Interventions contre l'hypersalivation chez les enfants atteints de paralysie cérébrale

Beaucoup d'enfants atteints de paralysie cérébrale (PC) ont des difficultés à contrôler leurs sécrétions salivaires. La gravité de l'hypersalivation est variable mais elle peut être pénible pour les enfants, les familles et les soignants. Les conséquences de l'hypersalivation peuvent être des vêtements constamment souillés et mouillés, une odeur désagréable, des irritations, gerçures ou escarres autour de la bouche et sur le menton, des infections de la peau et de la bouche, la déshydratation, des difficultés à mâcher, le trouble de la parole et l'endommagement des livres, des accessoires de communication et du matériel informatique et audio. Il existe aussi un risque de rejet social et d'isolement social de ces enfants.

De nombreuses interventions sont utilisées pour réduire ou supprimer l'hypersalivation. On peut mentionner la chirurgie, les médicaments, la toxine botulique (BoNT-A et BoNT-B), la physiothérapie, les thérapies visant à améliorer la fonction sensorielle, les thérapies comportementales destinées à aider l'enfant à gérer sa salivation, les dispositifs intra-buccaux et l'acupuncture.

Il n'y a pas de consensus clair quant aux interventions qui seraient sûres et efficaces pour gérer l'hypersalivation chez les enfants atteints de PC. Cela rend difficile de décider l'intervention qui serait la plus sûre et la plus efficace.

Seuls des ECR et des ECC ont été inclus dans cette revue. Les essais ont été identifiés par des recherches électroniques dans des bases de données et par des recherches dans des registres d'essais cliniques, des revues professionnelles, des actes de conférences publiés et les bibliographies d'articles pertinents.

Six essais ont été trouvés. Quatre avaient examiné l'innocuité et l'efficacité de la BoNT-A et deux avaient examiné la benztropine et le glycopyrrolate. Aucun essai n'a été trouvé concernant d'autres interventions. La qualité des essais était variable. Les essais différaient tous quant aux enfants recrutés, au produit utilisé, au mode d'administration de celui-ci et à la façon dont son efficacité était mesurée. Tous les essais avaient fait état d'une réduction positive de l'hypersalivation et tous avaient montré un changement statistiquement significatif pour les groupes sous traitement jusqu'à 1 mois après l'intervention. Peu d'études avaient examiné la satisfaction du client et/ou du soignant vis-à-vis de l'intervention. Certaines avaient examiné les effets secondaires de l'intervention, mais aucune étude ne s'était intéressée aux effets des interventions sur la qualité de vie ou le bien-être psychologique de l'enfant.

Les résultats ne sont pas suffisants pour étayer l'utilisation d'une intervention plutôt qu'une autre. Les essais inclus ayant porté sur deux types seulement d'interventions, et compte tenu de la diversité et de la qualité de ces études, il n'est pas possible de conclure qu'une intervention soit plus efficace qu'une autre. L'absence d'essais sur d'autres interventions n'implique pas que ces interventions soient inefficaces.

Des essais bien conçus et de puissance suffisante sont nécessaires concernant toutes les interventions. En plus de mesures fines des variations du flux salivaire, il est également nécessaire de mesurer la satisfaction des clients et des soignants, les changements au niveau de la qualité de la vie et du bien-être psychologique, ainsi que les symptômes indésirables associés à l'hypersalivation.

Conclusions des auteurs: 

Il n'a pas été possible de parvenir à une conclusion sur l'efficacité et l'innocuité du BoNT-A ou des interventions pharmaceutiques de benztropine et de glycopyrrolate. Les preuves ne sont pas suffisantes pour guider la pratique clinique sur les interventions contre l'hypersalivation chez les enfants atteints de PC. Des suggestions sont fournies pour les recherches futures.

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Contexte: 

L'hypersalivation est un problème fréquent chez les enfants atteints de paralysie cérébrale (PC). Cela peut être pénible pour ces enfants ainsi que pour leurs parents et soignants. Les conséquences de l'hypersalivation incluent le risque de rejet social, de vêtements salis et mouillés, d'odeur désagréable, d'irritations et gerçures de la peau, d'infections buccales, de déshydratation, de trouble de la parole, d'endommagement des livres, accessoires de communication et ordinateurs, ainsi que le risque d'isolement social (Blasco 1992 ; Van der Burg 2006). Il existe toute une gamme d'interventions visant à réduire ou à supprimer l'hypersalivation. Il n'y a pas de consensus quant aux interventions les plus efficaces pour les enfants atteints de PC.

Objectifs: 

(1) Évaluer l'efficacité et l'innocuité des interventions visant à réduire ou à supprimer l'hypersalivation chez les enfants atteints de paralysie cérébrale. (2) Présenter les meilleures données disponibles pour guider la pratique clinique. (3) Aider à la planification des recherches futures.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons cherché dans les bases de données suivantes, de leur origine respective jusqu'à décembre 2010 : le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), Medline via Ovid, EMBASE, CINAHL, ERIC, Psych INFO, Web of Science, Web of Knowledge, AMED, SCOPUS, Dissertation Abstracts.

Nous avons cherché des essais cliniques en cours sur le site Internet des essais cliniques (http://clinicaltrials.gov.) et le site Internet des essais contrôlés en cours (http://www.controlled-trials.com/). Nous avons recherché manuellement dans tout un éventail de publications pertinentes et de résumés d'actes de conférences.

Critères de sélection: 

Seuls des essais contrôlés randomisés (ECR) et des essais cliniques contrôlés (ECC) ont été inclus.

Recueil et analyse des données: 

Les données ont été extraites de façon indépendante par MW, MS et LP, et les différends ont été résolus par la discussion.

Résultats principaux: 

Six études étaient éligibles à l'inclusion dans cette revue. Quatre de ces études étaient des essais sur l'utilisation de la toxine botulique A (BoNT-A) et deux portaient sur des interventions pharmacologiques de benztropine et de glycopyrrolate. Aucun ECR ou ECC n'a été trouvé sur l'emploi de la chirurgie, sur les thérapies physiques, oro-motrices et oro-sensorielles, sur les interventions comportementales, sur les dispositifs intra-buccaux ou sur l'acupuncture. Parmi les études éligibles pour la revue, il y avait une hétérogénéité considérable tant au sein des interventions qu'entre celles-ci et il n'a pas été possible d'effectuer de méta-analyse. Un résumé descriptif de chaque étude est fourni. Toutes les études avaient constaté un changement statistiquement significatif pour les groupes sous traitement, jusqu'à 1 mois après l'intervention. Il y avait cependant des défauts méthodologiques associés à toutes les six études.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.