Interventions pour pied bot varus équin congénital (pied bot)

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Le pied bot est une déformation osseuse structurelle du pied dont on ne connait pas la cause. Il existe de nombreux traitements, en fonction de l'âge et de la présentation. Quatre domaines de recherche sur les traitements émergent : la présentation initiale, la présentation résistante (lorsque le traitement initial n'a pas réussi et que d'autres traitements sont nécessaires), la présentation récurrente (quand il y a eu une bonne correction initiale mais que la déformation revient) et la présentation négligée (quand il n'y a pas eu de traitement précoce).

La prise en charge peut être non-chirurgicale (conservatrice), chirurgicale ou les deux à la fois. Un traitement conservateur (par exemple plâtre ou attelles) étire doucement le pied vers l'alignement normal. Les procédures chirurgicales peuvent être majeures (impliquant les articulations du pied) ou mineures (n'impliquant pas les articulations).

Nos recherches nous ont permis d'identifier 13 essais totalisant 507 participants. Tous les essais présentaient des risques de biais dans au moins quatre domaines. Un essai avait rendu compte du principal critère de jugement qu'est la fonction, bien que les données brutes n'étaient pas disponibles pour analyse. Parmi les deux essais sur des interventions en présentation initiale, l'un avait comparé deux différentes techniques d'étirement à l'aide de plâtres successifs. Il avait rendu compte de meilleurs résultats à court terme avec la technique Ponseti d'alignement du pied qu'avec la technique de Kite. Des taux similaires de récurrence ont été rapportés pour les deux techniques, mais la majorité du groupe Ponseti avait été corrigée à l'aide de plâtres successifs supplémentaires alors que la majorité du groupe Kite avait nécessité une opération chirurgicale majeure du pied. Un autre essai avait rapporté de meilleurs résultats à court terme pour l'alignement des pieds en présentation initiale avec la technique de Ponseti qu'avec une technique traditionnelle (plâtre, intervention chirurgicale majeure). Un essai (type de présentation non précisé) avait montré qu'une technique de Ponseti accélérée était aussi efficace qu'une technique standard. Dans cet essai les événements indésirables n'étaient pas comparés. On manque de preuves concernant l'ajout de toxine botulique A à la technique de Ponseti, l'utilisation de différents types de plâtres dans le cadre de la technique de Ponseti, les principaux types de chirurgie du pied et le traitement des cas récurrents ou négligés de pied bot. La plupart des essais n'avaient pas rendu compte des événements indésirables. Dans les essais évaluant des séries de plâtres, les événements indésirables comprenaient le glissement du plâtre (nécessitant son remplacement), les plaies de plâtre et l'irritation de la peau. Les événements indésirables après chirurgie incluaient l'infection et le besoin d'une greffe de peau.

Bien que le principal critère de jugement, la fonction, n'ait pas pu être examiné, les résultats à court terme montrent une réduction de la chirurgie majeure du pied dans les groupes Ponseti. De nouveaux essais contrôlés randomisés bien conçus sont nécessaires pour confirmer ces résultats. Les données disponibles ne sont pas suffisantes pour établir avec assurance quelle est la meilleure intervention dans chaque cas.

Conclusions des auteurs: 

D'après les données disponibles, la technique de Ponseti pourrait produire de meilleurs résultats à court terme que la technique de Kite. Une technique de Ponseti accélérée pourrait être aussi efficace qu'une technique standard. Nous n'avons pas pu tirer de conclusions des autres essais inclus en raison de l'utilisation limitée de mesures de résultat validées et du manque de données brutes. De nouveaux essais contrôlés randomisés devraient aborder ces questions.

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Contexte: 

Le pied bot varus équin congénital (PBVEC), appelé plus simplement « pied bot », est une pathologie orthopédique congénitale commune. Il est caractérisé par un pied trop courbé (varus équin) et une voûte longitudinale médiane accentuée. S'il n'est pas traité il peut être cause d'infirmité, de difformité et de douleurs sur le long terme. Les interventions peuvent être conservatrices (comme la contention ou l'étirement) ou chirurgicales.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des interventions pour le PBVEC.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans CENTRAL (2011, numéro 2), NHSEED (2011, numéro 2), MEDLINE (de janvier 1966 à avril 2011), EMBASE (de janvier 1980 à avril 2011), CINAHL Plus (de janvier 1937 à avril 2011), AMED (de 1985 à avril 2011) et PEDro (jusqu'à avril 2011). Nous avons vérifié les références bibliographiques des études incluses.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés et quasi-randomisés évaluant des interventions pour le PBVEC. Les participants étaient des personnes de tous âges ayant un ou deux PBVEC.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont, de manière indépendante, évalué les risques de biais des études incluses et extrait les données. Nous avons contacté des auteurs d'essais inclus pour obtenir des informations manquantes. Nous avons recueilli les informations sur les événements indésirables quand elles étaient disponibles.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 13 essais impliquant au total 507 participants. L'utilisation de différentes mesures de résultat a empêché le regroupement des données pour méta-analyse, même quand les interventions et les participants étaient comparables. Tous les essais présentaient des biais dans au moins quatre domaines. Un essai avait rendu compte du principal critère de jugement qu'est la fonction, mais les données brutes n'étaient pas disponibles pour analyse. Nous avons pu analyser les données sur l'alignement du pied (score Pirani), un critère de jugement secondaire, pour trois essais. Le score de Pirani est compris entre zéro et six, le plus élevé étant le plus mauvais. Deux des essais portaient sur des participants en présentation initiale. L'un d'eux avait rapporté que la technique de Ponseti, en comparaison avec la technique de Kite, améliorait considérablement l'alignement du pied Après 10 semaines de plâtres successifs, la moyenne du score total de Pirani dans le groupe Ponseti était inférieure de 1,15 (intervalle de confiance à 95 % 0,98 à 1,32) à celle du groupe Kite. Le second essai avait constaté que la technique de Ponseti était supérieure à une technique traditionnelle, avec une moyenne du score total de Pirani dans le groupe Ponseti plus basse de 1,50 (intervalle de confiance à 95 % 0,72 à 2,28) après plâtres successifs et ténotomie d'Achille. Un essai dans lequel le type de présentation n'était pas rapporté n'avait pas trouvé de différence entre le traitement de Ponseti standard et sa version accélérée. Après des plâtres successifs, la moyenne du score total de Pirani dans le groupe standard était plus basse de 0,31 (intervalle de confiance à 95 % -0,40 à 1,02) que dans le groupe accéléré. Dans cet essai les événements indésirables n'étaient pas comparés. On manque de preuves sur différents produits de séries de plâtres et sur l'ajout de toxine botulique A dans le cadre de la technique de Ponseti. On manque également de preuves sur différents types de chirurgie majeure pour PBVEC, sur le traitement par mouvement passif continu après chirurgie majeure du pied et sur le traitement de PBVEC récurrents ou négligés. La plupart des essais n'avaient pas rendu compte des événements indésirables. Dans les essais évaluant différentes série de plâtres, les événements indésirables comprenaient le glissement du plâtre (nécessitant son remplacement), les plaies de plâtre (zones de pression) et l'irritation de la peau. Les événements indésirables après procédures chirurgicales incluaient l'infection et le besoin d'une greffe de peau.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.