvalentes et spécialisées. Les participants étaient des adultes admis à l’hôpital en raison d’une maladie ou d’une affection de médecine interne. Nous avons exclu les participants chirurgicaux, obstétriques, psychiatriques, gynécologiques et ambulatoires. Les essais ont été inclus, quel que soit leur état, date et langue de publication.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons utilisé les procédures méthodologiques standard prévues par Cochrane. Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et évalué le risque de biais pour chacun des essais inclus. Nous avons mesuré les tailles d’effet d’interventions par méta-analyses pour deux critères d’évaluation principaux, la mortalité et les événements indésirables graves, et un critère d’évaluation secondaire, la réadmission à l’hôpital. Nous avons rapporté sous forme narrative les critères d’évaluation importants suivants : la qualité de vie, les activités de la vie quotidienne, les événements indésirables sans gravité et les coûts. Nous avons utilisé des différences de risque relatif de 15 % pour la mortalité et de 20 % pour les événements indésirables graves pour une considération clinique pertinente minimale. Nous avons classé le niveau de certitude des preuves et la force des recommandations des résultats en utilisant l’approche GRADE.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 19 entrées faisant état de 14 essais randomisés avec un total de 2 872 participants. Un essai était en cours. Treize essais ont évalué l’hospitalisation en unité de court séjour pour six affections spécifiques (l’insuffisance cardiaque aiguë décompensée [un essai], l’asthme [un essai], la fibrillation auriculaire [un essai], les douleurs thoraciques [sept essais], la syncope [deux essais] et l’accident ischémique transitoire [un essai]) et un essai examinait des participants présentant diverses maladies et affections de médecine interne. Les composantes de l’intervention différaient d’un essai à l’autre puisqu’elles étaient imposées par l’affection dont souffraient les participants de l’essai. Tous les essais inclus présentaient un risque de biais élevé.

Le niveau de certitude des preuves pour tous les critères d’évaluation était très faible. Par conséquent, il n’est pas sûr que, comparée à des soins habituels, l’hospitalisation en unité de court séjour réduise la mortalité (risque relatif [RR] 0,73 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % 0,47 à 1,15 ; 5 essais [7 essais supplémentaires portant sur 1 299 participants n’ont rapporté aucun décès dans l’un ou l’autre groupe]) ; les effets indésirables graves (RR 0,95 ; IC à 95 % 0,59 à 1,54 ; 7 essais [un essai supplémentaire avec 108 participants ne rapportait aucun effet indésirable grave dans aucun des groupes]) et la réadmission à l’hôpital (RR 0,80 ; IC à 95 % 0,54 à 1,19 ; 8 essais [un essai supplémentaire avec 424 participants n’a pas rapporté de résultats pour les participants]). Il n’y avait pas suffisamment d’information pour confirmer ou réfuter que l’hospitalisation en unité de court séjour avait des effets pertinents sur la qualité de vie, les activités de la vie quotidienne, les événements indésirables sans gravité et les coûts.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Sophie Fleurdépine pour Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.