Interventions pour le traitement des brûlures au phosphore

Le phosphore est un élément chimique parfois utilisé dans un contexte militaire ou industriel. Les brûlures au phosphore résultant de blessures militaires ou industrielles sont des brûlures chimiques qui peuvent être mortelles. Bien que rares, ces brûlures sont graves, souvent très profondes et douloureuses, et peuvent être associées pour les patients à de longs séjours à l'hôpital.

La procédure habituelle pour s'occuper de brûlures au phosphore est de retirer tous les vêtements touchés et de laver les plaies avec de l'eau ou une solution saline. On peut, en outre, utiliser du sulfate de cuivre pour rendre les particules de phosphore plus visibles et plus faciles à enlever. Toutefois, le sulfate de cuivre est lui-même toxique et peut être mortel s'il est absorbé par le corps. Cette revue a trouvé deux études rétrospectives (soit 88 patients) ayant comparé des brûlures traitées avec et sans sulfate de cuivre. La revue n'a pas trouvé de preuve que l'utilisation de sulfate de cuivre soit bénéfique à la brûlure. En fait, sur la base des données limitées disponibles, les auteurs de la revue suggèrent de ne pas utiliser le sulfate de cuivre dans le traitement de brûlures au phosphore.

Aucune autre étude n'a été identifiée qui puisse être utilisée pour évaluer d'autres traitements pour ce type de brûlure.

Conclusions des auteurs: 

Les premiers soins pour les brûlures au phosphore reposent sur le bon sens¬: agir promptement pour retirer les vêtements du patient, irriguer continument la/les plaie(s) avec de l'eau ou une solution saline et éliminer les particules de phosphore. Il n'existe pas de preuve que l'utilisation de sulfate de cuivre pour aider à la visualisation des particules de phosphore à enlever soit associée à un meilleur résultat, et il y a certaines preuves que l'absorption systémique de sulfate de cuivre peut être nocive. Nous ne sommes pas parvenus jusqu'à présent à identifier d'autres comparaisons se rapportant à d'autres aspects de la prise en charge des patients atteints de brûlures au phosphore. Les futures versions de cette revue tiendront compte d'informations provenant d'articles publiés dans d'autres langues que l'anglais et pouvant contenir des éléments supplémentaires issus de la comparaison de traitements.

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Contexte: 

Les brûlures au phosphore ne se rencontrent que rarement dans la pratique clinique habituelle et surviennent principalement dans des contextes militaires et industriels. Toutefois, ces brûlures peuvent être mortelles, même si la surface touchée est minime, et sont souvent associées à une hospitalisation prolongée.

Objectifs: 

Faire le point sur les données relatives aux effets (bénéfiques et nuisibles) de toutes les interventions pour le traitement des personnes atteintes de brûlures au phosphore.

La stratégie de recherche documentaire: 

En octobre 2013, pour cette première mise à jour nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les plaies et contusions, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane), Ovid OLDMEDLINE, Ovid MEDLINE, Ovid MEDLINE In-Process & Other Non-Indexed Citations, Ovid EMBASE, EBSCO CINAHL et Conference Proceedings Citation Index - Science (CPCI-S). Nous n'avons appliqué aucun filtre ou restriction méthodologique sur le plan d'étude, la langue, ou la date et le statut de publication.

Critères de sélection: 

Toute comparaison de différents modes de prise en charge des brûlures au phosphore, y compris, mais non exclusivement, des essais randomisés.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons trouvé deux études comparatives non randomisées comparant des patients traités avec et sans sulfate de cuivre.

Résultats principaux: 

Ces deux études comparatives ne fournissent aucune preuve étayant l'utilisation du sulfate de cuivre dans la prise en charge des brûlures au phosphore. La petite quantité de données disponibles suggère en effet qu'il peut être nocif.

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.