L'utilisation du téléphone pour améliorer la santé des personnes infectées par le VIH

En 2101, plus de 34 millions de personnes vivaient avec le VIH, et plus de 2,7 millions de nouvelles infections se sont produites cette année-là. En raison de l''amélioration des traitements médicamenteux destinés au VIH, l'espérance de vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH) est à présent presque identique à celle des personnes non infectées. Cependant, la maladie reste incurable, et les patients ont besoin de soutien pour faire face à leur maladie chronique et à la nécessité de prendre des médicaments à vie. Les interventions nécessitent souvent que les personnes se rendent à des consultations en face à face, mais des obstacles à l'accès aux services de santé, tels que le manque d'argent, les problèmes de transport et la stigmatisation parfois associée aux visites dans une clinique pour le traitement du VIH, peuvent empêcher les intéressés de recevoir les soins dont ils ont besoin. L'utilisation du téléphone pour administrer des soins aux PVVIH peut permettre de surmonter certains de ces obstacles, et donc d'améliorer la santé des patients. Elle peut également permettre une réduction des coûts, un gain de temps et une réduction des efforts. Elle peut également permettre d'augmenter la fréquence de contact avec les patients et les chances de traiter davantage de personnes qui ont besoin de soins. Les téléphones portables sont largement utilisés, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement, ce qui fait d'eux une méthode réalisable pour proposer des interventions de santé à destination des PVVIH.  

L'objectif de cette revue était d'évaluer l'efficacité de l'utilisation du téléphone pour réaliser des interventions visant à améliorer la santé des PVVIH par rapport aux soins standard. Une recherche exhaustive de diverses bases de données scientifiques et d'autres ressources a permis de trouver 11 études pertinentes. Toutes les études ont été menées aux États-Unis, de sorte que les résultats pourraient ne pas s'appliquer aux autres pays, en particulier aux pays en développement. Certaines études portaient sur toute personne séropositive dans la région dans laquelle l'étude était réalisée, et d'autres étaient axées sur des groupes spécifiques de personnes, tels que les jeunes PVVIH toxicomanes ou les PVVIH plus âgées. Il existait des différences importantes quant aux types d'interventions téléphoniques utilisées dans chaque étude. Certains éléments indiquent que les interventions téléphoniques peuvent améliorer l'observance du traitement, réduire les comportements sexuels à risque et réduire les symptômes de dépression chez les PVVIH. Cependant, il existe également un certain nombre d'études semblant indiquer que les interventions téléphoniques n'étaient pas plus efficaces que les soins habituels seuls. Nous avons besoin d'études supplémentaires menées dans différents cadres pour évaluer l'efficacité des interventions téléphoniques dans l'amélioration de la santé des PVVIH.

Conclusions des auteurs: 

Les interventions téléphoniques vocales peuvent jouer un rôle dans l'amélioration de l'observance du traitement, la réduction des comportements sexuels à risque, et la réduction des symptômes dépressifs et psychiatriques, mais les données actuelles sont rares et des recherches supplémentaires sont nécessaires.

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Contexte: 

La présente revue fait partie de l'une des trois revues Cochrane examinant le rôle du téléphone dans les services dédiés au VIH/SIDA. Les interventions téléphoniques, réalisées soit sur des lignes fixes soit sur des téléphones portables, peuvent être utiles dans la gestion des personnes qui vivent avec le VIH (PVVIH) dans de nombreux cas. Les interventions réalisées par téléphone permettent de réduire les coûts, de gagner du temps et de faciliter l'assistance aux PVVIH.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des interventions téléphoniques réalisées sur des lignes fixes et sur des téléphones portables pour réduire la morbidité et la mortalité chez les personnes infectées par le VIH.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés - Cochrane Central Register of Controlled Trials, MEDLINE, PubMed Central, EMBASE, PsycINFO, ISI Web of Science, Cumulative Index to Nursing & Allied Health, World Health Organisation’s The Global Health Library et Current Controlled Trials de 1980 à juin 2011. Nous avons effectué une recherche dans les sources de la littérature grise suivantes : Dissertation Abstracts International, Centre for Agriculture Bioscience International Direct Global Health database, The System for Information on Grey Literature Europe, The Healthcare Management Information Consortium database, Google Scholar, Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, International AIDS Society, AIDS Educational Global Information System et les listes bibliographiques d'articles.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR), essais contrôlés quasi-randomisés, études contrôlées avant et après, et études de séries temporelles interrompues comparant l'efficacité des interventions réalisées par téléphone pour réduire la morbidité et la mortalité chez les personnes infectées par le VIH aux interventions en personne ou aux soins habituels, quelles que soient les caractéristiques démographiques et dans tous les cadres. Les interventions aussi bien sur des téléphones portables que sur des lignes fixes étaient incluses, mais les interventions par messagerie mobile étaient exclues.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont effectué des recherches, analysé les résultats, évalué la qualité méthodologique des études et extrait des données de manière indépendante. Les principaux résultats portaient sur le changement de comportement, le recours aux soins de santé ou les résultats cliniques. Les résultats secondaires portaient sur l'adéquation du mode de communication, et la modification ou non des facteurs expliquant le changement. Des méta-analyses, pour chacune des trois études, ont été réalisées pour l'observance du traitement et les symptômes dépressifs. Une synthèse narrative est présentée pour tous les autres résultats en raison de l'hétérogénéité des études.

Résultats principaux: 

Sur 14 717 références bibliographiques, 11 ECR remplissaient les critères d'inclusion (1 381 participants).

Six études étudiaient les résultats relatifs à l'observance du traitement, et certaines données issues de deux études indiquaient que les interventions téléphoniques peuvent améliorer l'observance. Une méta-analyse des trois études pour lesquelles les données étaient insuffisantes n'a pas constaté de bénéfice significatif (DMS 0,49, IC à 95 % -1,12 à 2,11). Il existe certaines données issues d'une étude portant sur de jeunes personnes séropositives et toxicomanes prouvant l'efficacité des interventions téléphoniques pour réduire les comportements sexuels à risque, tandis qu'un essai portant sur des personnes plus âgées n'a montré aucun bénéfice. Trois ECR ont étudié les résultats virologiques, et il existe très peu de données prouvant que les interventions téléphoniques ont amélioré les résultats virologiques. Cinq ECR étudiaient les résultats relatifs aux symptômes dépressifs et psychiatriques, et fournissaient quelques éléments indiquant que les interventions téléphoniques pourraient être bénéfiques. Trois de ces études qui étaient axées sur les symptômes dépressifs ont été combinées dans une méta-analyse, qui n'a montré aucun bénéfice significatif (DMS 0,02, IC à 95 % -0,18 à 0,21 IC à 95 %).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.