Médicaments pour réduire l'inflammation chez les personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale

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Problématique de la revue

Nous avons examiné les preuves de l'effet de divers traitements (par exemple, la colchicine, l'anakinra, le rilonacept, l'étanercept, l'infliximab, la thalidomide, l'interféron-alpha, ImmunoGuard™ (supplément à base de plantes) et les anti-inflammatoires non-stéroïdiens) chez les personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale.

Contexte

La fièvre méditerranéenne familiale est une maladie inflammatoire héréditaire, dont les crises se caractérisent par des symptômes comme une fièvre supérieure à 38℃, des douleurs et une inflammation du péritoine (membrane entourant une articulation ou tapissant les poumons et la cavité thoracique). Nous voulions savoir si ces médicaments étaient plus efficaces pour réduire l'inflammation chez les personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale que le placebo (traitement factice sans médicament actif) ou l'absence de traitement, et également comparer ces médicaments les uns par rapport aux autres.

Date de recherche

Les preuves sont à jour jusqu'au 21 mai 2014.

Caractéristiques des études

Cette revue inclut quatre études portant sur 75 personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale âgées entre trois et 53 ans. Les études ont comparé trois de ces médicaments, la colchicine, le rilonacept et ImmunoGuard ™, à un placebo. Les participants ont été choisis au hasard pour recevoir un médicament ou un placebo sur une période allant de un à trois mois.

Principaux résultats

Nous voulions rendre compte du nombre de participants présentant une crise, du moment des crises, des effets secondaires du traitement et des niveaux de plusieurs marqueurs de l'inflammation lors d'une crise. Toutes les études ne rapportaient pas ces critères. Compte tenu des différences dans les traitements et la conception des études, il n'a pas été possible de combiner les résultats obtenus à partir de ces études. Une étude (15 participants) a constaté que la colchicine orale à une dose de 0,6 mg trois fois par jour pourrait aider à réduire le nombre de personnes présentant une crise de la fièvre méditerranéenne familiale. Cependant, la colchicine orale administrée à une dose de 0,5 mg deux fois par jour (22 participants) ou le rilonacept (14 participants) n'ont pas réduit le nombre de personnes présentant une crise de la fièvre méditerranéenne familiale. ImmunoGuard™ (24 participants) n'a pas réduit les niveaux des marqueurs de l'inflammation dans le sang qui sont élevés lors de la phase de crise dans la fièvre méditerranéenne familiale ; il s'agit notamment de la vitesse de chute des globules rouges lorsqu'ils sont placés dans un tube à essai, du nombre de globules blancs et de la présence de la protéine C-réactive (protéine produite dans le foie).

Qualité des preuves

Une étude était bien conçue, tandis que les autres souffraient de problèmes de conception qui pourraient avoir un impact sur les résultats. Deux études n'ont pas indiqué clairement comment les gens avaient été assignés à chaque groupe de traitement. Deux études n'ont pas indiqué si les chercheurs qui évaluaient les résultats de l'étude savaient quels volontaires avaient été assignés à quel traitement. Deux études n'ont pas expliqué clairement les raisons pour lesquelles des gens avaient abandonné l'étude. Deux études ne rapportaient pas la gravité de la fièvre méditerranéenne familiale dans les groupes au début du traitement. Nous n'avons pas pu confirmer si chaque critère prévu était bien rapporté dans deux études.

Conclusions des auteurs: 

Quelques études contrôlées randomisées évaluent des interventions pour les personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale. D'après les données probantes, la colchicine semble réduire le nombre de personnes présentant des accès fébriles ; cependant, seules quelques études contrôlées randomisées de faible qualité ont fourni des données pour l'analyse. D'autres études contrôlées randomisées examinant des interventions actives, non seulement la colchicine, sont nécessaires avant de pouvoir formuler une conclusion globale concernant l'efficacité et l'innocuité des interventions visant à réduire l'inflammation dans la fièvre méditerranéenne familiale.

