Électrocoagulation pour le traitement des métastases hépatiques

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques.

L'électrocoagulation est la coagulation des tissus à l'aide d'un courant électrique de haute fréquence appliqué localement par un instrument ou une aiguille métallique dans le but d'arrêter les saignements. L'objet de cette technique est de complètement détruire la tumeur, si possible en une seule séance chirurgicale.

Un essai contrôlé randomisé a été inclus, et il comparait quatre bras : électrocoagulation seule, électrocoagulation + sulfoxyde de diméthyle, électrocoagulation + allopurinol et témoin. Le traitement était démarré au cinquième jour post-opératoire et était poursuivi pendant cinq ans. Trois cents six patients étaient inclus, mais seuls 223 ont pu être inclus dans les analyses.

Sur la base d'un seul essai randomisé, qui ne décrivait pas sa méthodologie de manière suffisamment détaillée pour évaluer le risque de biais et la qualité, qui a exclu 27 % des patients après la randomisation pour des raisons diverses, et qui n'est probablement pas exempt de biais de notification sélective des résultats, il n'existe pas suffisamment de preuves pour conclure que chez les patients présentant des métastases hépatiques liées à un cancer du côlon, l'électrocoagulation seule apporte un quelconque bénéfice en termes de survie ou de récurrence par rapport au groupe témoin. Par ailleurs, il n'existe pas suffisamment de preuves de l'efficacité de l'addition d'allopurinol ou de sulfoxyde de diméthyle à l'électrocoagulation.

Conclusions des auteurs: 

Sur la base d'un seul essai randomisé, qui ne décrivait pas sa méthodologie de manière suffisamment détaillée pour évaluer le risque de biais et la qualité, qui a exclu 27 % des patients après la randomisation pour des raisons diverses, et qui n'est probablement pas exempt de biais de notification sélective des résultats, il n'existe pas suffisamment de preuves pour conclure que chez les patients présentant des métastases hépatiques liées à un cancer du côlon, l'électrocoagulation seule apporte un quelconque bénéfice en termes de survie ou de récurrence par rapport au groupe témoin. Par ailleurs, il n'existe pas suffisamment de preuves de l'efficacité de l'addition d'allopurinol ou de sulfoxyde de diméthyle à l'électrocoagulation. La probabilité de biais de notification sélective des critères d'évaluation dans l'essai est élevée. Il est indispensable de réaliser des essais randomisés supplémentaires afin de valider suffisamment l'électrocoagulation avec ou sans co-interventions.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Les tumeurs hépatiques primaires et les métastases hépatiques du cancer colorectal sont les deux tumeurs malignes les plus courantes qui touchent le foie. Le foie est tout juste derrière les ganglions lymphatiques au rang des sites les plus courants pour la maladie métastatique. Plus de la moitié des patients atteints de maladie métastatique hépatique décèderont de complications métastatiques. L'électrocoagulation est la coagulation des tissus à l'aide d'un courant électrique de haute fréquence appliqué localement par un instrument ou une aiguille métallique dans le but d'arrêter les saignements. L'objet de cette technique est de complètement détruire la tumeur, si possible en une seule séance chirurgicale.

Objectifs: 

Étudier les effets bénéfiques et nocifs de l'électrocoagulation comparée à l'absence d'intervention, aux autres méthodes d'ablation ou aux traitements systémiques chez les patients souffrant de métastases hépatiques.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre des essais contrôlés du groupe Cochrane sur les affections hépato-biliaires, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans The Cochrane Library, MEDLINE, EMBASE, le Science Citation Index Expanded, LILACS, et CINAHL jusqu'en décembre 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus un essai clinique randomisé qui évaluait les effets bénéfiques et néfastes de l'électrocoagulation et de ses comparateurs chez les patients souffrant de métastases hépatiques, quel que soit l'emplacement de la tumeur primaire.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les informations pertinentes sur les caractéristiques des participants, les interventions, les critères de jugement des études et des données sur les critères de jugement, ainsi que des informations sur la méthodologie et le plan des essais. L'évaluation du risque de biais des essais et l'extraction des données ont été réalisées par un seul auteur et vérifiées par un deuxième auteur.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus un essai clinique randomisé qui comparait quatre groupes : électrocoagulation seule, électrocoagulation + sulfoxyde de diméthyle, électrocoagulation + allopurinol et témoin (Salim 1993). Le risque de biais de l'essai était élevé. Dans trois groupes, les patients voyaient leurs métastases détruites par électrocoagulation-diathermie (courant ajusté à N° 5) et recevaient : 1) une solution d'allopurinol par voie orale 5 ml 4 x par jour ou 2) allopurinol par voie orale 5 ml (50 mg) 4 x par jour ou 3) sulfoxyde de diméthyle par voie orale 5 ml (500 mg) 4 x par jour. Dans le groupe témoin les patients recevaient une solution d'allopurinol par voie orale 5 ml 4 x par jour. Le traitement était démarré au cinquième jour post-opératoire et était poursuivi pendant cinq ans. Trois cents six patients qui avaient subi une résection du côlon sigmoïde et qui présentaient cinq métastases hépatiques ou plus étaient inclus ; 75 recevaient l'électrocoagulation seule (58 étaient évaluables), 76 recevaient l'électrocoagulation plus allopurinol (53 étaient évaluables), 78 recevaient l'électrocoagulation plus sulfoxyde de diméthyle (57 étaient évaluables) et 77 étaient dans le groupe témoin (55 évaluables).

Les auteurs indiquaient le nombre de décès dus à la propagation de la maladie (100 % dans le groupe témoin, 98 % dans le groupe électrocoagulation, 87 % dans le groupe électrocoagulation + allopurinol, et 86 % dans le groupe électrocoagulation + sulfoxyde de diméthyle). Il existe un bénéfice significatif en faveur des groupes électrocoagulation + allopurinol (risque relatif (RR) 0,87 (intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,78 à 0,96)) et électrocoagulation + sulfoxyde de diméthyle (RR 0,86 (IC à 95 % 0,77 à 0,95)) comparés au groupe témoin, mais aucun bénéfice de la sorte dans le groupe électrocoagulation seule (RR 0.98 (IC à 95 % 0,95 à 1,02)) par rapport au groupe témoin. Il n'y avait pas de récurrences locales, de tests de sang occulte positifs, et les métastases pulmonaires observées s'accompagnaient toujours de données échographiques indiquant des tumeurs hépatiques secondaires et n'étaient pas significativement différentes entre les groupes expérimentaux et le groupe témoin (électrocoagulation : RR 1,11 (IC à 95 % 0,4 à 3,09)), électrocoagulation + allopurinol (RR 0,86 (IC à 95 % 0,28 à 2,66)), électrocoagulation + sulfoxyde de diméthyle (RR 0,8 (IC à 95 % 0,26 à 2,48)). Aucun des événements indésirables n'était significativement associé au traitement.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.