Traitement des hommes et des femmes ayant un herpès génital pour la première fois (premier épisode d’herpès génital)

Question de la revue
L’objectif de cette recherche était d’examiner les effets positifs et indésirables des traitements sur la durée des symptômes chez des personnes connaissant un premier épisode d’herpès génital.

Contexte
L’herpès génital est provoqué par le virus de l’herpès simplex (VHS), transmis principalement par voie sexuelle (contact de peau à peau). On appelle premier épisode d’herpès génital la première fois qu’une personne manifeste les symptômes de l’herpès génital, principalement des lésions cutanées douloureuses. Le traitement repose sur la suppression virale et a pour but de réduire la durée et la gravité des symptômes.

Caractéristiques de l'étude
Nous avons inclus 26 essais contrôlés randomisés (ECR), comprenant 2084 participants et étudiant les traitements du premier épisode d’herpès génital par rapport à un placebo ou à un autre traitement. Tous les essais, menés dans différents pays du monde, incluaient des personnes connaissant un premier épisode d’herpès génital. Trois de ces essais incluaient uniquement des femmes et dans tous les essais, les participants avaient des symptômes depuis huit jours ou moins. Quinze des 26 essais étaient financés par un laboratoire pharmaceutique.

Principaux résultats
Les données probantes sont à jour à la date d’avril 2016. Les données indiquent que l’aciclovir par voie orale et intraveineuse peut être efficace pour réduire le nombre de jours de symptômes lors d’un premier épisode d’herpès génital. Le valaciclovir par voie orale a donné une durée des symptômes comparable à l’aciclovir. Nous n’avons pas trouvé suffisamment de données pour recommander l’utilisation des traitements topiques. Il n’y avait également aucune preuve que l’un des traitements réduise l’intervalle entre les épisodes pour les personnes souffrant d’herpès génital. Les données probantes présentées ici sont pour la plupart de mauvaise qualité. Les études incluses ont été principalement menées dans les années 1980. La présentation succincte des études qui était la règle à l’époque ne nous permet pas de juger correctement de la qualité des études incluses.
Qualité des données
Les données probantes fournies par cette revue sont de mauvaise qualité. Bien que nous ayons inclus 26 études, les méta-analyses créées dans notre revue n'ont pas pu en inclure plus de trois à la fois, principalement à cause du faible nombre d’études portant sur chaque type différent d’antiviraux. Nous n’avons pas non plus pu déterminer si les études avaient été menées correctement car la méthodologie de chaque étude n’était pas rapportée avec suffisamment de détails pour juger de sa qualité et de sa cohérence, et ce défaut a également pesé sur la qualité globale de la revue.

Conclusions des auteurs: 

Nous avons trouvé dans cette revue des données de mauvaise qualité montrant que l’aciclovir par voie orale réduit la durée des symptômes de l’herpès génital. Cependant, il existe des données de mauvaise qualité qui ne prouvent pas que les antiviraux topiques réduisent la durée des symptômes chez les patients connaissant un premier épisode d’herpès génital. Cette revue était limitée par l’inclusion de données asymétriques, de sorte que nous n’avons pu réaliser une méta-analyse que sur un petit nombre d’essais.

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Contexte: 

L’herpès génital est une maladie incurable causée par le virus de l’herpès simplex (VHS). On appelle premier épisode d’herpès génital la première manifestation clinique de l’herpès chez un patient donné. Le traitement actuel se base sur la suppression virale afin de réduire la durée et la gravité de l’épisode.

Objectifs: 

Déterminer l’efficacité et l’innocuité des différents traitements existants pour le premier épisode d’herpès génital, en termes de durée des symptômes et de délai avant récidive.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre central Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (de sa création à avril 2016), MEDLINE (de sa création à avril 2016), le registre spécialisé du Groupe Cochrane sur les infections sexuellement transmissibles (de sa création à avril 2016), EMBASE (de sa création à avril 2016), PsycINFO (de sa création à avril 2016), CINAHL (de sa création à avril 2016), LILACS (de sa création à avril 2016), AMED (de sa création à avril 2016) et le Registre spécialisé des médecines alternatives (de sa création à avril 2016). Nous avons effectué une recherche manuelle dans un certain nombre de journaux pertinents, consulté les références bibliographiques de toutes les études incluses, des bases de données d’essais en cours et d’autres bases de données sur Internet.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur des participants présentant un premier épisode d’herpès génital. Nous avons exclu les essais de vaccination et ceux dont l’objectif principal était d’évaluer une complication de l’infection par le VHS.

Recueil et analyse des données: 

Toutes les études rédigées en anglais ont été évaluées de manière indépendante par au moins deux auteurs de la revue lors de l’inclusion ; ces auteurs ont évalué le risque de biais pour chaque essai et extrait les données. Les études nécessitant une traduction ont fait l’objet d’une évaluation de leur inclusion et de la qualité des essais et les données ont été extraites par des traducteurs externes.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 26 essais totalisant 2084 participants analysés. La plupart de ces études ont été menées au Royaume-Uni et aux États-Unis et portaient sur des hommes et des femmes souffrant de leur premier épisode d’herpès génital, à l’exception de trois études qui incluaient uniquement des femmes. Nous avons estimé que la plupart de ces études présentaient un risque de biais incertain, en raison principalement du manque d’informations fournies dans les publications ainsi que de l’ancienneté des essais. Cette revue a trouvé des données de mauvaise qualité provenant de deux études et montrant que par rapport à un placebo, l’aciclovir par voir orale a réduit la durée des symptômes chez les patients ayant un premier épisode d’herpès génital (différence moyenne (DM) -3,22, intervalle de confiance (IC) à 95 % de -5,91 à -0,54 ; I2= 52 %). Dans deux études (112 participants), l’aciclovir par voie intraveineuse a diminué le nombre médian de jours pendant lesquels les patients connaissant un premier épisode d’herpès ont souffert de symptômes. Le valaciclovir par voie orale (converti en aciclovir) a également donné une durée similaire des symptômes par rapport à l’aciclovir dans deux études.
Il n'existe actuellement aucune preuve que l'aciclovir topique réduise les symptômes (DM -0,61 jours, IC à 95 % de -2,16 à 0,95 ; 3 ECR, 195 participants, I2 statistique = 56 %). Il n’existe pas non plus actuellement de preuve que les traitements topiques avec de la crème à la cicloxolone, de la crème à la carbénoxolone sodique, de l’adénosine arabinoside ou de l’idoxyridine dans le diméthylsulfoxyde réduisent la durée des symptômes par rapport à un placebo chez les personnes subissant un premier épisode d’herpès.

Deux études n’ont rapporté aucune preuve d’une réduction du nombre médian de jours avant récidive après le traitement à l’aciclovir par voie orale par rapport à un placebo. Les événements indésirables étaient généralement mal rapportés dans toutes les études incluses et nous n’avons pas pu analyser quantitativement ce critère d’évaluation. Pour les personnes prenant de l’aciclovir, il n’y a eu aucun événement indésirable grave ; les effets secondaires les plus courants rapportés avec l’aciclovir par voie orale étaient un coryza, des étourdissements, de la fatigue, des diarrhées et des coliques néphrétiques. Pour l’aciclovir par voie intraveineuse, il s’agissait de phlébites, de nausées et d’anomalies des paramètres hépatiques ; quant à l’aciclovir topique, il a provoqué des douleurs. Les patients traités à l’interféron ont connu significativement plus d’événements indésirables que ceux prenant un placebo.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Suzanne Assénat et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.