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Contexte: 

La fièvre méditerranéenne familiale, une maladie auto-inflammatoire héréditaire, touche principalement les groupes ethniques vivant dans la région méditerranéenne. Les premières études ont signalé la colchicine comme un médicament potentiel pour prévenir les accès de la fièvre méditerranéenne familiale. Pour les personnes résistantes ou intolérantes à la colchicine, des médicaments tels que le rilonacept, l'anakinra, l'étanercept, l'infliximab, la thalidomide et l'interféron-alpha pourraient être bénéfiques.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité des interventions visant à réduire l'inflammation chez les personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé des stratégies de recherche détaillées pour interroger les bases de données suivantes : CENTRAL, MEDLINE, Embase, Chinese Biomedical Literature Database (CBM), China National Knowledge Infrastructure Database (CNKI), Wan Fang et VIP. En outre, nous avons également recherché les registres d'essais cliniques, y compris ClinicalTrials.gov, le registre ISRCTN (International Standard Randomized Controlled Trial Number), le système d'enregistrement international des essais cliniques (ICTRP) de l'OMS et le registre chinois des essais cliniques, ainsi que les références figurant dans les rapports pertinents.

Date de la dernière recherche : le 21 mai 2014.

Critères de sélection: 

Études randomisées contrôlées portant sur des personnes avec un diagnostic de la fièvre méditerranéenne familiale, comparant des interventions actives (y compris la colchicine, l'anakinra, le rilonacept, l'étanercept, l'infliximab, la thalidomide, l'interféron-alpha, ImmunoGuard™ (complément alimentaire à base de plantes) et les anti-inflammatoires non-stéroïdiens) à un placebo ou à l'absence de traitement, ou comparant des médicaments actifs l'un par rapport à l'autre.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs ont sélectionné les études de manière indépendante, extrait les données et évalué le risque de biais. Nous avons regroupé les données pour présenter le risque relatif ou la différence moyenne avec leurs intervalles de confiance à 95 %. Nous avons évalué la qualité globale des preuves selon l'approche GRADE.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus dans cette revue quatre études randomisées contrôlées contre placebo portant sur un total de 75 participants (âgés de trois à 53 ans), dont trois étaient des études croisées et la dernière en parallèle. Deux études ont utilisé en intervention active la colchicine orale (0,6 mg trois fois par jour ou 0,5 mg deux fois par jour), une étude a utilisé ImmunoGuard™ par voie orale et la quatrième, le rilonacept en injection sous-cutanée. La durée des bras d'étude allait de un à trois mois.

Les deux études les plus récentes étaient globalement bien conçues, à l'exception d'un risque de biais de détection imprécis dans l'une d'elles. Cependant, les deux autres études plus anciennes souffraient d'inadéquations, chacune des deux présentant un risque imprécis de biais de sélection, un risque élevé de biais d'attrition, un risque imprécis de biais de déclaration et un risque élevé d'autres biais potentiel (les caractéristiques de base telles que le statut de mutation et la gravité de la maladie n'y étaient pas décrites), en plus de quoi une de ces études était à risque imprécis de biais de détection.

Nous voulions rapporter le nombre de participants présentant un accès fébrile, le moment des crises, tout effet indésirable des médicaments et la réponse d'un certain nombre de marqueurs biochimiques de la phase aiguë d'une crise, mais des données n'étaient pas disponibles pour tous les critères dans toutes les comparaisons.

Sur la base d'une étude (15 participants), une réduction significative a été observée dans le nombre de personnes présentant des accès fébriles à trois mois lorsque la colchicine était administrée à une dose de 0,6 mg trois fois par jour (14 % contre 100 %), risque relatif de 0,21 (intervalle de confiance à 95 % de 0,05 à 0,95) ; cependant, la qualité des preuves était faible selon GRADE. Sur la base de deux autres études, aucune réduction significative n'a été constatée dans le nombre de participants présentant des accès fébriles à deux mois lorsque la colchicine était administrée à une dose de 0,5 mg deux fois par jour (22 participants) chez des personnes atteintes de la fièvre méditerranéenne familiale, ou à trois mois lorsque le rilonacept était utilisé chez des personnes résistantes ou intolérantes à la colchicine (14 participants). Dans l'étude ImmunoGuard™ (24 participants), les indicateurs de réponse de la phase aiguë (y compris le taux de sédimentation des érythrocytes, le nombre de globules blancs et la protéine C réactive) n'avaient pas diminué après le traitement d'un mois.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.