Détection des cancers de la cavité buccale et des troubles potentiellement malins chez l'adulte en bonne santé apparente

Le cancer de la bouche est une maladie grave et seulement la moitié de ceux qui développent la maladie parviennent à survivre après cinq ans. Il est fréquemment précédé de lésions visibles qui, si identifiées de manière précoce, peuvent être traitées et pourraient entraîner une intervention chirurgicale plus simple, avec de meilleurs résultats. En conséquence, il est nécessaire de comprendre les avantages des différents types de tests lors de la détection précoce de cancer par voie buccale et des lésions qui le précède. La méthode la plus courante est une inspection visuelle de la cavité buccale par un clinicien, mais d'autres tests incluent l'utilisation d'une « teinture » bleue, une illumination avec une lumière spéciale et un auto-examen de l'individu. Cette revue a observé une grande variété de la capacité des différents tests à différencier les cavités buccales en bonne santé des lésions non-attribuables et plus graves ou du cancer de la cavité buccale. Globalement, l'examen visuel par un travailleur de la santé de première ligne s’est avéré être la meilleure méthode. Entre 59% et 99% des cancers de la bouche ont été détectés, bien que parfois les tissus normaux soient perçus comme étant un cancer de la cavité buccale. Les autres techniques examinées n’étaient pas aussi efficaces pour la détection d'un cancer de la bouche et identifiaient moins d'un tiers des cas.

Conclusions des auteurs: 

La prévalence de la condition recherchée entre et lors des tests d'indice variait considérablement. Pour l’examen buccal conventionnel, les estimations de sensibilité sur les niveaux de prévalence variaient sensiblement. Les estimations observées sur la spécificité étaient plus homogènes. Les tests d'indice à une prévalence rapportés dans la population (entre 1 et 5%) étaient plus adéquats pour évaluer correctement l'absence de troubles potentiellement malins ou de cancer de la cavité buccale chez les personnes sans maladie que pour évaluer leur présence chez les personnes malades. Classer incorrectement les personnes sans maladie comme étant atteint de la maladie auraient des implications cliniques et financières suite à une orientation inappropriée. Classer incorrectement les personnes atteintes de la maladie comme étant sans maladie signifierait que les troubles potentiellement malins ou le cancer de la cavité buccale seront uniquement diagnostiqués plus tard, lorsque la maladie sera plus sévère. Les dentistes et les professionnels des soins dentaires doivent rester vigilants vis-à-vis des signes de troubles potentiellement malins et du cancer de la cavité buccale lors des examens buccaux de routine.

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Contexte: 

La détection précoce et l’excision des troubles potentiellement malins de la cavité buccale et des lèvres qui nécessitent une intervention pourraient réduire les transformations malignes (mais n’éliminera pas entièrement la malignité survenue), ou si la malignité est détectée au cours de la surveillance, certaines preuves ont montré qu’un traitement approprié peut améliorer les taux de survie.

Objectifs: 

Évaluer la précision du diagnostic d'un examen buccal conventionnel, d’un rinçage, d’une détection par onde lumineuse, des biomarqueurs et d’un auto-examen de la bouche effectué seul ou conjointement, pour la détection précoce de troubles potentiellement malins ou d’un cancer de la cavité buccale et de la lèvre chez les adultes apparemment en bonne santé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans MEDLINE (OVID) (de 1946 à avril 2013) et quatre autres bases de données électroniques (le registre des tests diagnostiques, le registre Cochrane des essais cliniques du groupe Cochrane sur la santé bucco-dentaire, EMBASE (OVID), et MEDION) depuis leur création jusqu'en avril 2013. Les bases de données électroniques ont fait l'objet de recherches le 30 avril 2013. Aucune restriction concernant la langue n’a été appliquée pour les recherches dans les bases de données électroniques. Nous avons recherché des citations et examiné les références bibliographiques des études incluses pour obtenir des références supplémentaires.

Critères de sélection: 

Nous avons sélectionné les études ayant rendu compte de la précision des diagnostics de n'importe quels tests précédemment mentionnés dans la détection de troubles potentiellement malins ou d'un cancer de la lèvre ou de la cavité buccale. Le diagnostic de troubles potentiellement malins ou d’un cancer a été effectué par des cliniciens spécialisés ou des pathologistes, ou bien à travers un suivi.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment examiné les titres et les résumés afin de juger leur pertinence. L’éligibilité, l'extraction des données et l'évaluation de la qualité ont été effectuées par au moins deux auteurs de manière indépendante et en double. La qualité méthodologique des études a été évaluée à l'aide de QUADAS-2. Nous avons rapporté la sensibilité et la spécificité des études incluses.

Résultats principaux: 

Treize études, portant sur 68 362 participants, ont été inclues. Elles évaluaient la précision du diagnostic de l’examen buccal conventionnel (10 études), de l’auto-examen de la bouche (deux études). Un essai contrôlé randomisé de la précision des tests évaluait directement l’examen buccal conventionnel et le rinçage. Aucune étude n’était éligible concernant la précision du diagnostic évaluant la détection par onde lumineuse, par analyse de sang ou par échantillon salivaire (dépiste la présence de bio-marqueurs des troubles potentiellement malins et des cancers de la cavité buccale). Compte-tenu de l'hétérogénéité clinique des études incluses en termes de participants recrutés, d'environnement, de prévalence de la condition recherchée, de l'application des tests d'indice et de la référence standard, ainsi que des fluctuations et de la durée du processus, les données n'ont pas pu être combinées. Pour l’examen buccal conventionnel (10 études, 25 568 participants), la prévalence dans la précision des tests de diagnostic des échantillons était comprise entre 1% et 51%. Pour les huit études avec une prévalence inférieure ou égale à 10%, la sensibilité des estimations était très variable et allait de 0,50 (intervalle de confiance (IC) à 95% de 0,07 à 0,93) à 0,99 (IC à 95% de 0,97 à 1,00) avec des estimations de spécificité uniforme autour de 0,98 (IC à 95% 0,97 à 1,00). Les estimations de sensibilité et de spécificité étaient de 0,95 (IC à 95% 0,92 à 0,97) et de 0,81 (IC à 95% 0,79 à 0,83) pour une étude avec une prévalence de 22% et de 0,97 (IC à 95% de 0,96 à 0,98) et de 0,75 (IC à 95% de 0,73 à 0,77) pour une étude avec une prévalence de 51%. Trois études ont été considérées comme présentant un faible risque de biais; deux ont été considérées comme présentant un risque de biais élevé en raison des fluctuations et de la durée du processus. Et pour cinq études, le risque global de biais a été jugé comme étant incertain en raison du manque d'informations pour apporter un jugement sur au moins un des quatre domaines d'évaluation de la qualité. L'applicabilité était de faible inquiétude dans deux études, de préoccupation élevé dans trois études en raison de la population à haut risque, et incertaine pour cinq études. Des estimations de sensibilité pour l’auto-examen de la bouche (deux études, 34 819 participants) ont été de 0,18 (IC à 95% de 0,13 à 0,24) et de 0,33 (IC à 95% de 0,10 à 0,65); la spécificité pour l’auto-examen de la bouche était de 1,00 (IC à 95% de 1,00 à 1,00) et de 0,54 (IC à 95% de 0,37 à 0,69). Une étude (7 975 participants) comparait directement l’examen buccal conventionnel avec l’examen buccal conventionnel plus le rinçage dans un essai contrôlé randomisé. Cette étude a constaté un taux de détection plus élevé du cancer de la cavité buccale dans l'examen buccal conventionnel plus le rinçage dans le groupe d’essai complémentaire.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.