Les protections thoraciques pour prévenir la persistance du canal artériel chez les nouveau-nés prématurés soumis à la photothérapie

Question de la revue

L'utilisation des protections thoraciques chez les nouveau-nés prématurés soumis à la photothérapie réduit-elle l'incidence de la persistance du canal artériel (PCA) cliniquement et/ou hémodynamiquement significative et réduit-elle la morbidité secondaire à la PCA ?

Contexte

Le canal artériel est un vaisseau sanguin fœtal qui se referme généralement spontanément après la naissance. Cependant, chez environ 30 % des nourrissons nés avant 30 semaines de gestation, le vaisseau reste ouvert (ce que l'on appelle persistance du canal artériel, PCA) et l'enfant souffre d'un débit excessif du flux sanguin vers les poumons qui détourne le sang destiné aux organes, et d'insuffisance cardiaque. La photothérapie est un traitement courant contre l'ictère (jaunisse) chez les nouveau-nés prématurés. Cependant, la photothérapie a été associée à l'échec de la fermeture du canal artériel chez les nouveau-nés prématurés.

Les caractéristiques de l'étude

Deux petits essais randomisés.

Les résultats

Nous avons inclus deux essais et nous avons rapporté des preuves contradictoires concernant l'effet des protections thoraciques sur le canal artériel. Ces essais ont présenté d'importantes différences méthodologiques.

Les résultats de cette revue n'ont pas fourni suffisamment de preuves permettant de déterminer l'efficacité des protections thoraciques pour prévenir la PCA chez les nouveau-nés prématurés soumis à une photothérapie.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves disponibles sont de très faible qualité et insuffisantes pour évaluer l'innocuité ou l'efficacité des protections thoraciques au cours de la photothérapie pour la prévention de la PCA chez les nouveau-nés prématurés. D'autres essais de protection thoracique sont nécessaires, en particulier dans des contextes où les nourrissons ne reçoivent pas d'inhibiteurs de la cyclo-oxygénase prophylactiques ou ciblés par échocardiographie précoce pour la PCA.

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Contexte: 

La persistance du canal artériel (PCA) est associée à la mortalité et la morbidité chez les nouveau-nés prématurés. La photothérapie est un traitement courant de l'ictère chez les nouveau-nés prématurés. Cependant, la photothérapie a été associée à l'échec de la fermeture du canal artériel chez les nouveau-nés prématurés.

Objectifs: 

Déterminer si l'utilisation de protections thoraciques chez les nouveau-nés prématurés soumis à la photothérapie réduit l'incidence de la PCA cliniquement et/ou hémodynamiquement significative et réduit la morbidité secondaire à la PCA.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane, 2015, numéro 3), MEDLINE, EMBASE, CINAHL, dans les revues précédentes, dans les références croisées, dans les résumés et les actes des réunions scientifiques, et dans les registres d'essais jusqu'à mars 2015.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR), les ECR en cluster, ou les quasi-ECR portant sur les protections thoraciques pendant la photothérapie par rapport à une protection factice ou à l'absence de protection thoracique pour prévenir la PCA hémodynamiquement ou cliniquement significative chez les nouveau-nés prématurés.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de la revue ont indépendamment évalué l'éligibilité et la qualité des études et extrait les données. Nous avons défini qu'une PCA était cliniquement significative lorsqu'elle présentait des signes cliniques d'un effet sur le fonctionnement des organes, attribuable au canal artériel. Nous avons défini qu'une PCA était hémodynamiquement significative lorsqu'elle présentait des signes échocardiographiques et/ou cliniques d'un effet significatif du canal artériel sur la circulation sanguine.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus deux petits essais portant sur les nouveau-nés très prématurés (Rosenfeld 1986 ;Travadi 2006). Nous avons estimé que les deux présentaient un risque de biais élevé. Aucune étude n'avait rendu compte de la PCA cliniquement significative, c'est-à-dire d'une PCA présentant des symptômes ou signes cliniques d'un effet sur le fonctionnement des organes, attribuable au canal artériel. Rosenfeld 1986 rapportait une réduction non significative de la PCA hémodynamiquement significative avec un rapport oreillette gauche / racine aortique supérieur à 1,2 (risque relatif [RR]) 0,23, intervalle de confiance à 95 % [IC] 0,05 à 1,01 ; 74 nourrissons), mais une différence de risques statistiquement significative (DR -0,18, IC à 95 % -0,34 à -0,03 ; nombre de sujets à traiter pour obtenir un résultat bénéfique supplémentaire [NST] 5, IC à 95 % 3 à 33). Rosenfeld 1986 a rapporté une réduction significative de la PCA détectée par souffle (RR 0,50, IC à 95 % 0,29 à 0,88 ; DR -0,30, IC à 95 % -0,52 à -0,08 ; NST 3, IC à 95 % 2 à 12 ; 74 nourrissons). Rosenfeld 1986 a rapporté une réduction significative du traitement à l'indométacine (RR 0,12, IC à 95 % 0,02 à 0,88 ; DR -0,21, IC à 95 % -0,35 à -0,06 ; NST 5, IC à 95 % 3 à 17 ; 74 nourrissons), et un seul nourrisson présentait une ligature du canal dans le groupe de contrôle. Il n'y a pas eu d'autres critères de jugement significatifs, y compris la mortalité à la sortie de l'hôpital ou 28 jours, le nombre de jours sous oxygène, le nombre de jours sous ventilation mécanique, le nombre de jours à l'hôpital, l'hémorragie intraventriculaire, la rétinopathie du prématuré, ou l'exsanguino-transfusion.

Notes de traduction: 

Post-édition : Mickaël Mergirie (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.